L’écorché Ezra Furman donne une leçon de puissance à la Maroquinerie

Ezra Furman à la Maroquinerie, le 19 novembre 2019

En ce mardi soir de novembre froid et humide à Paris, l’américain Ezra Furman était de passage à la Maroquinerie pour présenter son dernier album sorti plus tôt cette année et intitulé « 12 nudes ».

Le concert était complet et le public, aussi varié qu’étonnant composé de tous âges et styles, trépignant d’impatience devant la première partie.

Le groupe qui ouvrait la soirée était le trio français Bops et s’est très bien défendu. C’était la première fois que je les découvrais et on sentait un vrai plaisir à être sur scène. Très pop et gentiment garage, les titres sentent bons la douce nostalgie des 60s et on comprend tout à fait la pertinence de les avoir en ouverture ce soir là. Le groupe rennais est très sympathique et le duo à la voix efficace.

Une fois le premier set terminé, le public n’a pas eu à attendre très longtemps l’arrivée d’Ezra Furman, flamboyant et fier accompagné de ses acolytes musicaux. Ce mardi, il expliquait à la foule que la Maroquinerie est, le temps d’une soirée, un lieu sûr et protecteur où l’on peut être qui l’on est vraiment sans peur. Le ton est donné avec le premier titre « Such the blood from my wound ».

Le dernier album « 12 nudes » est plus punk et ça se ressent dans le concert. Les titres les plus rocks sont interprétés avec une urgence fiévreuse communicative tandis que les titres plus lents mettent à nu la sensibilité à fleur de peau d’Ezra Furman. Le set est parfaitement équilibré et le public maintenu en haleine du début à la fin du show. Beaucoup de titres font des clins d’oeil à la culture américaine de manière plus ou moins ironique et décalée comme avec « Driving down to L.A. » ou encore « In America ».

Ezra Furman n’était pas avare en parole et le cadre intimiste de la Maroquinerie était un très bon choix pour les privilégiés de cette soirée. On a eu droit à quelques blagues et anecdotes. Cependant on a pas échappé malheureusement à quelques lourdauds profitant de l’excuse de titres punks pour bousculer inutilement les voisin·e·s. En bon professionnel, Ezra Furman a attendu la fin du titre pour pousser un coup de gueule mais le mal était fait et le rêve de « safe space » brisé.

On retrouvera une certaine magie durant le moment suspendu du rappel avec l’interprétation du titre caché du dernier album « 12 nudes », un très beau moment. La voix toujours sur la brèche d’Ezra Furman plaît ou non mais on ne peut lui reprocher d’avoir des albums trop produits. Il est vrai et sincère du début à la fin.

La fin du concert est arrivée bien trop vite et nombreux, dont moi-même, se sont précipités vers le stand de merchandising pour repartir avec un vinyle par exemple.

Ce concert a confirmé la force et sensibilité du songwriter originaire de Chicago, Ezra Furman. Et j’espère qu’il ne se passera pas trop de temps avant qu’on le revoit dans la capitale française à l’occasion peut-être d’un neuvième LP !

Setlist

Suck the Blood from My Wound
Calm Down aka I Should Not Be Alone
Rated R Crusaders
Haunted Head
Trauma
My Teeth Hurt
Body Was Made
Psalm 151
In America
Maraschino-Red Dress $8.99 at Goodwill
I Wanna Be Your Girlfriend
My Zero
Transition From Nowhere to Nowhere
No Place
Driving Down to L.A.
Love You So Bad
Tip of a Match
Evening Prayer aka Justice
Thermometer

12 nudes
On Your Own
Police on My Back (The Equals cover)
What Can You Do but Rock 'n' Roll

Metronomy fait salle comble 3 soirs de suite à l’Olympia !

Metronomy à l'Olympia le 16 octobre 2019

Depuis la sortie de leur troisième album « The English Rivera » , Metronomy est un groupe bien connu du grand public. La vitesse à laquelle les places se sont vendues pour leur deux dates à Paris en est témoin. Et c’est ce qui justifia l’ajout d’une troisième date et me permit de les voir en ce mercredi 16 octobre 2019 à l’Olympia.
Au-delà de leurs plus grands succès comme « The Bay » ou de leur dernier album, je suis loin de connaître très bien la production du groupe et c’était donc l’occasion de m’y plonger un peu plus en live.

Georgia

La soirée commence doucement avec en première partie Georgia venue elle aussi de Grande Bretagne. Seule sur scène pour son set, elle est venue présenter son nouvel album à paraître le 10 janvier prochain et intitulé « Seeking Thrills ».
Alors que le boulot d’une première partie est de chauffer un public qui n’est pas venu pour vous est une tâche difficile, Georgia releva le défi avec une facilité déconcertante. Les titres electro taillés pour le dancefloor et sa performance sont venus à bout de la froideur d’un début de soirée, et ce malgré l’accro technique.
Anecdote intéressante, Georgia fut la batteuse de Kate Tampest et sur scène elle fait justement les percussions et la voix avec une belle maîtrise. J’ai rarement était aussi ravie par une première partie et l’énergie de l’artiste m’a définitivement conquise.
On se donne donc rendez-vous début janvier pour commencer l’année sur un pied dansant avec Georgia !

Metronomy

Un peu plus de 30 minutes après la fin de la première partie qui mit en jambes le public, le groupe sur scène sans cérémonie. Metronomy, avec ses succès internationaux à la frontière de l’electro et de la pop, est là en cette soirée d’octobre pour son dernier album « Forever ».
La scénographie est très sobre ce soir, pas d’univers pop ou graphique à l’image des clips ou artwork du groupe. Côté scénographie, Metronomy se contentera du minimum et ça sera malheureusement la tendance générale de la soirée. Le groupe a revêtu des survêts coordonnés, qui peuvent rappeler Kraftwerk et un rideau irisé habille le fond de la scène et va refléter les couleurs des projecteurs sans grands jeux de lumières non plus.

Du côté musique, on retrouve les titres qui ont fait la renommée du groupe ainsi que les titres du dernier album. Personnellement j’ai littéralement adoré les titres comme « Insecurity » et sa guitare affirmée, « Wedding Bells » et son refrain au synthé mémorable, « Lately » qui donne envie de fredonner ou encore le déjà hit très sucré « Salted Caramel Ice Cream » qui clôturera la soirée.

Well, I think I’m in love ’cause

La voix de Joseph Mount ne fait pas de fausse note et honore chacun des titres, c’est d’ailleurs un des éléments que j’aime le plus chez ce groupe.
Malheureusement entre ces titres à succès, il faut bien remplir la setlist avec d’autres titres moins forts et même anecdotiques du groupe et c’est un des points où ça blesse. Les titres ont une tendance à la répétition comme sur « Lying Low » et presque automatique avec un manque de mélodie qui fait que les percussions prennent le pas comme avec un mauvais morceau d’électro et on s’ennuie. Le public semble d’ailleurs moins emporté qu’à la première partie et c’est dommage.
Les titres sont exécutés certes mais pas interprétés. Si le groupe est sympathique, on dirait qu’il économise son énergie pour le dernier soir à Paris. Sauf que ce soir c’est le dernier soir de ce public avec Metronomy.
Le choix minimaliste étrange de la scénographie, l’irrégularité de la setlist et l’économie du groupe me donne l’impression que la soirée ne décolle pas et au dernier titre, je reste sur ma faim. Je n’ai rien ressenti en termes d’émotion à l’Olympia avec Metronomy, et j’attends qu’un groupe de leur envergure communique plus que dodeliner de la tête.

Setlist

Wedding
Lately 

The Bay 

Whitsand Bay 

Everything Goes My Way 

Wedding Bells 

Corinne 

She Wants 

Insecurity

Reservoir 

Walking in the Dark 

Boy Racers 

Lying Low 

I'm Aquarius 

The End of You Too 

Old Skool 

The Look 

Love Letters 

Sex Emoji 


Upset My Girlfriend 

Radio Ladio 

Salted Caramel Ice Cream

Marble Arch en toute intimité à la Boule Noire

Marble Arch à la Boule noire le 4 octobre 2019

Cet article s’est un peu laissé désiré, mais je tenais vraiment à vous parler du concert de Marble Arch. Il s’est déroulé à la Boule Noire le 4 octobre dernier. Le groupe y jouait son 3ème concert du mois à l’occasion de la sortie de leur second album. « Children of the Slump » est paru le 22 mars dernier sur le label Géographie.
Marble Arch, mené par le leader et compositeur Yann le Razavet, délivre avec cet album des chansons plus pop aux mélodies riches et délicates. Les titres sont tantôt contemplatifs, tantôt fragiles mais également savent s’affirmer.

Si « Gold » est un vrai coup de coeur, avec ses guitares aux accents de The Cure, c’est loin d’être le seul titre fort de l’album. Au-delà de ma musique, j’avais aussi craqué pour l’univers visuel du groupe avec des clips à l’esthétique recherchée notamment pour la vidéo de Moonstruck.

Ce qui m’a le plus surprise durant le concert, c’est l’identité de chaque titre qui se différencie bien du précédent malgré une belle cohérence de l’album. Ce second album « Children of the Slump » n’est clairement pas un coup d’essai et démontre une belle maturité mélodique. Pour mon plus grand plaisir, les solos de guitare ne se font pas timides comme sur « Instant Love » ou « Today ». Et en ce sens cela me rappelle The Strokes, frissons inclus. C’est le genre de chansons que vous fredonnerez facilement tout au long de la journée.

Les guitares ne sont pas les seules à l’honneur et j’aime beaucoup la rythmique avec la batterie et la basse qui ne sont pas en reste. Encore une fois cela démontre la profondeur des titres. Marble Arch sait surprendre pour délivrer une nouvelle facette de la chanson comme avec le très beau « I’m on My Way » pour lequel il est difficile de rester insensible.

Si l’on devait trouver quelque chose à redire à cet album, c’est peut-être côté chant. La voix est éthérée mais je dirais un peu trop ce qui rend les paroles encore difficile à discerner et c’est dommage. Il y a eu également quelques fausses notes durant le concert mais qui seront, j’en suis certaine, effacées avec la pratique.

En tout cas cette soirée dans le cadre intimiste de la Boule Noire convenait parfaitement à Marble Arch. Le groupe a su conquérir le public, composé d’amis mais également déjà de fans…

Du côté du label Géographie, ce dernier commence fort pour sa première publication et on ne peut qu’attendre les prochains groupes et artistes qui seront signés !

Bref, vous l’aurez compris, Marble Arch est un groupe à suivre. Bonus, le groupe sera en concert au Plan à Ris-Orangis le 18 octobre, profitez-en pour ne pas les rater.

The Strokes au sommet de Bilbao pour le BBK Live Festival

The Strokes Bilbao BBK Live festival 2019

Cela faisait un petit bout de temps que je ne m’étais pas aventurée à l’étranger pour un festival. L’unique autre fois fut pour la réunion du groupe de garage rock The Libertines pour un concert mythique à Hide Park pour le British Summer Time Festival. Cette année je ne pouvais pas rater les américains The Strokes, de retour en Europe pour le Bilbao BBK Live Festival.

J’ai donc profité des 3 jours de festival pour redécouvrir la vieille ville de Bilbao, la collection moderne du Guggenheim en journée et danser la nuit sur les hauteurs de Kobetamendi surplombant la ville. À savoir que comparé aux autres festivals que j’ai pu faire, le BBK Live commence plutôt tard puisque le premier concert est à 17h30, et permet d’éviter les grosses chaleurs de l’été.

Et ce qui est sûr c’est que face au mastodonte du Primavera Sound Festival, la ville de Bilbao met le paquet pour attirer son public avec une logistique bien pensée et efficace ! Il y avait notamment des navettes 24h sur 24h entre le stade de San Mamés en ville et le site du festival.

En ce qui concerne le site du festival en lui-même, ce n’est pas si étendu que ça malgré 7 scènes. Ça permet aux festivaliers de rejoindre relativement facilement chacune des scènes mais le son de l’une se fera cannibalisé par d’autres scènes.

Jeudi 11 juillet 2019

Une fois arrivée sur les lieux et avoir fait un repérage, comme tout bon festivalier, des différentes scènes et stands, je commencais le premier jour sur la scène Bestean au son de la voix de velour de John Grant jouant au piano. Jolie découverte de cet auteur-compositeur-interprète américain dont j’avais beaucoup entendu parlé mais que je n’avais jamais écouté jusqu’ici.
Puis direction vers la plus grande scène du site, Nagusia, pour retrouver le trublion de la brit pop Liam Gallagher. Ce dernier se produit maintenant sous son propre nom et non plus avec Beady Eye comme lorsque je l’avais vu en 2011 aux Eurockéennes de Belfort. Si le nom de scène a changé, la qualité de la prestation est restée la même. On se retrouve en face d’un quarantenaire qui reste figé dans son attitude d’ado, la rage et la sincérité laissant la place à l’ennui. Les chansons en solo sont inconséquentes et si les titres d’Oasis sont applaudis par la foule, Liam subit littéralement le concert. J’espère qu’un jour il saura trouver de l’apaisement comme son frère Noel a pu.

Puis vient le moment de la tête d’affiche de la soirée avec Thom Yorke Tomorrow’s Modern Boxes, sur lequel je ne m’étendrais pas. C’était un spectacle autant visuel que sonore avec aux manettes le leader de Radiohead, visiblement ravi d’explorer de nouvelles sonorités. Je ne pourrais pas en dire autant en ce qui me concerne car je suis restée insensible à la performance.
Ce qui m’amène à MA tête d’affiche de la soirée, évidemment The Voidz, groupe mené par Julian Casablancas qui se produit ce soir sur la scène moyenne de Txiki avant de conquérir le lendemain la grand scène avec The Strokes. Je n’ai pas boudé mon plaisir, même si la qualité du son n’était pas au rendez-vous. Le concert était brut, mal dégrossi mais c’était bon et rien que le titre tel que « Leave it in my dreams » à l’arrière goût Strokes était fabuleux ou encore le lourd mais efficace « Pyramid of bones ».

Vendredi 12 juillet 2019

La deuxième journée du festival espagnol démarre avec l’ovni Jonathan Bree sous la tente de Gora!, tout le groupe ayant revêtu l’étrange masque anonyme. Les titres s’enchaînent avec deux danseuses effectuant les chorégraphies puis l’une s’emparant du micro ou de la guitare tandis que les images des clips défilent sur le grand écran en fond. Mais c’est surtout la voix et les mélodies qui captivent comme si le temps était suspendu pour un bouquet de titres. Si le son est loin d’être convaincant, le groupe intrigue par son univers musical et donne vraiment envie de poursuivre l’écoute post festival.
Puis on se dirige de nouveau vers Bestean pour retrouver les vétérans de Suede avec un Brett Anderson déchaîné sur scène livrant un des meilleurs concerts de ces 3 jours de festival. Allant jusqu’à se mêler à la fosse pour y mêler sa voix au grain si reconnaissable à celle de la foule dans une belle communion. Le leader nous livrera également un joli moment d’émotion avec le classique « The wild ones ». Le plaisir du groupe d’être ce soir à Bilbao était flagrant et le public le leur a bien rendu !

Puis c’est avec regret mais également excitation que je quitte les anglais pour traverser l’Atlantique, direction le rock nonchalant des New Yorkais The Strokes. Le groupe pour lequel j’ai craqué sur un coup de tête pour le festival de Bilbao car « You Only Live Once », je sais facile. Quand on aime le rock, c’est quand même difficile de ne pas succomber aux riffs ravageurs et diablement efficaces de Nick Valensi. Dès les premières notes, le coeur accélère et plus rien ne compte, seulement l’instant présent pour un set d’une maîtrise parfaite presque chronométré.

Some people think they’re always right
Others are quiet and uptight
Others, they seem so very nice-nice-nice-nice, oh
Inside they might feel sad and wrong, oh no

Ce soir-là je n’ai pas été déçue, avec une avalanche des meilleurs titres du groupe comme un Best of live de la carrière du groupe. On remarquera d’ailleurs l’absence flagrante des titres des deux derniers opus paru respectivement en 2013 et 2011, « Comedown Machine » et « Angles ». Mais qu’importe si The Strokes ont fait du fan service ce soir-là, cela reste un des meilleurs groupes de rock aujourd’hui et les voir en live est un rêve réalisé. Chaque membre du groupe joue dans son coin, et la voix traînante de Julian Casablancas ne se démode pas. Maintenant je n’ai plus qu’à attendre une nouvelle tournée officielle…

Difficile de redescendre sur terre après le concert épique, et j’écouterais d’une oreille distraite le groupe The Blaze qui a la difficile tâche d’enchaîner sur la chaîne Bestean.

Samedi 10 juillet 2019

Dernier jour du festival, les corps sont fatigués et saouls de musique. Pas forcément le meilleur jour pour faire saigner les oreilles avec une Nathy Peluso, tout ce qu’il y a de plus irritant et désagréable, surpassant la prestation de Rosalía la veille. On a beau essayer de se réfugier ailleurs dans le festival, quand la plus grande scène Nagusia est en action, on ne peut pas y échapper. Les regards consternés se croisent en essayant de trouver une lueur de compréhension dans cette programmation.

Une fois le supplice terminé, c’est avec plaisir que je retrouve le leader de Blue / Gorillaz / The Good, The Bad and The Queen, Damon Albarn sur la scène Bestean. Alors que le concert solo de Damon Albarn reste un de mes meilleurs souvenirs de live, ce soir là l’anglais était loin, très loin… À part quelques titres très beaux, généralement dans le premier album plus accessible du groupe, le concert était inégal et les artistes un peu inaccessibles.

On retourne lorgner du côté de Nagusia où les vétérans de Weezer vont réussir à faire oublier le mauvais souvenir du tout début de journée en inondant leur set de reprises. Le groupe s’amuse et embarque facilement le public avec lui à chaque reprise sans jamais s’offenser du manque de réaction sur ses propres titres… Bon joueur. C’est comme ça que tout d’un coup, les premières notes du mythique « Everybody Wants to Rule the World » de Tears for Fears, une de mes chansons préférées, retentissent. La foule s’exclame comme si la fête venait de commencer. On aura droit aussi à « Happy Together » de The Turtles, « Africa » de Toto et enfin « Take on me » de A-ha. Tous ces titres bien sûr passés à la sauce Weezer, comme si on leur avait appliqué un filtre de légèreté, on aime ou pas, en tout cas cela ne nous a pas empêché de nous amuser, au contraire.

Je clôturerais le festival en compagnie de Hot Chip, très belle surprise de ce samedi soir avec un univers unique. Cela faisait longtemps que je souhaitais les découvrir et le Bilbao BBK live fut une belle occasion. Groupe britannique dont certaines sonorités feront écho à LCD Soundsystem d’ailleurs.

Ce rêve de 3 jours se termine avec une programmation variée et de qualité pour ce festival espagnol.

Setlist

Heart in a Cage
You Only Live Once
Ize of the World
The Modern Age
New York City Cops
Under Control
Hard to Explain
I Can't Win
On the Other Side
Reptilia
Meet Me in the Bathroom
Razorblade
12:51
What Ever Happened?
Soma
Someday


Is This It
Last Nite

Ryder the Eagle à la conquête du Point Éphémère

Ryder the eagle au Point Éphémère, le 23 avril 2019

Ryder the Eagle a beau sonner américain, les racines sont bien ancrées en France sous le nom d’Adrien Cassignol, officiant auparavant en tant que batteur de Las Aves et The Dodoz.
Après l’avoir découvert en 2017 en première partie de Razorlight, ce mardi j’étais en route pour le voir se produire en artiste principal cette fois-ci, sur la scène du Point Éphémère. C’était l’occasion de découvrir son nouvel EP « Free Porn » sorti cette année, dont en est extrait le titre « Wounded Bird » ci-dessous.

Ce qu’on peut dire c’est que le jeu sur scène a bien évolué. Ryder the Eagle enfile son habit de crooner sur la brèche, tout de blanc vêtu, de manière complètement convaincante. Personne dans le public restera insensible ce soir. Ryder the Eagle apporte un certain décalage et une dérision bienvenue, qui lui permet de dépasser l’image de crooner.
Accompagné de son smartphone depuis lequel il lancera chacune des pistes, et quelques fois de sa guitare ; le contraste entre sa performance et les moyens à disposition est désarçonnant.
Ryder the Eagle a clairement un charisme et un magnétisme qui le ferait très bien passer sur une plus grande scène et accompagné.
Ryder the eagle au Point Éphémère, le 23 avril 2019Côté titres, les émotions sont à fleur de peau et Ryder the Eagle les porte comme des cicatrices. L’efficacité des mélodies est redoutable, que ce soit les premiers titres comme « Die on my bike » chantée avec le public ou les derniers. En ce qui me concerne, je suis ressortie du concert en fredonnant « Lighthouse », titre qui resta dans ma tête plusieurs jours après le concert. Quant à la voix, elle est juste et assurée en plus d’être belle.
La seule déception de la soirée sera la longueur du set. Je me serais facilement laissée rêver à des reprises de titres qui ont marqué Ryder the Eagle en attendant que sa setlist s’étoffe.
Bref vous l’aurez compris, si le Ryder the Eagle se produit, ne ratez pas l’occasion de le voir en live ! L’oiseau étrange gagne en assurance pour le plus grand plaisir de nos oreilles.
En attendant on lui souhaite une belle reconnaissance avec son dernier EP et on rêve à un plus long format…

Beirut illumine son public au Grand Rex

Beirut en concert au Grand Rex à Paris le 5 avril 2019

Ce vendredi 5 avril fêtait le retour du groupe américain Beirut dans la ville lumière pour la sortie de leur nouvel album et 5ème opus « Gallipoli ».
Et la lumière tenait une place centrale ce soir là avec une scénographie épurée et intimiste en parfaite cohérence avec l’univers musicale de la bande à Zach Condon, Beirut. Les tapis persans et les ampoules sur pied diffusant une ambiance chaleureuse, le public était comme chez lui, assis au coin du feu.
En ce qui me concerne j’en suis à mon 3ème concert du groupe et je dois vous prévenir que Beirut fait parti de ces groupes pour lesquels j’ai un attachement tout particulier. Ne cherchez donc pas l’objectivité ou le recul dans ce petit témoignage. Après les avoir vu en concert intimiste au tournage de l’Album de la Semaine et à l’opposé au Zénith, je me faisais un plaisir de les retrouver au Grand Rex pour découvrir « Gallipoli » en live.
C’était d’ailleurs mon premier concert dans cette salle que j’associais plus au 7ème art qu’à la musique…
Installée en mezzanine au premier rang, j’avais une vue parfaite sur la scène. Si le public dans la fosse a essayé de se lever durant le concert, la sécurité les a rapidement rappelé à l’ordre. Cela peut être difficile et frustrant de rester parqué et assis pour ce type de musique et je me demande si Beirut reviendra dans ce type de salle pour cette raison.
Beirut Gallipoli 2019
En ce qui concerne « Gallipoli », le dernier opus renoue avec le coté expérimental et voyage musical. Et cela pour ma plus grande joie car c’était le principal reproche que j’avais avec « No No No » sorti en 2015. Des titres assez lisses et consensuels à mon goût. Le dernier opus, quant à lui, va explorer de nouveaux territoires plus électroniques sur certains titres. Et ça marche étonnamment bien tout en assurant une belle continuité avec la précédente discographie du groupe. Ce nouvel album s’inscrit comme l’évolution logique du style de Zach Condon, plus mature et assumé.
Le concert fut donc un vrai moment suspendu dans le temps. Le plaisir du public et du groupe s’entretenait mutuellement dans un bel échange vibrant. Et si les parisiens aiment se sentir spéciaux, ils ont été servis ce soir-là. Que ce soit par les mots échangés en français par Zach Condon et la présence de la famille du tromboniste, résident parisien, dans la salle.
Ne vous posez plus la question d’aller ou non voir Beirut en concert. Prenez rendez-vous ce printemps et cet été dans pas mal de festivals français et étrangers. Le groupe sera également de retour dans la capitale le 8 octobre prochain à la Salle Pleyel.

Setlist

When I Die
Varieties of Exile
No No No
Family Curse
Santa Fe
Fener
Postcards From Italy
The Shrew
The Peacock
Gallipoli
The Rip Tide
Landslide
Corfu
Scenic World
Light in the Atoll
Elephant Gun
Gauze für Zah
Coček
In the Mausoleum
Nantes

Un dernier verre (pour la route)
We Never Lived Here
The Gulag Orkestar

Albert Hammond Jr à la Gaîté Lyrique

Albert Hammond Jr en concert à la Gaîté Lyrique le 18 septembre 2018

Albert Hammond Jr à la Gaîté Lyrique, c’était ce mardi soir, afin de présenter son dernier opus « Francis Trouble » en live. J’avais déjà évoqué l’album comme un des albums de l’année avec ses mélodies efficaces et les guitares familières à l’oreille. Cela promettait une soirée rock parfaite pour fêter la rentrée comme il se doit ! L’ambiance était détendue et beaucoup ont profité de la première partie Yassassin pour discuter autour d’une bière ou graviter autour du stand exposant les goodies. J’ai d’ailleurs eu bien du mal à résister au vinyle exposant fièrement la pochette très réussie de l’album « Francis Trouble »…

Et la pochette, Albert Hammond en est fier car justement un des mur de la salle en était revêtu. Ce qui a permis aux musiciens de lui faire face tout le long du show. Comme une mise en abîme de l’histoire même de cet opus, bien joué !
J’étais donc assez impatiente de découvrir l’un des Strokes sur scène pour porter ses compositions. J’ai découvert la carrière solo de mister Albert Hammond Jr avec « Momentary Masters » paru en 2015. Si « Francis Trouble » est bourré d’énergie, le précédent opus a une certaine fragilité et sensibilité bien dosées. Alors qu’est ce que ça donne en live ?

Et bien ça donne un artiste terriblement sympathique, qui a arpenté la scène et la salle de long en large pendant une heure et demie en y prenant visiblement du plaisir. En effet il ne s’est pas économisé et donne l’image d’un artiste généreux. Il n’en faudra pas plus pour conquérir le public ce soir-là. Pas de gros mouvement de foule, mais chacun a sautillé sur place et dandiné de la tête sur les rythmes irrésistibles de la bande.
Si il y a eu quelques petits ratés techniques en tout début de concert, le reste s’est déroulé sans accroche même si la voix était quelques fois un peu étouffée. Mais justement je me demande si ce n’était pas intentionnel car il y a une vraie différence entre la voix des enregistrements et la voix en live. Vous pouvez vous en rendre compte par vous-même avec le live KEXP ci-dessous.

En live, elle se fait plus nasillarde et hésitante ou tremblotante. Et c’est là que j’ai réalisé qu’Albert Hammond Jr a commencé guitariste et non chanteur. Personnellement cela ne m’a pas gênée car si le chant est un peu faible, c’est compensé par tout le reste. J’aurais bien aimé un peu plus de guitare justement de sa part, c’est peut-être le seul point sur lequel je chipoterais. De la même manière que j’étais ravie de voir Alex Turner (Arctic Monkeys) refaire ses solos de guitares cette année. Pour résumer, ce mardi 18 septembre était une bien jolie soirée rock que je referais avec plaisir peut-être pour le prochain album d’Albert Hammond Jr !

Setlist

DvsL
Rude Customer
Set to Attack
Caught by My Shadow
Harder, Harder, Harder
St. Justice
Far Away Truths
GfC
Drunched In Crumbs
Side Boob
Rocky's Late Night
Holiday
Carnal Cruise
In Transit
Tea for Two
Hard to Live (In the City)
ScreaMER

Postal Blowfish (Guided by Voices cover)
Everyone Gets a Star
Born Slippy
Muted Beatings

Hubert Mounier nous fait voyager avec L’Affaire Louis’ Trio

Benjamin Biolay hommage à Hubert Mounier, L'Affaire Louis' Trio aux Nuits de Fourvières 2018

Par un heureux hasard, j’ai appris l’organisation d’une soirée hommage à Hubert Mounier. Connu pour avoir été le leader du groupe français des années 90, L’Affaire Louis’ Trio, qui stimula les oreilles et l’imagination d’une génération, et qui nous a quitté il y a de ça 2 ans.
C’est l’occasion de repartir en voyage avec l’interprétation intégrale de “Mobilis in Mobile”, le quatrième album des lyonnais.
“Mobilis in Mobile” est comme un recueil inspiré des romans de Jules Verne mis en poésie et en musique par l’incroyable talent de cet auteur-compositeur et interprète dont trop peu se souviennent. Des textes qui m’ont fait aimé passionnément la langue française en la rendant ludique et enchanteresse.

“Quand les vérités sont trop lasses
Pour douter du temps qui passe
D’autres ont déjà pris leur place
Alors elles s’effacent
Quand les vérités sont banales
Elles s’étalent dans le journal
Il vaut mieux tourner la page
Partir en voyage”

Mais on ne peut parler de L’affaire Louis’ Trio sans évoquer les mélodies redoutablement efficaces mais toute en nuances ou encore de la voix inoubliable d’Hubert Mounier qui donnait une profondeur supplémentaire à ses interprétations.
Vous l’aurez compris, tient une place toute particulière dans mon panthéon personnel des artistes illustres.
De toute la carrière du groupe, “Mobilis in Mobile” reste l’opus le plus rock du groupe avec des orchestrations plus énergiques et ambitieuses et qui s’éloignent de l’aspect pop très édulcoré des premiers titres comme “Chic Planète”. Des 5 albums du groupe, les 3 derniers sont pour moi les incontournables et ceux qui ont le mieux vécu le passage du temps avec “Sans Légende” paru en 1990, “Mobilis in Mobile” en 1992 et “L’Homme aux Mille Vies” en 1995.
Voici une sélection des titres phares de Mobilis in Mobile :
– Le Capitaine
– Le Soleil Est Là
– Mobilis In Mobile
– Pas Besoin De Parler
– Champ D’Honneur
– Les Filles De La Chance
– Loin

Mais ce soir là n’étais pas uniquement au sujet de L’Affaire Louis’ Trio, mais c’était un hommage avec pour maître de soirée Benjamin Biolay, ami proche et disciple d’Hubert Mounier. On sera également accompagné de Pascal Obispo, Kent, Karen Brunon, Vincent Mounier, et de proches collaborateurs. N’étant pas forcément amatrice de ces artistes, j’étais un peu craintive à l’idée de leur interprétation mais je devais tenter ma chance car ça n’est pas une occasion qui se reproduirait d’ici peu.
Quant à la scène, elle faisait écho à la pochette de l’album avec les éléments de décor d’époque prêtés par Gaëlle Mounier qui a également contribué à préparer la soirée. On félicitera d’ailleurs la présence des cordes du conservatoire de Lyon pour rendre honneur à la richesse de l’instrumentalisation de l’album.…

“Hubert est un des auteurs-compositeurs-interprètes les plus sous-estimés de la musique française. D’autres que moi l’ont dit, Alain Souchon par exemple. » Biolay

Seulement demander à des artistes de variété française d’interpréter “Mobilis in Mobile”, c’est également d’attendre d’eux beaucoup, peut-être tôt pour ressentir l’énergie et la passion des aventuriers qui peuplent les chapitres de l’album. Et la fougue, est justement ce qui manque ce soir là, et le titre phare “Le Capitaine” censé ouvrir la danse, sonne comme un pétard mouillé. Comme un lointain écho d’un espoir et d’une excitation d’enfance déçue.
Je patiente donc titre après titre pour que la magie opère et que le show s’envole. Je serre des dents sur “Mobilis in Mobile” qui joue avec les auditeurs comme la houle des vagues avec nos sentiments. Malheureusement l’interprétation est timorée si ce n’est feignante parfois.
Avec l’arrivée de “Le lit d’Hélène” la troupe s’en sort mieux tout de suite beaucoup mieux, retombant dans l’interprétation pop plus classique. Et c’est à ce moment que je lâche prise sur l’attente rock, et me laisser aller à apprécier le moment unique et émouvant dans le cadre magique de l’amphithéâtre romain des Nuits de Fourvières. L’émotion est bien présente avec le magique “Loin” par un Pascal Obispo étonnamment sobre dans son interprétation.
Alors que la nuit est pleinement tombée parmi les ruines gallo-romaines, la troupe reviendra pour poursuivre avec d’autres titres phares de la carrière de l’artiste comme un double cadeau offert au public.

La soirée laissera un sentiment doux-amer et nous donnera envie de se replonger dans les albums et de prendre rendez-vous pour le festival l’année prochaine et son cadre unique !

Setlist

Benjamin Biolay
Ballade française
Novembre toute l'année
Ton héritage
Dans la Merco Benz
La Superbe

L'Affaire Louis' Trio
Le Capitaine (Pascal Obispo)
Le soleil est là (Kent)
Mobilis in mobile (Pascal Obispo)
Pas besoin de parler
Champ d’honneur
Vers des jours meilleurs (Vincent Mounier / Karl Niagara)
Le Lit d’Hélène (Karen Brunon)
Les Filles de la chance
Loin (Pascal Obispo)
Plus d'ailes
La mer est encore là
Miravalse
Samedi 22 octobre 4004 av. J.C.
Les éléphants sont contagieux
Chanson à boire
Viens avec moi
La Dernière Heure

Voyager léger (Hubert Mounier cover)
Succès de larmes
Nelson (Hubert Mounier cover)
Chacun de son côté
Tout mais pas ça

Chic planète

Voyagez en Italie avec Phoenix à la Gaîté Lyrique, Ti Amo Paris

Phoenix à la Gaîté Lyrique 2018 "Ti Amo"

Phoenix à la Gaîté Lyrique, c’est pas moins de 4 dates complètes depuis un petit bout de temps et une programmation comme une déclaration d’amour à l’Italie. Les français nous on préparé un programme alléchant avec une sélection de groupes parfaite pour les vacances qui se rapprochent, pour cette « Notte molto speciale con Phoenix ».
La soirée commence en profitant de l’ambiance dolce vita de la soirée avec des stands choisis par le groupe où vous pourrez tantôt profiter d’une collection d’albums avec la complicité des Balades Sonores, d’un Spritz au bar de la Gaîté Lyrique ou le saké préféré du groupe accompagné d’onigiris. Et terminer en beauté avec les glaces « made in Italy », vous êtes transportés le temps d’une soirée dans la douceur de vivre à l’italienne avec un vrai air de vacances, un délice malgré la chaleur étouffante de ces derniers jours. On sent la complicité des équipes de la Gaîté Lyrique et du groupe Phoenix et cette nouvelle forme de soirée expérientielle permet de pousser l’expérience « Ti Amo » encore plus loin. Une sorte de matérialisation de l’oeuvre et de l’imaginaire qui lui est attaché.

Giorgio Poi

Pour ma part je démarre le concert en compagnie de Giorgio Poi, jolie découverte pour ma part, avec son rock psychédélique et ses deux acolytes, Francesco Aprili à la batterie et Matteo Domenichelli à la basse. La barrière de la langue (ne parlant pas un mot d’italien) ne gâche en rien le plaisir du concert durant lequel les émotions transparaissent pas le chant de Giorgio Poi et des mélodies entêtantes. Un groupe parfait pour inaugurer cette soirée chaude de printemps ! Pour ceux tombés sous le charme ou intrigués, un premier album « Fa Niente » est disponible sur les différentes plateformes de streaming.

Phoenix à la Gaîté Lyrique

Le public se masse toujours plus près de la scène, mais l’avantage avec la Gaîté Lyrique, c’est justement sa petite taille. Qu’importe où l’on est dans la salle, on aura toujours un sentiment de proximité avec les artistes. Puis les 4 garçons font leur arrivée sur scène, Thomas Mars, Laurent Brancowitz, Deck D’Arcy et Christian Mazzalai encore une fois accompagnés de deux musiciens additionnels, l’un à la batterie et le second aux claviers. Même après les avoir vu en septembre dernier, le plaisir et intacte à les voir se produire dans une salle plus intimiste avec un spectacle à taille humaine. La setlist de la soirée est parfaitement rodée, et la magie opère dès le premier titre « Ti Amo » pour ensuite laisser la place aux différents succès du groupe. Des premiers titres de la bande aux plus récents, les arrangements permettent de redécouvrir les titres comme si ils étaient sortis hier !

Une nouvelle fois donc le groupe fait mouche avec une soirée particulièrement dansante et légère, à l’image de leur album « Ti Amo ». On aura droit à plusieurs moments très forts comme
« Lisztomania ». Ma préférence ira plutôt pour l’enchaînement « Trying to Be Cool / Drakkar Noir » ou encore l’association délirante nommée « Sunskrupt! » qui transforme la soirée en boîte de nuit. Mention toute spéciale cependant, à l’interprétation toute en douceur au milieu du public de « Goodbye Soleil » avec pour seul complice Christian Mazzalai à la guitare, un moment de pur magie.
Après ce premier essai réussi, on espère qu’on aura le plaisir de revoir Phoenix à la Gaîté Lyrique reprendre les rênes de la programmation de façon tout aussi délicieuse avec ces soirées complètes qui permet à l’artiste de se livrer encore plus à son public.

Setlist

J-Boy
Lasso
Entertainment
Lisztomania
Trying to Be Cool / Drakkar Noir
Role Model
Long Distance Call
Fences
Rally
Too Young / Girlfriend
Sunskrupt!
Ti amo
Armistice
Rome
If I Ever Feel Better / Funky Squaredance

Goodbye Soleil / Via Veneto
Countdown
Telefono
Fior di latte
1901
Ti amo di più

Arctic Monkeys grandioses au Zénith de la Villette

Arctic Monkeys au Zénith de Paris 2018

On retrouve donc ce soir les 4 gars de Sheffield, les Arctic Monkeys venus défendre sur scène leur nouvel album tout juste sorti « Tranquility Base Hotel & Casino ». Album faisant déjà beaucoup parlé de lui, bousculant les attentes des fans et des critiques et ne cédant rien à la facilité, et ce, même si le succès leur colle au basques !
On se retrouve donc au Zénith de Paris où la foule se presse déjà bien avant l’ouverture des portes, l’excitation est palpable. Une fois à l’intérieur, en jetant un coup d’oeil aux goodies et à la scène, la sobriété est de mise. Renommé pour l’occasion « Monkeys », c’est uniquement cet élément en typographie aux empattements fins et avec ses jolis pleins et déliés qui revêtiront le merchandising et l’habillage de la salle. Le groupe n’a plus à faire ses preuves et est rentré dans le panthéon des groupes de rock immanquables, la classe sans s’afficher.
En ce qui concerne la première partie, c’est Cameron Avery, bassiste de Tame Impala qui lance les hostilités. Le monsieur avec sa stature imposante et son attitude essaye de prouver qu’il a du charisme devant le public du Zénith de Paris. Cependant les titres mielleux et sans réelle envergure se succèdent, heureusement le dernier morceau sera illuminé par la prestation à la batterie.
On passe très vite aux choses sérieuses avec une salle archi comble pour les Arctic Monkeys ou plutôt les Monkeys comme je devrais les appeler. Accompagnés de Cameron Avery et de Tyler Parkford des Mini Mansions, le groupe fait son arrivée tant attendue sur scène.
Arctic Monkeys en concert à Paris 30 mai 2018 Le set commence par le single du dernier album « Four out of Five » et donne une belle claque avec le classique « Brianstorm ». Le groupe ébloui la salle avec un Alex Turner bien présent et au charisme à en faire pâlir Cameron Avery… Et puis les immanquables s’enchaînent avec « I Bet You Look Good on the Dancefloor », « Don’t Sit Down ‘Cause I’ve Moved Your Chair » et « Why’d You Only Call Me When You’re High? » avec lequel j’ai toujours un peu de mal. Le public, quant à lui, saisira n’importe quelle opportunité pour se déchaîner dans la fosse.
J’ai eu une impression de peu de titres du dernier opus « Tranquility Base Hotel & Casino », mais avec 6 LP à leur actif, difficile de faire de la place dans cette setlist déjà bien fournie. On aura quand même droit à 5 titres avec notamment l’excellent « Batphone » en rappel et qui passe très bien en live, petit regret pour l’absence de « Star Treatment ». Ce dernier album en tout cas confirme le virage vers un son plus mystérieux et déroutant, distillant cette ambiance tout au long de la soirée. Le groupe évolue et on ne peut s’empêcher de se dire : « Quel chemin parcouru ! » depuis les débuts mals assurés mais désarmants d’un « I Bet You Look Good on the Dancefloor » en 2005. Petites pépites de la setlist ce sont « 505 » qui présageait déjà l’évolution du groupe avec le sample à l’orgue d’Ennio Morricone pour le film emblématique « Le bon, la brute et le truand » et « Cornerstone » aux paroles poignantes.
Et même si la richesse de la discographie du groupe, nous fait regretter l’arrivée trop tôt de la fin de la soirée. Le public repart le coeur léger et les yeux pleins d’étoiles.
Les Arctic Monkeys nous ont offert une belle performance ce soir avec un partage avec le public plus généreux que dans mes souvenirs. Car si c’est le premier article dédié à un concert des Arctic Monkeys, j’ai eu la chance de les voir aux Eurockéennes de Belfort et à Rock en Seine en 2011 et à priori le concert au Zénith de Paris ne sera pas le dernier…

Setlist

Four Out of Five
Brianstorm
I Bet You Look Good on the Dancefloor
Don't Sit Down 'Cause I've Moved Your Chair
Why'd You Only Call Me When You're High?
505
One Point Perspective
Do Me a Favour
Cornerstone
One for the Road
Arabella
Tranquility Base Hotel + Casino
She Looks Like Fun
Knee Socks
Pretty Visitors
Crying Lightning
Do I Wanna Know?

Batphone
The View From the Afternoon
R U Mine?