« Masseduction » St. Vincent

St. Vincent "Masseduction" 2017

Sans surprise, ce mois-ci je vais vous parler d’un des albums que j’attendais le plus cette année, « Masseduction » de St. Vincent. Pour ceux pas familiers avec l’artiste, elle est donc une auteure, compositrice, interprète et guitariste américaine. Elle a officié au sein du groupe pop rock psychédélique Polyphonic Spree, puis dans l’univers de Sufjan Stevens. « Masseduction » est son 6ème album, pour ma part je l’ai découverte avec son album en collaboration avec David Byrne en 2012 « Love this giant » avant de littéralement craquer pour sa musique avec « St. Vincent » en 2014.

Découvrez ci-dessus 2 titres phares du nouvel album, avec « New York » et « Los Ageless » en acoustique et en prime une reprise de The Clash « London Calling ».
Avec le nouvel album, comme pour le précédent, l’artwork donne déjà le ton. À la différence qu’en 2017, St. Vincent ou Annie Clark de son vrai nom, n’a plus besoin de se montrer. Sa personnalité et sa patte artistique transparaissent dans son oeuvre en intégralité et c’est un sacré tour de force. On retrouve évidemment cette voix complètement maîtrisée qui va jusqu’à explorer de nouveaux horizons notamment sur le titre de clôture « Smoking Section ». Et j’admire tout autant sa performance à la guitare et il faut bien avouer que c’est assez classe d’avoir sa propre guitare la « Music Man St Vincent Signature » mise à jour avec les couleurs du dernier album.
Vous l’aurez compris l’univers de St. Vincent est riche et haut en couleur. Elle assure tout de même un parfait équilibre avec quelques morceaux plus doux comme le sublime « New York » ou encore le titre « Happy Birthday, Johnny » avec un extrait ci-dessous.

Only you know the secrets, the swamp, and the fear
What happened to blood, our family?
Annie, how could you do this to me?
Of course, I blame me
When you get free, Johnny
I hope you find peace

Impossible de rester insensible à ces paroles…
Pour revenir sur « New York » sans m’étendre sur la qualité de la chanson en elle-même qui a rejoint mon top de chansons préférées, le parti pris artistique est époustouflant, étonnant et dérangeant parfois. La recherche sur les couleurs, les tableaux qui se succèdent sont fascinants.

Mais la prouesse ne s’arrête pas là. Car « Los Ageless » par un jeu de mots malin propose une belle critique de son univers, en allant même plus loin dans l’aspect dérangeant ce qui est cohérent avec ce titre plus caustique. Tout l’album d’ailleurs est une critique envers l’univers du spectacle, de la représentation, de la presse bref de l’image qu’un artiste donne. C’est pourquoi St. Vincent dans sa communication ou dans sa performance scénique se transforme en control freak pour appuyez son propos. Et comme je le partage dans l’article sur le concert donné mi-novembre, à trop vouloir contrôlé/critiqué on en perd la spontanéité. Et c’est ce qui arrive parfois sur cet album avec quelques petits égarements comme le très fade « Pills ».
Mais encore une fois, c’est une phase qui est une vraie démonstration de force et qui prouve que St. Vincent a encore beaucoup à offrir à son public.
Au final cet album est parfaitement abouti dans son concept et promène l’auditeur dans l’univers que nous impose l’artiste St. Vincent.