The Libertines 2014, un horror show délavé

The Libertines Zénith de Paris 2014

On se souvient tous de The Libertines qui retourna nos oreilles en 2002 avec ses guitares virevoltantes. Le groupe a eu une carrière fugace mais précieuse pour le rock anglais, qui influence encore les groupes d’aujourd’hui.
C’est l’emblème de cette jeunesse qui se sent complètement décalée par rapport à la société dans laquelle elle doit se confiner, un cri de révolte déchirant et terriblement romantique. Mais douze ans après on peut se poser la question si la recette fonctionne toujours, le public évolue et les individus formant The Libertines aussi.

Si le show à Hyde Park fut mémorable, j’ai pu le vivre directement dans la foule et laisser mon coeur de fan prendre le dessus ce soir là. Bien que je pense que ce fut réellement une bonne prestation. Mais ce Mardi 30 septembre ne peut être qualifié de succès ou rassurant quant à l’avenir du groupe.

Bien que les 3 premières parties anecdotiques aurait pu entamer le moral du public, il n’en était rien. J’étais sagement installée au premier rang sur le côté gauche pour avoir un peu de recul tant au sens propre qu’au figuré. L’arrivée à 21H30 passée de John Hassal, Gary Powell, Pete Doherty et Carl Barât réveilla l’ardeur des fans et le show commença sur les chapeaux de roue égrenant les classiques du groupe pour le plus grand plaisir du public. J’ai pu retrouver le jeu de guitares que j’affectionne tant et qui me transporte à chaque écoute.
J’ai également apprécié le moment d’intimité que Carl Barât et Pete Doherty se sont octroyés sur scène chacun leur tour.

Mais avec un peu plus de recul et une tournée déjà bien entamée de leur côté, les masques tombent et l’on découvre un Carl Barât arrangeant, faisant bien attention d’aller flirter au micro de Pete Doherty comme l’attende tous les fans. En gros le message c’est « Regardez, on est bien réconciliés » et ça en est tellement évident que ça manque de naturel et de sincérité. Ensuite si le groupe a très bien su s’adresser à la foule de Hyde Park, ce soir là il n’y a eu aucun échange avec son public et après une telle attente c’est quand même un comble ! Un petit « Bonsoir paris » par là, quelques petits mots par ci, mais pas de réel regard. Je n’ai pas vu ce moment où l’artiste scrute la salle et prend conscience du moment, l’harmonie et la communion d’un concert.
Je ne dis pas que je n’ai pas été émue à certains passages mais c’est resté isolé. Enfin au court de la soirée, on a vite sentit la tension et le rythme retomber pour clôturer sur un final saboté par Pete Doherty. Celui-ci semble bien imbibé à cette heure et après avoir abandonné sa guitare, se jette sur le dos de Carl Barât pour finir par s’écrouler ensemble sur la batterie de Gary Powell à l’air consterné. Pendant plusieurs minutes on a pu regarder Carl Barât parler ou essayer de raisonner (je ne peux que extrapoler ici) son compère étalé sous lui pour finalement le relever par la veste et lui céder sa guitare.
Comme un gentil garçon, Pete Doherty finira le morceau à la guitare tandis que Carl Barât tentera de chanter dessus.
Une fin de soirée assez minable il faut le dire, et qui est symptomatique des Libertines. On sent toute l’ironie des titres « What a waster » et « What became of the likely lads » après cette soirée.
Alors si les deux compères nous assurent à tour de rôle durant le show, qu’ils reviendront avec des nouvelles chansons, j’attends de voir la limite de patience des 3 compères pour babysitter Pete Doherty…

Setlist

We'll Meet Again
The Delaney
Campaign of Hate
Vertigo
Time for Heroes
Horror Show
Begging
The Ha Ha Wall
The Ballad Of Grimaldi (Carl acoustic solo)
Music When the Lights Go Out
What Katie Did
The Boy Looked at Johnny
Boys in the Band
Can't Stand Me Now
Last Post on the Bugle
Don't Look Back Into the Sun
The Saga
Death on the Stairs
Tell the King
The Good Old Days
Fuck Forever
(Babyshambles cover) (Pete Solo, followed by Don't Be Shy snippet)

What became of the likely lads
Up the Bracket
What a Waster
I Get Along