Damon Albarn, la maturité musicale @ Festival Days Off

Damon Albarn au Festival Days Off, le 9 juillet 2014 Salle Pleyel

L’homme aux multiples facettes musicales revient cette année avec un premier album solo dont je vous ai déjà dis tout le bien que j’en pense, je ne pouvais donc pas rater son passage au Festival Days Off !
Pour l’occasion, Damon Albarn a investi la Salle Pleyel, espace conçu spécifiquement pour la musique symphonique dit-on. Elle est gérée par la Cité de la Musique depuis 2006 et appartient à celle-ci depuis 2009. C’est donc assez exceptionnel de voir un artiste de pop britannique se produire dans une salle pareille, et mes oreilles s’en souviendront longtemps !
Jamais je n’ai eu la chance d’avoir une qualité de son similaire lors d’un autre concert. En me renseignant un peu, il paraît qu’avec la construction de la Philarmonie de Paris, les concerts classiques ne seront plus destinés à la Salle Pleyel qui se verra plutôt confier des projets de musiques populaires. Donc on peut espérer profiter de l’acoustique de l’endroit plus souvent à l’avenir.

L’ambiance lumineuse du concert, fut subtile et bien utilisée afin de servir au mieux les morceaux.
Si je passe autant de lignes à parler de la Salle Pleyel, c’est que le concert en lui-même était tout simplement parfait.

Damon Albarn est épanoui dans ses 46 ans, et a pris un réel plaisir à être sur scène, ce qui ne semblait pas être le cas aux débuts de Blur par exemple.
Lui et ses musiciens ont introduit la soirée par une petite danse aussi inattendue que bienvenue pour enchaîner sur un de mes morceaux préférés de son album solo, « Lonely Press Play ». Si je dois faire un seul reproche à la soirée, c’est le placement de cette chanson en ouverture de concert, ce qui n’a pas mis en valeur toute la beauté des paroles et de la mélodie, mais je chipote… vraiment.
À ma grande surprise, j’ai passé les trois quarts du temps debout à l’invitation de Damon Albarn, qui a proposé une setlist éclectique à l’image de sa carrière. On alternait entre Gorillaz, le supergroupe The Good, the Bad & the Queen qu’il a formé avec Paul Simonon de The Clash, Simon Tong de The Verve et Tony Allen ou bien encore son autre projet Rocket Juice & the Moon regroupant Flea des Red Hot Chili Peppers et encore Tony Allen. Les titres de « Everyday Robots » se retrouvaient tout au long de la soirée tandis que la fin du spectacle  fit honneur à trois morceaux de Blur pour notre plus grand plaisir.

Damon Albarn le 09 juillet 2014, Festival Days Off, Salle Pleyel
Comme si tout cela ne suffisait pas, Damon Albarn a alterné avec légèreté entre piano, guitares sèche et électrique ou bien le melodica qui a enflammé la foule sur « Clint Eastwood ».
Il s’est posé comme un véritable chef d’orchestre avec son groupe, guidant les choristes pour faire vivre chaque chanson et en invitant M.anifest, rappeur et songwriter originaire du Ghana qui collabora sur Rocket Juice & the Moon.
Nous avons eu droit à de beaux moments de complicité avec quelques mots de français, son anecdote sur la boutique à Palais Royal ou bien le moment où le tambourin brisa la concentration de l’artiste, le forçant à recommencer le titre, tel le perfectionniste qu’il doit être.
Il était difficile de retenir l’émotion sur « Out of time » ou « The history of a cheating heart », heureusement la conclusion qu’a amené « Mr. Tembo » nous a replacé sur des notes plus innocentes

Bref on n’a pas besoin d’être un incollable sur la carrière de Damon Albarn pour apprécier ses concerts, les arrangements des chansons ont été très bien revus pour la scène, et le rythme et la montée en puissance de la soirée savamment dosés.
Damon Albarn n’a plus rien à prouver et se pose comme un artiste aux milles influences qui aura marqué son époque et les générations futures de musiciens.

Setlist

Lonely Press Play
Everyday Robots
Tomorrow Comes Today (Gorillaz)
Slow Country (Gorillaz)
Kids With Guns (Gorillaz)
Three Changes (The Good, the Bad & the Queen song)
Hostiles
Photographs (You Are Taking Now)
Kingdom of Doom (The Good, the Bad & the Queen song)
You and Me
Dam(n) (Rocket Juice & the Moon with M.anifest)
Poison (Rocket Juice & the Moon)
Hollow Ponds
El Mañana (Gorillaz)
The History of a Cheating Heart
Out of Time (Blur)
All Your Life (Blur)

Strange News from Another Star (Blur)
Clint Eastwood (Gorillaz with M.anifest)
Mr. Tembo
Don't Get Lost In Heaven (Gorillaz)
Heavy Seas of Love

  • Pierreblabla

    J’étais au concert de EELS le lendemain, c’était bien sympa également !