Tahiti 80 @ Café de la Danse

Tahiti 80 au Festival Clap Your Hands au Café de la Danse le 28 avril 2015

En fin d’année dernière, je vous ai présenté le dernier album des français Tahiti 80 intitulé « Ballroom », qui porte très bien son nom tant il donne envie de danser au rythme des tubes qui composent l’album… Ce bijou indie pop qui flirte avec l’éléctro a été un de mes gros coups de coeur de l’année et je continue à l’écouter régulièrement.

"Ballroom" de Tahiti 80 2014Cet album fait partie de ceux qui vous donne du baume au coeur et vous font voir la vie avec un nouvel oeil rafraîchissant. Et pourtant ce groupe a été fondé en 1995 et a bien roulé sa bosse avec 6 albums au compteur et une belle reconnaissance aux USA mais surtout au Japon. Ça devient une habitude, ces groupes français reconnus pour leur qualité à l’étranger mais trop peu mis en avant en France (petite pensée pour les débuts de Phoenix et Air…).

Le point positif de ma découverte tardive du groupe, est que j’ai pu savourer la découverte de 5 autres albums ! Bref vous l’aurez compris, j’avais vraiment envie de les voir sur scène, à l’arrivée du printemps « Ballroom » est presque une célébration ! Grâce à l’invitation du Café de la Danse, j’étais donc au festival Clap Your Hands en ce mardi 28 avril 2015.

Un festival est toujours l’occasion de découvrir des formations montantes et ce soir-là, c’est Le A et Shorebilly, ce dernier n’étant pas vraiment une étoile montante. En effet c’est le projet solo d’un des membres de Syd Matters, un groupe que j’écoutais durant mes études… houla !
Si le premier groupe a un univers assez éloigné du son de Tahiti 80, le projet de l’évadé de Syd Matters Rémi Alexandre, est étonnant et sympathique ce qui laisse entrevoir des compositions prometteuses.
Mais venons-en à nos 5 garçons de Rouen de retour à Paris pour porter leur album sur la scène du Café de la Danse.

La salle est bien remplie et le public connaisseur, moi, je trépigne d’impatience pendant le changement de scène.
Le groupe débutera le concert avec « Made First (Never Forget) », le titre est un peu faible pour un lancement de soirée. Ils enchaînent avec « Come around » à la mélodie assez festive, un de mes titres préférés hors dernier album. Mais là rien ne se passe, le son est plat, le rythme traîne, les voix manquent d’assurance… La foule ne bouge pas et écoute, tandis que j’attends le refrain pour voir si l’ambiance monte un peu. Le groupe est généreux, faisant défiler toute leur discographie dans un timing de festival, ce qui laisse peu de place à l’échange avec son public et moi j’attends toujours que la soirée commence…
Tahiti 80 Festival Clap Your Hands 2015 Café de la Danse
Je n’ai pas compris ce qui s’est passé, mais on aurait dit que les chansons ont toutes été ramollies pour le concert. Quand il m’est arrivé de douter du rendu d’un album sur scène à cause d’une production très lisse comme avec The Drums, j’avais été emballée par la prestation car les morceaux avaient été arrangés pour la scène avec plus de puissance au niveau des guitares pour flirter vers le rock et dynamiser le tout. Ici c’est l’effet inverse, je ne doutais pas une seconde de l’ambiance du concert ou du rendu des chansons, mais l’interprétation a manqué de force et d’énergie. C’est vrai que le dernier album a pas mal d’effets que je n’ai pas retrouvé en live… la faute à une production d’album trop lourde ?

C’est peu après la moitié du concert avec « Soul Deep », que les garçons se sont déridés et amusés sur scène pour atteindre une énergie de concert « normal ». J’ai pu apprécié des titres comme « Coldest Summer » et l’irrésistible « Crush! » qui démangea les mollets de la foule. Au final le concert s’est terminé alors que l’ambiance commençait à être top… dommage.
Etaient-ils fatigués ? Peu motivés par une reconnaissance encore trop timide en France ?
Ce que je sais, c’est que ça ne m’arrêtera pas de danser sur leur album chez moi !

Setlist

Made first (Never forget)
Come around
Yellow Butterfly
Missing
A love from outer space
Gate 33
Kounty Volks
Seven seas
The God of the H
Love by numbers
Easy
All around
Soul deep
T.D.K.
Roberr
Big day
1.000 Times
Coldest summer
Crush!

Heartbeat

Django Django @ L’Album de la Semaine

Album de la Semaine Canal Plus

Aujourd’hui je vais vous parler d’un groupe de rock psychédélique britannique Django Django.
Ils étaient à l’Album de la Semaine pour présenter leur second album « Born Under Saturn » à paraître le 4 mai prochain.

Je vous invite à découvrir le 1er single phare de ce nouvel album « First Light » qui est la chanson qui est la plus radiophonique de l’album que nous offrent ces 4 lads.
Django Django "Born Under Saturn" 2015En tout cas pour avoir assisté à pas mal de tournages d’émissions de l’Album de la Semaine, Django Django est un des rares groupes à avoir su mettre une vraie ambiance sur le plateau ! Ces 4 garçons sont sympathiques, échangent d’instruments sur les chansons et montrent une vraie symbiose en concert. Le mariage des deux voix masculines marchent à merveille, même si j’aurais aimé un usage plus modéré de l’effet de reverb, qui en devient à certains moments, caricatural.
Leur second album semble plus facile d’accès que leur premier opus, mais cela reste à confirmer avec une écoute des pistes studio. Le groupe reste fidèle à ses envolées musicales barrées, et c’est un de leur plus bel atout ! Cela peut déstabiliser à la première écoute, mais on se laisse vite apprivoiser par leurs arrangements riches et pleins de surprises.

Bref « Born Under Saturn » est sans conteste, un des albums à suivre de l’année, et on se donne rendez-vous en mai pour le verdict !
Pour ceux qui regrettent de ne pas les avoir vu en concert, rassurez-vous ils seront au Festival We Love Green le samedi 30 mai 2015.

Setlist

First light
Beginning to fade
Pause Repeat
Reflections
WOR
Silver Rays

Ty Segall @ L’Album de la Semaine

Album de la Semaine Canal Plus

Ty Segall est un artiste difficile à suivre tant il compte à son actif un nombre étonnant d’albums solos, side projects et divers groupes.
Je ne me risquerais donc pas à essayer de définir le personnage au risque de réduire son apport artistique et même si je n’adhère pas à toutes ses oeuvres, il est bien difficile de ne pas y trouver son compte à un moment donné.
Ty Segall "Manipulator"En tout cas en ce lundi soir frileux, le public a largement répondu présent, et c’était dans une ambiance festive que le show fut lancé.
Le groupe fut introduit non pas par la traditionnelle caméra de Canal + qui les suit depuis les backstages jusque sur le plateau mais plutôt par un Mr Loyal costume et tout ce qui va avec qui nous présentera The Manipulators.
Le ton est donné, délire et avalanche de rock son au programme…
Ty Segall nous a offert des chansons dans un rock on ne peut plus classique, mais ça fonctionne et c’est l’important. Et pourtant le ton reste étonnamment sage durant cette soirée, Ty Segall s’avère assez timide et se tortille uniquement pour sa guitare à laquelle il accorde toute son importance. Quelques titres plus tard il prendra son envol et fera naître une jolie complicité avec le public, dommage que la soirée soit trop courte pour dévoiler tout son potentiel.

Il est certain que le concert donné le lendemain soir à la Cigale lui aura permis de marquer les esprits !

Setlist

Manipulator
The Connection Man
Tall man skinny lady
Feel
The Faker
Green Belly
The Crawler
The Feels

The Libertines 2014, un horror show délavé

The Libertines Zénith de Paris 2014

On se souvient tous de The Libertines qui retourna nos oreilles en 2002 avec ses guitares virevoltantes. Le groupe a eu une carrière fugace mais précieuse pour le rock anglais, qui influence encore les groupes d’aujourd’hui.
C’est l’emblème de cette jeunesse qui se sent complètement décalée par rapport à la société dans laquelle elle doit se confiner, un cri de révolte déchirant et terriblement romantique. Mais douze ans après on peut se poser la question si la recette fonctionne toujours, le public évolue et les individus formant The Libertines aussi.

Si le show à Hyde Park fut mémorable, j’ai pu le vivre directement dans la foule et laisser mon coeur de fan prendre le dessus ce soir là. Bien que je pense que ce fut réellement une bonne prestation. Mais ce Mardi 30 septembre ne peut être qualifié de succès ou rassurant quant à l’avenir du groupe.

Bien que les 3 premières parties anecdotiques aurait pu entamer le moral du public, il n’en était rien. J’étais sagement installée au premier rang sur le côté gauche pour avoir un peu de recul tant au sens propre qu’au figuré. L’arrivée à 21H30 passée de John Hassal, Gary Powell, Pete Doherty et Carl Barât réveilla l’ardeur des fans et le show commença sur les chapeaux de roue égrenant les classiques du groupe pour le plus grand plaisir du public. J’ai pu retrouver le jeu de guitares que j’affectionne tant et qui me transporte à chaque écoute.
J’ai également apprécié le moment d’intimité que Carl Barât et Pete Doherty se sont octroyés sur scène chacun leur tour.

Mais avec un peu plus de recul et une tournée déjà bien entamée de leur côté, les masques tombent et l’on découvre un Carl Barât arrangeant, faisant bien attention d’aller flirter au micro de Pete Doherty comme l’attende tous les fans. En gros le message c’est « Regardez, on est bien réconciliés » et ça en est tellement évident que ça manque de naturel et de sincérité. Ensuite si le groupe a très bien su s’adresser à la foule de Hyde Park, ce soir là il n’y a eu aucun échange avec son public et après une telle attente c’est quand même un comble ! Un petit « Bonsoir paris » par là, quelques petits mots par ci, mais pas de réel regard. Je n’ai pas vu ce moment où l’artiste scrute la salle et prend conscience du moment, l’harmonie et la communion d’un concert.
Je ne dis pas que je n’ai pas été émue à certains passages mais c’est resté isolé. Enfin au court de la soirée, on a vite sentit la tension et le rythme retomber pour clôturer sur un final saboté par Pete Doherty. Celui-ci semble bien imbibé à cette heure et après avoir abandonné sa guitare, se jette sur le dos de Carl Barât pour finir par s’écrouler ensemble sur la batterie de Gary Powell à l’air consterné. Pendant plusieurs minutes on a pu regarder Carl Barât parler ou essayer de raisonner (je ne peux que extrapoler ici) son compère étalé sous lui pour finalement le relever par la veste et lui céder sa guitare.
Comme un gentil garçon, Pete Doherty finira le morceau à la guitare tandis que Carl Barât tentera de chanter dessus.
Une fin de soirée assez minable il faut le dire, et qui est symptomatique des Libertines. On sent toute l’ironie des titres « What a waster » et « What became of the likely lads » après cette soirée.
Alors si les deux compères nous assurent à tour de rôle durant le show, qu’ils reviendront avec des nouvelles chansons, j’attends de voir la limite de patience des 3 compères pour babysitter Pete Doherty…

Setlist

We'll Meet Again
The Delaney
Campaign of Hate
Vertigo
Time for Heroes
Horror Show
Begging
The Ha Ha Wall
The Ballad Of Grimaldi (Carl acoustic solo)
Music When the Lights Go Out
What Katie Did
The Boy Looked at Johnny
Boys in the Band
Can't Stand Me Now
Last Post on the Bugle
Don't Look Back Into the Sun
The Saga
Death on the Stairs
Tell the King
The Good Old Days
Fuck Forever
(Babyshambles cover) (Pete Solo, followed by Don't Be Shy snippet)

What became of the likely lads
Up the Bracket
What a Waster
I Get Along

Baxter Dury @ l’Album de la Semaine

Album de la Semaine Canal Plus

J’ai découvert Baxter Dury avec « Palm trees » assez tard donc, car il s’agit d’un single de son dernier album « It’s a pleasure » pour lequel il a été invité à l’Album de la Semaine.
J’avoue être tombée sous le charme de ce premier titre, et j’ai accroché au clip de « Pleasure » et ses sonorités synth-pop qui accompagnent des textes poétiques et sophistiqués. Autant vous dire que ce sont les 2 titres où l’on peut dire que Baxter Dury chante…
Et malheureusement je n’ai jamais apprécié les chanteurs-parleurs. Car pour moi Baxter Dury ne chante pas non, il énonce son texte, avec un duo de filles qui font des « La-la » en arrière-plan. Les fans de Serge Gainsbourg s’y retrouveront sûrement.

Baxter Dury "Pleasure"Le ton est donné, il n’en faut pas beaucoup pour deviner que j’ai été très déçue par ce concert, où je me suis ennuyée. Le bon côté des choses, c’est que la majorité des chansons sont courtes donc c’est passé relativement rapidement.
C’est bien dommage car le personnage est terriblement sympathique il faut bien l’admettre. Même si ce dernier arbore une attitude détachée de sa musique, notamment quand la guitare et la basse ont leur moment de gloire sur l’un des titres. J’ai l’impression d’avoir été témoin d’une occasion manquée, avec pleins de bonnes idées mélodiques, jamais soutenues par un chant las et monotone.
Je vais me reporter malgré tout sur l’album et faire ma sélection des quelques titres efficaces.

Setlist

Pleasure
Palms tree
Claire
Police
Lips
Whispered
Trellic

Francis Lung éclaire aux bougies l’Espace B

Francis Lung à l'Espace B, le 28 Juillet 2014

Après avoir participé aux aventures de Wu Lyf et de Los Porcos, Tom McLung vole de ses propres ailes dans son nouveau projet « Francis Lung ».
C’est avec étonnement que l’on retrouve une silhouette frêle, presque recroquevillée sur elle-même, qui tendra à s’épanouir tout au long de la soirée à travers chacun des morceaux. Francis Lung c’est une sensibilité à fleur de peau, peut-être un peu trop pour ces débuts mais on lui pardonnera tellement cet homme est généreux et se dévoile sous la lumière vacillante des bougies.

L’ambiance tranchera fortement avec une première partie étonnante et ébouriffante « Princesse » qui assume son style avec classe.

Mais pour revenir à l’homme de la soirée, Francis Lung entouré de ses musiciens reste timide ce qui altère sa performance. Si le single « Selfish Man » brille par sa sophistication et son aboutissement on ne pourra pas en dire autant de tous les titres joués à l’Espace B. J’ai eu le sentiment d’écouter des démos brouillonnes dont on sent le potentiel mais qu’il faut encore sculpter et affiner pour atteindre le même niveau.
La reprise de John Lennon « Jealous Guy » trouve particulièrement bien sa place dans cette soirée…
Enfin, on sent que Tom McLung n’est pas encore tout à fait à l’aise dans son nouveau rôle de chanteur, meilleur dans les chants puissants que murmurés où sa voix perd de son assurance. Quelques concerts de plus et cette maîtrise se peaufinera également à mon avis.
C’est avec un grand intérêt que je vais suivre l’actualité de cet artiste prometteur…

Setlist

Invisible
Back one day
Age limits
Som. Blue (Tom)
Oh my love
Som. Black
A Selfish man
Dance for sorrow
You know

Damon Albarn, la maturité musicale @ Festival Days Off

Damon Albarn au Festival Days Off, le 9 juillet 2014 Salle Pleyel

L’homme aux multiples facettes musicales revient cette année avec un premier album solo dont je vous ai déjà dis tout le bien que j’en pense, je ne pouvais donc pas rater son passage au Festival Days Off !
Pour l’occasion, Damon Albarn a investi la Salle Pleyel, espace conçu spécifiquement pour la musique symphonique dit-on. Elle est gérée par la Cité de la Musique depuis 2006 et appartient à celle-ci depuis 2009. C’est donc assez exceptionnel de voir un artiste de pop britannique se produire dans une salle pareille, et mes oreilles s’en souviendront longtemps !
Jamais je n’ai eu la chance d’avoir une qualité de son similaire lors d’un autre concert. En me renseignant un peu, il paraît qu’avec la construction de la Philarmonie de Paris, les concerts classiques ne seront plus destinés à la Salle Pleyel qui se verra plutôt confier des projets de musiques populaires. Donc on peut espérer profiter de l’acoustique de l’endroit plus souvent à l’avenir.

L’ambiance lumineuse du concert, fut subtile et bien utilisée afin de servir au mieux les morceaux.
Si je passe autant de lignes à parler de la Salle Pleyel, c’est que le concert en lui-même était tout simplement parfait.

Damon Albarn est épanoui dans ses 46 ans, et a pris un réel plaisir à être sur scène, ce qui ne semblait pas être le cas aux débuts de Blur par exemple.
Lui et ses musiciens ont introduit la soirée par une petite danse aussi inattendue que bienvenue pour enchaîner sur un de mes morceaux préférés de son album solo, « Lonely Press Play ». Si je dois faire un seul reproche à la soirée, c’est le placement de cette chanson en ouverture de concert, ce qui n’a pas mis en valeur toute la beauté des paroles et de la mélodie, mais je chipote… vraiment.
À ma grande surprise, j’ai passé les trois quarts du temps debout à l’invitation de Damon Albarn, qui a proposé une setlist éclectique à l’image de sa carrière. On alternait entre Gorillaz, le supergroupe The Good, the Bad & the Queen qu’il a formé avec Paul Simonon de The Clash, Simon Tong de The Verve et Tony Allen ou bien encore son autre projet Rocket Juice & the Moon regroupant Flea des Red Hot Chili Peppers et encore Tony Allen. Les titres de « Everyday Robots » se retrouvaient tout au long de la soirée tandis que la fin du spectacle  fit honneur à trois morceaux de Blur pour notre plus grand plaisir.

Damon Albarn le 09 juillet 2014, Festival Days Off, Salle Pleyel
Comme si tout cela ne suffisait pas, Damon Albarn a alterné avec légèreté entre piano, guitares sèche et électrique ou bien le melodica qui a enflammé la foule sur « Clint Eastwood ».
Il s’est posé comme un véritable chef d’orchestre avec son groupe, guidant les choristes pour faire vivre chaque chanson et en invitant M.anifest, rappeur et songwriter originaire du Ghana qui collabora sur Rocket Juice & the Moon.
Nous avons eu droit à de beaux moments de complicité avec quelques mots de français, son anecdote sur la boutique à Palais Royal ou bien le moment où le tambourin brisa la concentration de l’artiste, le forçant à recommencer le titre, tel le perfectionniste qu’il doit être.
Il était difficile de retenir l’émotion sur « Out of time » ou « The history of a cheating heart », heureusement la conclusion qu’a amené « Mr. Tembo » nous a replacé sur des notes plus innocentes

Bref on n’a pas besoin d’être un incollable sur la carrière de Damon Albarn pour apprécier ses concerts, les arrangements des chansons ont été très bien revus pour la scène, et le rythme et la montée en puissance de la soirée savamment dosés.
Damon Albarn n’a plus rien à prouver et se pose comme un artiste aux milles influences qui aura marqué son époque et les générations futures de musiciens.

Setlist

Lonely Press Play
Everyday Robots
Tomorrow Comes Today (Gorillaz)
Slow Country (Gorillaz)
Kids With Guns (Gorillaz)
Three Changes (The Good, the Bad & the Queen song)
Hostiles
Photographs (You Are Taking Now)
Kingdom of Doom (The Good, the Bad & the Queen song)
You and Me
Dam(n) (Rocket Juice & the Moon with M.anifest)
Poison (Rocket Juice & the Moon)
Hollow Ponds
El Mañana (Gorillaz)
The History of a Cheating Heart
Out of Time (Blur)
All Your Life (Blur)

Strange News from Another Star (Blur)
Clint Eastwood (Gorillaz with M.anifest)
Mr. Tembo
Don't Get Lost In Heaven (Gorillaz)
Heavy Seas of Love

Le retour des poètes d’Albion, The Libertines @ Hyde Park

The Libertines Hyde Park British Summer Festival 2014

Suite à l’annonce du retour de The Libertines, et à l’acquisition du précieux sésame, je suis partie en expédition londonienne au British Summer Time à Hyde Park afin de flirter avec les deux poètes maudits du rock anglais, Pete Doherty et Carl Barât.

Mon premier festival anglais

C’était mon premier festival à l’étranger et pour le prix modeste de 55 livres sterling la journée (notez l’ironie), vous pourrez tenter d’écouter les groupes confortablement installé dans la poubelle géante qu e l’on appelle communément Hyde Park.
Les Anglais apparemment ne connaissent pas les Eco Cup, ces verres en plastiques que vous gardez durant toute la durée du festival pour limiter les déchets, et qui font de chouettes souvenirs aussi (je garde précieusement ma modeste collection). Sans parler des poubelles normales d’ailleurs, qui sont carrément inexistantes sur le site.
J’étais équipée de l’application du festival qui n’est pas d’une grande utilité, tout comme le pass premium remis pour remercier les premiers arrivés mais qui en fait vous place derrière la première fosse de la main stage.Hyde Park British Summer Time Festival 2014Arrivée sur le site, première mission : repérer les différentes scènes afin d’optimiser les déplacements entre chaque artistes. Et là qu’elle ne fut pas mon étonnement lorsqu’après avoir fait le tour, j’en comptais seulement 2, la Main Stage et ses arbres et une toute petite scène sous forme de kiosque appelée la Summer Stage. Je persiste pour trouver The Barclaycard Theatre car je ne veux pas rater Graham Coxon, malheureusement il s’agit d’une salle fermée où il est impossible d’accéder tant qu’il n’y a pas des personnes qui sortent. Autant vous dire que j’ai pas payé ma place pour faire la queue toute l’après-midi… Les autres scènes j’ai abandonné, ne trouvant aucune info/panneau pour m’indiquer les emplacements. Du coup mon choix de programmation est beaucoup plus simple, la Main Stage et puis c’est tout.

J’ai vraiment été déçue des stands sur place, en faisant rapidement le tour, on trouve des stands de bouffe et de goodies, et vous aurez le droit à du Wifi à 3 livres sterling la journée, en gros la mission du festival c’est de faire du bon bénéfice et pour ça je pense que ça marche !

Le line up

Le public a bien été gâté en ce samedi avec une jolie brochette d’artistes et bien que la météo fut menaçante, la pluie est restée très timide et nous a permis d’avoir de bonnes conditions. À côté de ça, le son, pour tous les concerts mis à part The Libertines, était vraiment mauvais. On entendait à peine les voix, surtout pour le leader de Maxïmo Park, Paul Smith. Ce qui est d’autant plus dommage qu’il était déchaîné et a mis une super ambiance.
J’oublierais assez rapidement les prestations de Lois & the love, qui n’était pas du tout de mon goût et dont la chanteuse avait apparemment un problème de voix et celle de The last Internationale qui ne révolutionne pas le genre.
The Last Internationale  The Enemy  Maxïmo Park  The PoguesCette journée aura été une très bonne occasion pour voir The Enemy dans un rock classique très efficace et Maxïmo Park.
Pour finir, bien que the Pogues soit un groupe incontournable de folk irlandaise, j’ai beaucoup de mal à prendre mon pied en regardant un ivrogne/mort-vivant sur scène. Shane MacGowan aura plus gâché la prestation du groupe qui, elle, était brillante et particulièrement sympathique.

The Libertines

Les gars de la sécurité s’activent à côtés des barrières, tandis qu’il ne reste plus un seul espace libre dans la fosse. Les photographes refont leur apparition et une projection des Libertines apparaît, faisant monter un peu plus l’excitation des fans… Après quelques minutes d’attente, le groupe arrive sur scène et là… souffle coupé, non pas par l’arrivée des 4 lads, mais par le mouvement de foule qui nous écrase contre les barrières de sécurité jusqu’à faire venir un technicien en resserrer les vis…

Dans les minutes qui suivent des dizaines de personnes se font évacuer, les gars de la sécurité courent partout.

Devant l’agitation et les problèmes de sécurité, The Libertines s’interrompt afin de faire redescendre la pression et rappellera à l’ordre la foule plusieurs fois durant le show. Certains soucis de sécurité auraient pu être réduits si la première fosse avait été fermée afin de limiter le nombre de personnes. Au lieu de ça les fans continuaient d’arriver par la gauche et de pousser vers la droite éjectant les personnes arrivées plus tôt… Pour ma part, j’aime quand il y a de l’énergie à un concert, quand ça bouscule et d’autant plus pour The Libertines qui véhiculent une image sans compromis, comme si c’était notre dernière soirée à vivre ! Les sentiments sont exacerbés, les fans à cran devant l’attente de ce groupe mythique. The Libertines BST Festival 2014 Hyde ParkJ’ai passé littéralement la moitié du show à sortir les fans blessés et à éviter de tomber, merci aux monticules de détritus jonchant le sol et rendant l’expérience un peu plus dangereuse.
Heureusement à partir de la moitié, les mouvements de foule sont devenus plus gérables et m’ont permis de réaliser qu’un des groupes les plus puissants était sur scène devant mes yeux. C’est peut-être la fan qui parle, mais la symbiose entre Carl Barât et Pete Doherty était là, ambiguë et irrésistible, partageant le même souffle et le même micro. La magie opère avec ces 4 garçons comme si c’était hier ! Les solos de guitares fusaient, Pete était présent physiquement et mentalement et cette cohésion a porté le show très haut ce soir-là. L’énergie de ce Garage Rock a emplit Hyde Park, et y a laissé certainement quelques traces…
J’ai retrouvé avec émotion les mélodies déchaînées, les références poétiques au mythe d’Albion et la recherche de l’Arcadie. Pete Doherty et Carl Barât incarnent à merveille l’esprit de cette Angleterre désargentée et tout en contradictions.

La réunion de ces 4 garçons qui s’aiment autant qu’ils se détestent fut un grand moment, et cette nuit là ils étaient main dans la main pour faire honneur à leur musique et aux fans présents.
Il est probable que la setlist fut écourtée, et si la foule espéra pendant quelques minutes un rappel, il n’en fut rien sûrement dû aux contraintes de timing et de réglementation en ville. En conclusion, ce concert fut un des pires et un des meilleurs auquel j’ai assisté, c’est pourquoi je vous donne rendez-vous le 30 septembre pour leur retour en France au Zénith de Paris !

Setlist

Vertigo
Boys in the Band (arrêt)
The Delaney
Campaign of Hate
Time for Heroes (arrêt)
Horrorshow
Begging
The Ha Ha Wall
Music When the Lights Go Out
What Katie Did
The Boy Looked at Johnny
Can't Stand Me Now
Last Post on the Bugle
Love on the Dole
The Saga
Death on the Stairs
Radio America
Don't Look Back Into the Sun
Tell the King
Up the Bracket
What a Waster
France
Albion (Babyshambles cover)
I Get Along

Au Revoir Simone @ La Gaîté Lyrique, un air de Brooklyn à Paris

Au Revoir Simone, Gaîté Lyrique 2014

Alors que je ne les connaissais pas il y a quelques mois, obstinée par mon à priori contre les voix féminines, je me retrouve ce soir en face de ces demoiselles.
Et pourtant ces voix éthérées ne m’étaient pas inconnues car elles sont présentes sur l’un des titres de l’album « Le voyage dans la lune » de AIR, un de mes coup de coeur de début 2012.
Ces 3 filles originaires de New York ont balayé d’un album mes doutes. Avec chacune un timbre de voix différent, c’est 3 personnalités se dévoilent sur scène en toute simplicité et évidence. Ce trio fait face au public s’exposant complètement avec une générosité étonnante. Car elles n’en sont plus à leurs débuts, « Move in Spectrums » marque le 4ème essai et confirme leurs qualités. Des mélodies envoûtantes et pop et une insouciance qui rappelle l’univers désenchanté de Sofia Coppola.
La basse et la guitare qui viendront tantôt faire une apparition sur scène sont bienvenues, apportant de l’amplitude et de la variété à la soirée.

Si le cadre de la Gaîté Lyrique n’est pas des plus flatteur niveau son et ambience, j’ai regretté qu’il n’y ait pas de recherche graphique et visuelle plus poussée. Leur musique se prête bien à ce genre de scénographie et j’en attendais un peu plus.

Au final je n’ai pas trouvé le concert à la hauteur de l’album mais la sympathie qui se dégage de ces 3 filles m’encouragent à guetter leur prochain passage dans la capitale pour me faire un second avis.

L’heureuse surprise je l’ai eu avec la première partie et c’est assez rare pour le souligner. C’est par le projet musical The Pictish Trail de l’artiste écossais Johnny Lynch que la soirée fut entamée de la plus belle des manière. Avec une prestation toute en poésie et mélodies principalement à la guitare, l’artiste est aussi un clown truffant le show de mini sketches à l’humour et un second degré irrésistibles.

San Fermin @ l’Album de la Semaine

Album de la Semaine Canal Plus

Je vous avais parlé de San Fermin, lors de l’Album du Mois en fin d’année 2013. C’était un de mes gros coup de coeur 2013.
C’est donc avec grande impatience que j’attendais de voir le groupe se produire sur scène. Mais première surprise, l’interprète féminine a changé, je trouve ça particulièrement étonnant lorsqu’on fait attention à la communication du groupe et du succès de « Sonsick » !

Le groupe s’installe tranquillement et confirme l’impression sympathique que je m’en faisais… à une chose près… Bien que la tête du groupe soit le jeune homme discret caché derrière son synthé, la voix qui porte les paroles et fait face au publique est très importante. Et malheureusement je n’ai pas été convaincue par la nouvelle interprète, ni par le chanteur qui n’a aucun charisme malgré sa voix.
Le problème de balance entre le groupe et les chants n’a pas aidé non plus, ce qui lors de chaque envolée musicale, noyait littéralement les performances vocales."San Fermin" San Fermin 2013Il n’y a aucune alchimie entre ces deux chanteurs et j’avais l’impression de voir d’un côté les musiciens formidables et de l’autre, 2 interprètes posés là.
Le groupe est vraiment super, les mélodies magnifiques, avec une jolie improvisation pendant un problème technique, bref ils savent y faire !
Mais je suis restée sur l’envie de réecouter l’album studio. J’en attendais sûrement trop… Je guetterais tout de même leur passage dans des festivals à l’occasion pour me refaire une idée dans des conditions différentes…

Setlist

Renaissance!
Crueler kind
Casanova
Sonsick
Methuselah
Torero
Parasites
Bar
Oh darling
The count