Pete Doherty au Bataclan

Pete Doherty en concert au Bataclan le 16 novembre 2016

Difficile d’évoquer le concert de Pete Doherty au Bataclan sans évoquer les commémorations du 13 novembre et l’émotion forcément présente ce soir là. Mais cet article, je ne vais pas le traiter sous cet angle car je ne saurais trouver les bons mots, mais plutôt sous l’angle de la musique. Musique encore et toujours.
C’est donc pour le nouvel album du trublion anglais, son second album en solo pour être plus précise, prévu pour décembre que j’ai rejoins la foule. L’ayant déjà vu plusieurs fois sur scène, en acoustique seul sur scène, ou en électrique avec les libertines, je n’ai pu m’empêcher d’imaginer comment le concert serait.
Par exemple je ne m’attendais pas du tout à le voir accompagné d’un groupe sur la scène du Bataclan. J’imaginais, comme pour son premier album, la simplicité et la sincérité d’un set acoustique magnifiant la fragilité de l’artiste et la poésie de ses textes.
Mais parlons de ce concert, il commence par une minute de silence bien raccourcie pour laisser place à une Marseillaise au violon, rappelant la relation spéciale de Pete Doherty à la France.

Pete Doherty commence par le premier single du nouvel album « I Don’t Love Anyone (but You’re Not Just Anyone) ». Avec plaisir on retrouve un titre de son premier album solo et les fameuses danseuses avec des costumes étranges qui rendent la prestation encore plus décalée que d’habitude, à la limite du grotesque… Puis assez rapidement on passe sur une reprise de The Libertines avec une apparition remarquée et très bien accueillie de Carl Barât. Malgré sa présence, Pete Doherty ne se reconcentre pas sur le concert et semble se reposer complètement sur le groupe l’accompagnant. Il ne touchera pratiquement pas une guitare de la soirée et les rares fois où il le fera on aurait préféré qu’il s’en abstienne… Il passe son temps à jeter micro et guitare dans la foule, que le staff tente de récupérer à chaque fois. Il marmonne en titubant sur la scène des paroles inintelligibles même pour les plus entraînés au phrasé du chanteur. Et pourtant je n’ai pu m’empêcher d’espérer un moment de grâce de l’anglais, ce que j’ai pu avoir l’espace de quelques secondes de temps à autres.
Un concert donc étrange, avec une instrumentalisation trop grandiloquente qui ne correspond ni à la fougue et aux guitares virevoltantes des Libertines ni à la fragilité des compositions de Pete Doherty. On terminera cependant le set sur l’irrévérencieux et cathartique Fuck Forever, choix parfait jouant le rôle d’une délivrance du public.
Pete Doherty au Bataclan en 2016Même si ce concert n’a pas pu faire apprécier les nouveaux titres dans le décousu de la soirée, il aura eu tout de même le mérite de ramener un peu d’insouciance et de joyeux bordel au Bataclan.
En ce qui me concerne, j’attendrais donc la sortie de l’album pour tenter d’apprécier ou non le travail de l’artiste.

Setlist

La Marseillaise
I Don't Love Anyone (But You're Not Just Anyone)
Last of the English Roses
Kolly Kibber
You're My Waterloo (The Libertines)
Up the Bracket (The Libertines)
The Steam
The Whole World Is Our Playground
Oily Boker
Hell to Pay at the Gates Of Heaven
Killamangiro (Babyshambles)
Ride Into the Sun (The Velvet Underground cover)
Flags of the Old Regime

Albion (Babyshambles)
Time for Heroes (The Libertines)
Fuck Forever (Babyshambles)