Sufjan Stevens et son « Planetarium » clôturent Days Off

Planetarium Sufjan Stevens, Nico Muhly, Bryce Dessner & James McAlister

La Philharmonie de Paris nous proposait lundi soir, de voyager aux confins de l’univers avec la performance de « Planetarium » à l’occasion de la soirée de clôture de Festival Days Off 2017.
Mais avant de commencer, n’allons pas trop vite pour prendre le temps d’évoquer l’agréable découverte nommée This Is Kit, groupe mené par Kate Stables à la voix envoûtante. Les mélodies sont subtiles et fragiles et s’adaptent merveilleusement bien à l’espace de la salle Pierre Boulez qui devient un cocon intimiste où la voix et les cordes résonnent.

Puis arrive le moment de passer quelques minutes suspendues dans l’espace… Nico Muhly, Sufjan Stevens, James McAlister and Bryce Dessner font leur arrivée sur scène rejoints par un quatuor à cordes. La soirée se composera en plusieurs titres traitant du système solaire et inspirés par les dieux romains de la mythologie dont ils empruntent les noms. Si il s’agit de thématiques à dimension « universelle », nous avons affaire à des compositions pop sophistiquées et inventives qui surprennent, déstabilisent et intriguent mais plus que tout, touchent.

La chanson d’ouverture « Neptune », se fait fragile et humble pour entamer le set. Le chant n’est pas facile mais maîtrisé par un Sufjan Stevens éblouissant de sensibilité.

So if you won’t hold me, I have no objections
So if you won’t please me, I make no commands
So if you don’t trust me, it’s best if I drown

Les sons électroniques viennent habilement flirter avec l’ensemble des instruments et voix, bien que l’on peut regretter l’usage parfois systématique de vocodeur. La soirée se complète par la projection sur écran de visuels abstraits de la galaxie, collages, films ambiants. Si certains apportent un vrai complément au son comme sur « Venus », d’autres tombent dans les travers du « clip video » où Sufjan Stevens chantant est redondant avec le spectacle live.

Planetarium alternera des nappes douces et des passages turbulents comme sur le titre « Mars ». Puis terminera sur le morceau le plus émouvant de la série « Mercury ». Il prend la forme d’une course effrénée et vaine comme une excuse sur l’incapacité à saisir l’insaisissable.
On aura droit en grand final à une reprise qui a toute à fait sa place au sein de la soirée, je parle évidemment de « Space Oddity » de David Bowie qui venait juste de fêter ses 48 ans. Passé l’agréable surprise de la chanson culte, la cover aura malheureusement bien du mal à tenir la comparaison notamment au niveau de la voix.
Pour conclure si le premier contact avec « Planetarium » peut être ardu, c’est une expérience pour laquelle il faut se laisser porter dans ce voyage musical et exploratoire pour en revenir changé.
« Planetarium » se veut un questionnement sur le monde et l’univers qui nous entoure pour au final toucher à des thématiques universelles et intimes.

Setlist

Neptune
Jupiter
Venus
Uranus
Mars
Pluto
Moon
Saturn
Earth
Mercury

Over the rainbow (Harold Arlen cover)
Space Oddity (David Bowie cover)