Le retour des poètes d’Albion, The Libertines @ Hyde Park

The Libertines Hyde Park British Summer Festival 2014

Suite à l’annonce du retour de The Libertines, et à l’acquisition du précieux sésame, je suis partie en expédition londonienne au British Summer Time à Hyde Park afin de flirter avec les deux poètes maudits du rock anglais, Pete Doherty et Carl Barât.

Mon premier festival anglais

C’était mon premier festival à l’étranger et pour le prix modeste de 55 livres sterling la journée (notez l’ironie), vous pourrez tenter d’écouter les groupes confortablement installé dans la poubelle géante qu e l’on appelle communément Hyde Park.
Les Anglais apparemment ne connaissent pas les Eco Cup, ces verres en plastiques que vous gardez durant toute la durée du festival pour limiter les déchets, et qui font de chouettes souvenirs aussi (je garde précieusement ma modeste collection). Sans parler des poubelles normales d’ailleurs, qui sont carrément inexistantes sur le site.
J’étais équipée de l’application du festival qui n’est pas d’une grande utilité, tout comme le pass premium remis pour remercier les premiers arrivés mais qui en fait vous place derrière la première fosse de la main stage.Hyde Park British Summer Time Festival 2014Arrivée sur le site, première mission : repérer les différentes scènes afin d’optimiser les déplacements entre chaque artistes. Et là qu’elle ne fut pas mon étonnement lorsqu’après avoir fait le tour, j’en comptais seulement 2, la Main Stage et ses arbres et une toute petite scène sous forme de kiosque appelée la Summer Stage. Je persiste pour trouver The Barclaycard Theatre car je ne veux pas rater Graham Coxon, malheureusement il s’agit d’une salle fermée où il est impossible d’accéder tant qu’il n’y a pas des personnes qui sortent. Autant vous dire que j’ai pas payé ma place pour faire la queue toute l’après-midi… Les autres scènes j’ai abandonné, ne trouvant aucune info/panneau pour m’indiquer les emplacements. Du coup mon choix de programmation est beaucoup plus simple, la Main Stage et puis c’est tout.

J’ai vraiment été déçue des stands sur place, en faisant rapidement le tour, on trouve des stands de bouffe et de goodies, et vous aurez le droit à du Wifi à 3 livres sterling la journée, en gros la mission du festival c’est de faire du bon bénéfice et pour ça je pense que ça marche !

Le line up

Le public a bien été gâté en ce samedi avec une jolie brochette d’artistes et bien que la météo fut menaçante, la pluie est restée très timide et nous a permis d’avoir de bonnes conditions. À côté de ça, le son, pour tous les concerts mis à part The Libertines, était vraiment mauvais. On entendait à peine les voix, surtout pour le leader de Maxïmo Park, Paul Smith. Ce qui est d’autant plus dommage qu’il était déchaîné et a mis une super ambiance.
J’oublierais assez rapidement les prestations de Lois & the love, qui n’était pas du tout de mon goût et dont la chanteuse avait apparemment un problème de voix et celle de The last Internationale qui ne révolutionne pas le genre.
The Last Internationale  The Enemy  Maxïmo Park  The PoguesCette journée aura été une très bonne occasion pour voir The Enemy dans un rock classique très efficace et Maxïmo Park.
Pour finir, bien que the Pogues soit un groupe incontournable de folk irlandaise, j’ai beaucoup de mal à prendre mon pied en regardant un ivrogne/mort-vivant sur scène. Shane MacGowan aura plus gâché la prestation du groupe qui, elle, était brillante et particulièrement sympathique.

The Libertines

Les gars de la sécurité s’activent à côtés des barrières, tandis qu’il ne reste plus un seul espace libre dans la fosse. Les photographes refont leur apparition et une projection des Libertines apparaît, faisant monter un peu plus l’excitation des fans… Après quelques minutes d’attente, le groupe arrive sur scène et là… souffle coupé, non pas par l’arrivée des 4 lads, mais par le mouvement de foule qui nous écrase contre les barrières de sécurité jusqu’à faire venir un technicien en resserrer les vis…

Dans les minutes qui suivent des dizaines de personnes se font évacuer, les gars de la sécurité courent partout.

Devant l’agitation et les problèmes de sécurité, The Libertines s’interrompt afin de faire redescendre la pression et rappellera à l’ordre la foule plusieurs fois durant le show. Certains soucis de sécurité auraient pu être réduits si la première fosse avait été fermée afin de limiter le nombre de personnes. Au lieu de ça les fans continuaient d’arriver par la gauche et de pousser vers la droite éjectant les personnes arrivées plus tôt… Pour ma part, j’aime quand il y a de l’énergie à un concert, quand ça bouscule et d’autant plus pour The Libertines qui véhiculent une image sans compromis, comme si c’était notre dernière soirée à vivre ! Les sentiments sont exacerbés, les fans à cran devant l’attente de ce groupe mythique. The Libertines BST Festival 2014 Hyde ParkJ’ai passé littéralement la moitié du show à sortir les fans blessés et à éviter de tomber, merci aux monticules de détritus jonchant le sol et rendant l’expérience un peu plus dangereuse.
Heureusement à partir de la moitié, les mouvements de foule sont devenus plus gérables et m’ont permis de réaliser qu’un des groupes les plus puissants était sur scène devant mes yeux. C’est peut-être la fan qui parle, mais la symbiose entre Carl Barât et Pete Doherty était là, ambiguë et irrésistible, partageant le même souffle et le même micro. La magie opère avec ces 4 garçons comme si c’était hier ! Les solos de guitares fusaient, Pete était présent physiquement et mentalement et cette cohésion a porté le show très haut ce soir-là. L’énergie de ce Garage Rock a emplit Hyde Park, et y a laissé certainement quelques traces…
J’ai retrouvé avec émotion les mélodies déchaînées, les références poétiques au mythe d’Albion et la recherche de l’Arcadie. Pete Doherty et Carl Barât incarnent à merveille l’esprit de cette Angleterre désargentée et tout en contradictions.

La réunion de ces 4 garçons qui s’aiment autant qu’ils se détestent fut un grand moment, et cette nuit là ils étaient main dans la main pour faire honneur à leur musique et aux fans présents.
Il est probable que la setlist fut écourtée, et si la foule espéra pendant quelques minutes un rappel, il n’en fut rien sûrement dû aux contraintes de timing et de réglementation en ville. En conclusion, ce concert fut un des pires et un des meilleurs auquel j’ai assisté, c’est pourquoi je vous donne rendez-vous le 30 septembre pour leur retour en France au Zénith de Paris !

Setlist

Vertigo
Boys in the Band (arrêt)
The Delaney
Campaign of Hate
Time for Heroes (arrêt)
Horrorshow
Begging
The Ha Ha Wall
Music When the Lights Go Out
What Katie Did
The Boy Looked at Johnny
Can't Stand Me Now
Last Post on the Bugle
Love on the Dole
The Saga
Death on the Stairs
Radio America
Don't Look Back Into the Sun
Tell the King
Up the Bracket
What a Waster
France
Albion (Babyshambles cover)
I Get Along