The Strokes au sommet de Bilbao pour le BBK Live Festival

The Strokes Bilbao BBK Live festival 2019

Cela faisait un petit bout de temps que je ne m’étais pas aventurée à l’étranger pour un festival. L’unique autre fois fut pour la réunion du groupe de garage rock The Libertines pour un concert mythique à Hide Park pour le British Summer Time Festival. Cette année je ne pouvais pas rater les américains The Strokes, de retour en Europe pour le Bilbao BBK Live Festival.

J’ai donc profité des 3 jours de festival pour redécouvrir la vieille ville de Bilbao, la collection moderne du Guggenheim en journée et danser la nuit sur les hauteurs de Kobetamendi surplombant la ville. À savoir que comparé aux autres festivals que j’ai pu faire, le BBK Live commence plutôt tard puisque le premier concert est à 17h30, et permet d’éviter les grosses chaleurs de l’été.

Et ce qui est sûr c’est que face au mastodonte du Primavera Sound Festival, la ville de Bilbao met le paquet pour attirer son public avec une logistique bien pensée et efficace ! Il y avait notamment des navettes 24h sur 24h entre le stade de San Mamés en ville et le site du festival.

En ce qui concerne le site du festival en lui-même, ce n’est pas si étendu que ça malgré 7 scènes. Ça permet aux festivaliers de rejoindre relativement facilement chacune des scènes mais le son de l’une se fera cannibalisé par d’autres scènes.

Jeudi 11 juillet 2019

Une fois arrivée sur les lieux et avoir fait un repérage, comme tout bon festivalier, des différentes scènes et stands, je commencais le premier jour sur la scène Bestean au son de la voix de velour de John Grant jouant au piano. Jolie découverte de cet auteur-compositeur-interprète américain dont j’avais beaucoup entendu parlé mais que je n’avais jamais écouté jusqu’ici.
Puis direction vers la plus grande scène du site, Nagusia, pour retrouver le trublion de la brit pop Liam Gallagher. Ce dernier se produit maintenant sous son propre nom et non plus avec Beady Eye comme lorsque je l’avais vu en 2011 aux Eurockéennes de Belfort. Si le nom de scène a changé, la qualité de la prestation est restée la même. On se retrouve en face d’un quarantenaire qui reste figé dans son attitude d’ado, la rage et la sincérité laissant la place à l’ennui. Les chansons en solo sont inconséquentes et si les titres d’Oasis sont applaudis par la foule, Liam subit littéralement le concert. J’espère qu’un jour il saura trouver de l’apaisement comme son frère Noel a pu.

Puis vient le moment de la tête d’affiche de la soirée avec Thom Yorke Tomorrow’s Modern Boxes, sur lequel je ne m’étendrais pas. C’était un spectacle autant visuel que sonore avec aux manettes le leader de Radiohead, visiblement ravi d’explorer de nouvelles sonorités. Je ne pourrais pas en dire autant en ce qui me concerne car je suis restée insensible à la performance.
Ce qui m’amène à MA tête d’affiche de la soirée, évidemment The Voidz, groupe mené par Julian Casablancas qui se produit ce soir sur la scène moyenne de Txiki avant de conquérir le lendemain la grand scène avec The Strokes. Je n’ai pas boudé mon plaisir, même si la qualité du son n’était pas au rendez-vous. Le concert était brut, mal dégrossi mais c’était bon et rien que le titre tel que « Leave it in my dreams » à l’arrière goût Strokes était fabuleux ou encore le lourd mais efficace « Pyramid of bones ».

Vendredi 12 juillet 2019

La deuxième journée du festival espagnol démarre avec l’ovni Jonathan Bree sous la tente de Gora!, tout le groupe ayant revêtu l’étrange masque anonyme. Les titres s’enchaînent avec deux danseuses effectuant les chorégraphies puis l’une s’emparant du micro ou de la guitare tandis que les images des clips défilent sur le grand écran en fond. Mais c’est surtout la voix et les mélodies qui captivent comme si le temps était suspendu pour un bouquet de titres. Si le son est loin d’être convaincant, le groupe intrigue par son univers musical et donne vraiment envie de poursuivre l’écoute post festival.
Puis on se dirige de nouveau vers Bestean pour retrouver les vétérans de Suede avec un Brett Anderson déchaîné sur scène livrant un des meilleurs concerts de ces 3 jours de festival. Allant jusqu’à se mêler à la fosse pour y mêler sa voix au grain si reconnaissable à celle de la foule dans une belle communion. Le leader nous livrera également un joli moment d’émotion avec le classique « The wild ones ». Le plaisir du groupe d’être ce soir à Bilbao était flagrant et le public le leur a bien rendu !

Puis c’est avec regret mais également excitation que je quitte les anglais pour traverser l’Atlantique, direction le rock nonchalant des New Yorkais The Strokes. Le groupe pour lequel j’ai craqué sur un coup de tête pour le festival de Bilbao car « You Only Live Once », je sais facile. Quand on aime le rock, c’est quand même difficile de ne pas succomber aux riffs ravageurs et diablement efficaces de Nick Valensi. Dès les premières notes, le coeur accélère et plus rien ne compte, seulement l’instant présent pour un set d’une maîtrise parfaite presque chronométré.

Some people think they’re always right
Others are quiet and uptight
Others, they seem so very nice-nice-nice-nice, oh
Inside they might feel sad and wrong, oh no

Ce soir-là je n’ai pas été déçue, avec une avalanche des meilleurs titres du groupe comme un Best of live de la carrière du groupe. On remarquera d’ailleurs l’absence flagrante des titres des deux derniers opus paru respectivement en 2013 et 2011, « Comedown Machine » et « Angles ». Mais qu’importe si The Strokes ont fait du fan service ce soir-là, cela reste un des meilleurs groupes de rock aujourd’hui et les voir en live est un rêve réalisé. Chaque membre du groupe joue dans son coin, et la voix traînante de Julian Casablancas ne se démode pas. Maintenant je n’ai plus qu’à attendre une nouvelle tournée officielle…

Difficile de redescendre sur terre après le concert épique, et j’écouterais d’une oreille distraite le groupe The Blaze qui a la difficile tâche d’enchaîner sur la chaîne Bestean.

Samedi 10 juillet 2019

Dernier jour du festival, les corps sont fatigués et saouls de musique. Pas forcément le meilleur jour pour faire saigner les oreilles avec une Nathy Peluso, tout ce qu’il y a de plus irritant et désagréable, surpassant la prestation de Rosalía la veille. On a beau essayer de se réfugier ailleurs dans le festival, quand la plus grande scène Nagusia est en action, on ne peut pas y échapper. Les regards consternés se croisent en essayant de trouver une lueur de compréhension dans cette programmation.

Une fois le supplice terminé, c’est avec plaisir que je retrouve le leader de Blue / Gorillaz / The Good, The Bad and The Queen, Damon Albarn sur la scène Bestean. Alors que le concert solo de Damon Albarn reste un de mes meilleurs souvenirs de live, ce soir là l’anglais était loin, très loin… À part quelques titres très beaux, généralement dans le premier album plus accessible du groupe, le concert était inégal et les artistes un peu inaccessibles.

On retourne lorgner du côté de Nagusia où les vétérans de Weezer vont réussir à faire oublier le mauvais souvenir du tout début de journée en inondant leur set de reprises. Le groupe s’amuse et embarque facilement le public avec lui à chaque reprise sans jamais s’offenser du manque de réaction sur ses propres titres… Bon joueur. C’est comme ça que tout d’un coup, les premières notes du mythique « Everybody Wants to Rule the World » de Tears for Fears, une de mes chansons préférées, retentissent. La foule s’exclame comme si la fête venait de commencer. On aura droit aussi à « Happy Together » de The Turtles, « Africa » de Toto et enfin « Take on me » de A-ha. Tous ces titres bien sûr passés à la sauce Weezer, comme si on leur avait appliqué un filtre de légèreté, on aime ou pas, en tout cas cela ne nous a pas empêché de nous amuser, au contraire.

Je clôturerais le festival en compagnie de Hot Chip, très belle surprise de ce samedi soir avec un univers unique. Cela faisait longtemps que je souhaitais les découvrir et le Bilbao BBK live fut une belle occasion. Groupe britannique dont certaines sonorités feront écho à LCD Soundsystem d’ailleurs.

Ce rêve de 3 jours se termine avec une programmation variée et de qualité pour ce festival espagnol.

Setlist

Heart in a Cage
You Only Live Once
Ize of the World
The Modern Age
New York City Cops
Under Control
Hard to Explain
I Can't Win
On the Other Side
Reptilia
Meet Me in the Bathroom
Razorblade
12:51
What Ever Happened?
Soma
Someday


Is This It
Last Nite