Rufus Wainwright enchante la Philharmonie de Paris

Rufus Wainwright © M. Clamer

Ce week-end, la Philharmonie de Paris nous proposait une programmation étonnante avec notamment une soirée dédiée à Rufus Wainwright pour la thématique week-end Divas. Celle-ci était découpée en deux parties, la première mettait en lumière son opéra « Prima Donna » par quelques extraits et la seconde nous faisait retourner à la pop du monsieur, le tout accompagné de l’Orchestre National d’Île de France.
Autant vous dire que rien que le déplacement à la Philharmonie de Paris pour découvrir la salle Pierre Boulez vaut le coup. Vous pénétrez dans une salle magistrale à la fois impressionnante par sa taille et son audace architecturale et à la fois intimiste grâce à son organisation. Je dois avouer que j’ai eu un vrai coup de coeur pour le lieu et je n’ai certainement pas été déçue par la qualité du son.
L’Opéra « Prima Donna » fut une vraie découverte en ce qui me concerne. Oeuvre originale de Rufus Wainwright, il en proposait ici quelques extraits interprétés en français par Lyne Fortin, Pauline Texier et Antonio Figueroa. Le tout est accompagné d’une projection de l’oeuvre vidéo réalisée pour cet opéra par Francesco Vezzoli qui immortalise la performance de l’artiste Cindy Sherman. Si je n’ai pas été emballée par cette première partie c’est pour plusieurs raisons. Il est difficile de rentrer dans l’histoire avec uniquement des extraits de l’opéra, l’opéra c’est aussi l’interprétation théâtrale ici « remplacée » par l’oeuvre vidéo un peu trop contemplative. Enfin la pauvreté des paroles n’aident pas à se projeter malgré des mélodies entêtantes et malheureusement les voix étaient un peu étouffées par l’orchestration.
Rufus Wainwright "Prima Donna" Opera
La deuxième partie était la principale raison pour laquelle je souhaitais venir, découvrir en live les titres phares de Rufus Wainwright pour une interprétation magistrale et des arrangements repensés pour l’Orchestre National d’Île de France. Rufus Wainwright a su satisfaire toutes les attentes ce soir-là, avec une sélection de tous ses titres majeurs et nous fera le plaisir de quelques perles. La première est la réinterprétation du dernier extrait de « Prima Donna » par lui-même qui donne une nouvelle dimension au titre. Puis un invité surprise en la personne de Woodkid pour venir rendre un hommage émouvant à Barbara avec « Dis, quand reviendras-tu ? », les deux voix très différentes se complètent merveilleusement bien. Lyne Fortin a eu la gentillesse de revenir sur scène pour un duo sur une chanson traditionnelle irlandaise, là le chant d’opéra et le chant pop se sont plutôt confrontées qu’unies. Enfin Rufus Wainwright nous offrira deux reprises incroyables avec son habituel « Hallelujah » dans une réappropriation exceptionnelle puis son hommage à Paris avec « La complainte de la butte ». Pour cette dernière il fera chanter la salle et l’espace d’un instant la Butte de Montmartre a pris possession de la Philharmonie de Paris. C’est également ce titre qui m’a fait connaître Rufus Wainwright dans le film magistral de Baz Luhrmann « Moulin Rouge » et sa BO tout aussi marquante. Cependant le moment d’émotion le plus fort en ce qui me concerne, fut « Going to a town » dans des arrangements sublimes qui ont transcendé le titre.

Ce fut une grande soirée par la qualité de celle-ci, et son association originale entre l’opéra classique et le parcours pop de Rufus Wainwright.

Setlist

April Fools
Vibrate
The Art Teacher
Les feux d'artifice t'appellent
Dis, quand reviendras-tu ? (Barbara cover) (with Woodkid)
Traditional Irish song (with Lyne Fortin)
Tiergarten
Little Sister
I Don't Know What It Is
Cigarettes and Chocolate Milk
Oh What a World

Going to a Town
Hallelujah (Leonard Cohen cover)
Poses

La Complainte de la Butte (Jean Renoir cover)