L’écorché Ezra Furman donne une leçon de puissance à la Maroquinerie

Ezra Furman à la Maroquinerie, le 19 novembre 2019

En ce mardi soir de novembre froid et humide à Paris, l’américain Ezra Furman était de passage à la Maroquinerie pour présenter son dernier album sorti plus tôt cette année et intitulé « 12 nudes ».

Le concert était complet et le public, aussi varié qu’étonnant composé de tous âges et styles, trépignant d’impatience devant la première partie.

Le groupe qui ouvrait la soirée était le trio français Bops et s’est très bien défendu. C’était la première fois que je les découvrais et on sentait un vrai plaisir à être sur scène. Très pop et gentiment garage, les titres sentent bons la douce nostalgie des 60s et on comprend tout à fait la pertinence de les avoir en ouverture ce soir là. Le groupe rennais est très sympathique et le duo à la voix efficace.

Une fois le premier set terminé, le public n’a pas eu à attendre très longtemps l’arrivée d’Ezra Furman, flamboyant et fier accompagné de ses acolytes musicaux. Ce mardi, il expliquait à la foule que la Maroquinerie est, le temps d’une soirée, un lieu sûr et protecteur où l’on peut être qui l’on est vraiment sans peur. Le ton est donné avec le premier titre « Such the blood from my wound ».

Le dernier album « 12 nudes » est plus punk et ça se ressent dans le concert. Les titres les plus rocks sont interprétés avec une urgence fiévreuse communicative tandis que les titres plus lents mettent à nu la sensibilité à fleur de peau d’Ezra Furman. Le set est parfaitement équilibré et le public maintenu en haleine du début à la fin du show. Beaucoup de titres font des clins d’oeil à la culture américaine de manière plus ou moins ironique et décalée comme avec « Driving down to L.A. » ou encore « In America ».

Ezra Furman n’était pas avare en parole et le cadre intimiste de la Maroquinerie était un très bon choix pour les privilégiés de cette soirée. On a eu droit à quelques blagues et anecdotes. Cependant on a pas échappé malheureusement à quelques lourdauds profitant de l’excuse de titres punks pour bousculer inutilement les voisin·e·s. En bon professionnel, Ezra Furman a attendu la fin du titre pour pousser un coup de gueule mais le mal était fait et le rêve de « safe space » brisé.

On retrouvera une certaine magie durant le moment suspendu du rappel avec l’interprétation du titre caché du dernier album « 12 nudes », un très beau moment. La voix toujours sur la brèche d’Ezra Furman plaît ou non mais on ne peut lui reprocher d’avoir des albums trop produits. Il est vrai et sincère du début à la fin.

La fin du concert est arrivée bien trop vite et nombreux, dont moi-même, se sont précipités vers le stand de merchandising pour repartir avec un vinyle par exemple.

Ce concert a confirmé la force et sensibilité du songwriter originaire de Chicago, Ezra Furman. Et j’espère qu’il ne se passera pas trop de temps avant qu’on le revoit dans la capitale française à l’occasion peut-être d’un neuvième LP !

Setlist

Suck the Blood from My Wound
Calm Down aka I Should Not Be Alone
Rated R Crusaders
Haunted Head
Trauma
My Teeth Hurt
Body Was Made
Psalm 151
In America
Maraschino-Red Dress $8.99 at Goodwill
I Wanna Be Your Girlfriend
My Zero
Transition From Nowhere to Nowhere
No Place
Driving Down to L.A.
Love You So Bad
Tip of a Match
Evening Prayer aka Justice
Thermometer

12 nudes
On Your Own
Police on My Back (The Equals cover)
What Can You Do but Rock 'n' Roll