Une rentrée avec le sourire au Smmmile Festival !

SMMMILE Festival à Paris 2017

En ce week-end aux allures d’Automne, je suis allée me consoler en bonne compagnie au tout récent festival vegan, le Smmmile Festival ce dimanche. Alors que cet évènement en est seulement à sa deuxième édition, il prend déjà possession de La Villette entre foodtrucks, conférences et tables rondes et biensûr ce qui m’intéressait tout particulièrement, les concerts.
La programmation du dimanche était la soirée la plus pop avec un trio inconnu en ce qui me concerne mais très alléchant avec Hyperculte, Requin Chagrin et FM Belfast. Si je ne vais pas souvent au Trabendo, j’apprécie beaucoup la taille de la salle et sa configuration chaleureuse qui permet de voir la scène dans de bonnes conditions.
C’est donc dans une ambiance détendue de dimanche soir que je me suis rendue au Trabendo pour découvrir ces trois groupes.
Hyperculte au Smmmile Festival 2017, Trabendo à ParisLe premier, Hyperculte, n’a pas tardé à faire son arrivée sur scène. Composé de deux membres seulement Simone Aubert et Vincent Bertholet, la première à la batterie et le second à la contrebasse formant un duo vocal étonnant. Une première partie pas forcément très facile d’accès pour entamer la soirée. En effet entre batterie et contrebasse, la rythmique est à l’honneur et même dans le chant pratiqué par les deux protagonistes, cependant la mélodie se fait trop absente. Ici ne vous attendez pas à repartir avec des airs à fredonner. Cependant Hyperculte vaut néanmoins le détour et donne surtout l’envie d’apprivoiser les titres en seconde écoute chez soi.
Requin Chagrin au Smmmile Festival 2017, Trabendo à ParisAprès une courte pause on fait la connaissance de la formation Requin Chagrin. Déjà avec un nom de groupe pareil, difficile de ne pas être conquis ! Et là c’est le gros coup de coeur pour le personnage féminin guidant ces requins chagrins, Marion Brunetto. Non ce n’est pas parce qu’elle porte le même prénom que moi, mais c’est par sa voix que je fus conquise. Celle-ci malheureusement ne ressort pas autant dans les titres disponibles sur Spotify, mais en live clairement elle habite les mots. Le combo voix et guitares virevoltantes vous embarquent rapidement dans l’univers du groupe avec des titres à la saveur agréablement douce amère.

Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Indochine et cette fausse nonchalance, d’ailleurs ils en feront des reprises notamment avec « Les Plus Mauvauses Nuits ». Requin Chagrin est donc une belle découverte, et un groupe à suivre très certainement après leur premier album éponyme paru en 2016.
Et puis on changera radicalement d’ambiance avec le cocktail détonnant et le plus électro de la soirée de FM Belfast. Entre confettis et gesticulations, les islandais ont préparé un vrai show sous forme de joyeux bordel où tout le monde était convié ! Composé de 5 personnes dont 4 trublions et 1 voix féminine. Un joyeux groupe qui va réveiller la foule, gentiment installée dans son confort du dimanche soir, pour transformer le Trabendo en dancefloor.
FM Belfast au Smmmile Festival 2017, Trabendo à ParisLes rythmes sont enjoués, chaque membre y va de sa propre danse et invitant le public à faire de même. Dans toute cette agitation malheureusement les titres ne brillent pas, soit par un manque de concentration ou une interprétation un peu brouillonne. Et on se demande si tout ce temps passé à divertir, ne sert pas à détourner l’attention de leur interprétation un poil faible. C’est d’autant plus dommage sur des reprises originales comme celle de Oasis avec Wonderwall.

Cela n’empêche pas de passer un excellent moment et de faire la fête, après tout on est au Smmmile Festival et ce groupe est parfait dans ce sens. Mais pour apprécier leur musique, je me tournerais de nouveau vers une écoute chez moi. À la fin du concert on se dit que oui le groupe est complètement barré et ne se prend pas au sérieux, et ça c’est vraiment rafraîchissant.
Une belle soirée de clôture donc pour ce Smmmile Festival qui va sûrement s’inscrire dans nos calendriers des évènements musicaux à suivre.

Rock en Seine 2017, Jour 3

The XX Rock en Seine 2017

La dernière journée de Rock en Seine 2017 débute déjà, mais heureusement une sacrée liste de concerts m’attend !
Pour commencer du bon pied, rendez-vous sur la Grande Scène afin d’accueillir King Khan and the Shrines. Peu de monde est présent et pourtant le roi Khan réserve un show décalé dont je profite à l’ombre salutaire de la scène. Entre costumes, énergie débordante, des titres oscillant entre soul, garage, pop et autres influences, on ne voit pas le temps passer.
Car Seat Headrest Rock en Seine 2017Pour ne pas manquer le prodige Will Toledo au sein du groupe Car Seat Headrest, direction scène de la Cascade sous le soleil écrasant de l’après-midi. Entre une balance plus que moyenne, une voix inexistante et l’attitude renfermée de Will Toledo, on est bien loin de ce à quoi je m’attendais. Dommage car on entraperçoit malgré tout le potentiel avec l’irrésistible « Drunk Drivers/Killer Whales ». Et puis ce n’est pas parce qu’une corde pète sur la dernière chanson, qu’on doit manquer de respect au public en quittant furieusement la scène tel Liam Gallagher.

Puis un nouvel aller-retour sur la Grande Scène et la Cascade pour profiter dans un premier temps du groupe français Deluxe. Un vrai moment de fun qui réussira à faire bouger la foule feignante de ce dimanche. Puis un aperçu de Ty Segall qui investit pour la seconde fois, la scène de la Cascade pour un déballage de guitares enragées.
Mac DeMarco Rock en Seine 2017
Enfin direction de nouveau la Grande Scène pour le deuxième artiste de cet édition Rock en Seine 2017 que je ne voulais pas manquer, le trublion Mac DeMarco. Autant dire qu’il a fait honneur à sa réputation de joyeux branleur avec une bonne humeur communicative, des synthés enveloppants et des notes de guitares insouciantes.

Il fera une blague de près de 10 minutes sur une reprise de Vanessa Carlton « A Thousand Miles » en chantant « Making my way Downton » en boucle, le tout en menant par le bout du nez le public, oui oui… Juste pour le plaisir je mets le titre que vous connaissez très certainement ci-dessus ! Passée la blague, le personnage est très sympathique n’hésitant pas à aller au contact de ses fans et à les accueillir sur scène. Cet aperçu me donne vraiment envie de le voir en concert « long format » et ça tombe bien, il sera à l’Olympia le 14 novembre. En espérant qu’il sera un peu plus occupé à jouer les titres qu’à se jouer de son auditoire.
The Lemon Twigs Rock en Seine 2017La surprise de la journée, ça reste les new-yorkais de The Lemon Twigs sur la scène de l’Industrie avec les frères D’Addario, déjantés et littéralement élastiques Brian et Michael. Non seulement l’énergie déployée sur scène est incroyable mais les deux frères échangent d’instruments comme de chemises, passant de la batterie au chant à la guitare et j’en passe. La logique derrière cette dynamique est que celui qui compose le titre l’interprète sur scène, tandis que l’autre se place à la batterie. Le duo fonctionne à merveille et le set oscille entre 60’s et 70’s et par cela me rappelle les Foxygen vu cette année. Les voix s’accordent particulièrement bien aidées par Danny Ayala notamment sur « These Words ». Clairement la prestation à ne pas manquer si vous en avez l’occasion !

Après cette débauche d’acrobaties et de guitares virevoltantes, me voici sur la scène du Bosquet pour faire la connaissance avec Slowdive, groupe formé en 1989 tout de même. C’est un changement d’ambiance un peu violent entre les deux performances et malheureusement la balance étouffait la voix de Rachel Goswell. Si personnellement je n’ai pas été transportée, le public lui clairement l’a été.

Enfin cette édition Rock en Seine 2017 se clôture avec le trio de The XX. Pour ne pas déroger à la règle, encore un problème de balance pour cette dernière prestation avec des basses écrasantes. Malgré tout The XX fait passer un bon moment et leur musique minimaliste installe l’ambiance dès les premières notes de « Intro ». Là où on pouvait leur reprocher de paraître froids et distants, en live c’est plutôt une sincère timidité qui transparaît. On obtient une prestation touchante et un vrai moment privilégié avec le groupe. La dynamique sur scène est intéressante avec le bassiste Oliver Sim et la guitariste Romy Madley Croft, tous deux chanteurs échangent et se répondent avec une belle harmonie de voix. Jamie XX lui, veille du haut de ses claviers et assure l’ambiance électro du show jusqu’à transformer l’espace de la grande scène en boîte de nuit géante.
En tout cas pari remporté cette année, avec une programmation peut-être plus modeste mais de qualité et qui a permis de renouer avec cette ambiance relaxe de festival.
À l’année prochaine pour la prochaine édition peut-être !

Rock en Seine 2017, Jour 2

Band of Horses Rock en Seine 2017

La température monte et les flaques s’assèchent pour ce deuxième jour de Rock en Seine 2017.
Je commence la journée allongée sur l’herbe maltraitée de la Grande Scène pour les américains de Band of Horses, parfaite programmation pour ce début d’après-midi chaud. Ben Bridwell assure bien le show et on a des jolis moments avec les titres plus anciens « No One’s Gonna Love You » et « The Funeral ».
Girls in Hawaii Rock en Seine 2017Je retourne ensuite pour la scène de la Cascade pour revoir les belges de Girls in Hawaii et leur pop éthérée. En effet j’avais déjà eu le plaisir de les voir lors du Disquaire Day de 2013 à la Gaîté Lyrique. Ça sera un sans faute pour le set de Girls in Hawaii, mêlant habilement leurs titres pop aériens avec ceux un peu plus électro, ce qui donne un set varié mais cohérent. Je fus même assez étonnée d’apprendre que c’était leur premier passage à ce festival parisien pour Rock en Seine 2017 ! Le concert fut aussi l’occasion de présenter au public quelques nouveaux titres du groupe à paraître en album le 29 septembre prochain sous le nom « Nocturne ».
Her Rock en Seine 2017Après une petite pause, une prestation pas convaincante de Timber Timbre et une oreille lointaine pour Little Dragons, j’ai décidé d’aller voir Her à la scène du Bosquet. Alors que le groupe a perdu l’un de ses chanteurs, Simon Carpentier, le 13 août dernier, Victor Solf assure malgré tout les concerts. Simple curiosité ou sincère affection envers leur musique, en tout cas le public était au rendez-vous et la scène du Bosquet s’est retrouvée engloutie sous les pieds des festivaliers. Avec une prestation tout en sobriété, émouvante et de discrets hommages à l’attention de son comparse parti trop tôt, il faut dire que la moitié de Her a parfaitement assuré le show. Belle découverte donc pour ce groupe et un rendez-vous donné le 5 décembre au Bataclan.
PJ Harvey Rock en Seine 2017Malheureusement je n’ai pas pu assister au concert de The Kills cependant j’étais quand même particulièrement bien placée pour profiter de la prestation de PJ Harvey, surnommée la grande prêtresse du rock. Je n’étais absolument pas familière avec sa musique, c’était donc l’occasion parfaite de la découvrir. Elle arriva sur scène dans une sorte de procession en file indienne accompagnée de chacun de ses musiciens, installant l’ambiance du show dès le début. Le set proposé fut très dark dans une ambiance pseudo gothique, elle-même tel un corbeau, s’était coiffée d’ailes noires. N’étant pas sensible ni à sa voix, ni aux instruments à vents et ne connaissant pas au préalable son univers, j’ai abandonné la prestation après 30 minutes. Ce n’était pas pour moi.
À voir ce que nous réserve la dernière journée de Rock en Seine avec notamment Car Seat Headrest et Mac DeMarco !

Rock en Seine 2017, Jour 1

The Jesus and Mary Chain Rock en Seine 2017

Cette année Rock en Seine nous propose une affiche plutôt modeste, parsemée de belles pépites mais sans mastodontes qui attirent les foules. Un choix qui m’a étonné mais qui ne me déplaît pas et permettra peut-être à Rock en Seine 2017 de renouer avec une ambiance de festival bon enfant.
Ce premier jour, la météo capricieuse de la matinée nous a préparé un terrain avec tout juste ce qu’il faut de petites flaques d’eau pour commencer à remuer tout ça et sauter dans la gadoue en fin de soirée. Armée de bonnes chaussures prêtes à endurer ces trois jours de concerts, j’arrive sur place.
Beach Fossils Rock en Seine 2017
Là on commence bien la journée en compagnie des new-yorkais de Beach Fossils sur la scène du Bosquet. Le groupe venait défendre en live leur dernier album paru cette année et intitulé « Somersault ». Je vous ai déjà partagé plusieurs fois leurs titres rafraîchissants en wildweek.

Puis on se dirige vers la scène de la Cascade pour un groupe emblématique, rien que ça, The Jesus and Mary Chain. Venus présenter leur dernier album sorti cette année « Damage and Joy », le premier depuis 1998, le défi était donc de taille. Et dès le premier titre The Jesus and Mary Chain, l’air de rien, a simplement enflammé Rock en Seine avec leurs titres efficaces. Avec un groupe formé avant même avant que j’existe, la maîtrise de la scène n’est plus à questionner. C’était sans aucun doute, en ce qui me concerne, le meilleur moment de cette première journée avec l’indémodable « Just Like Honey ».

On s’enfonce encore un peu plus dans le Parc de Saint-Cloud pour rejoindre la Grande Scène et les écossais Franz Ferdinand très attendus. On retrouve un Alex Kapranos peroxydé comme s’il essayait de se réinventer… Si j’avais été emballée en 2015 lors du concert de Franz Ferdinand / Sparks également à Rock en Seine, le set de cette année n’a pas tenu la longueur. Passé leurs grands succès, Franz Ferdinand propose un set relativement monotone avec des titre où le chant est égal partout et les rythmes similaires.
The Shins Rock en Seine 2017Heureusement je n’ai pas terminé la journée sur cette note, puisque The Shins prenaient possession de la scène de l’Industrie. Là encore, respect pour ce groupe formé en 1997, habitués des BO des films de Zach Braff, ce qui leur a permis d’atteindre une belle renommée. Cette fin de soirée sera donc délicieusement pop-rock avec The Shins et leurs titres rayonnants, qui fait terminer cette première journée de Rock en Seine 2017 sous le signe de la bonne humeur.
Aller en route pour le deuxième jour !

Sufjan Stevens et son « Planetarium » clôturent Days Off

Planetarium Sufjan Stevens, Nico Muhly, Bryce Dessner & James McAlister

La Philharmonie de Paris nous proposait lundi soir, de voyager aux confins de l’univers avec la performance de « Planetarium » à l’occasion de la soirée de clôture de Festival Days Off 2017.
Mais avant de commencer, n’allons pas trop vite pour prendre le temps d’évoquer l’agréable découverte nommée This Is Kit, groupe mené par Kate Stables à la voix envoûtante. Les mélodies sont subtiles et fragiles et s’adaptent merveilleusement bien à l’espace de la salle Pierre Boulez qui devient un cocon intimiste où la voix et les cordes résonnent.

Puis arrive le moment de passer quelques minutes suspendues dans l’espace… Nico Muhly, Sufjan Stevens, James McAlister and Bryce Dessner font leur arrivée sur scène rejoints par un quatuor à cordes. La soirée se composera en plusieurs titres traitant du système solaire et inspirés par les dieux romains de la mythologie dont ils empruntent les noms. Si il s’agit de thématiques à dimension « universelle », nous avons affaire à des compositions pop sophistiquées et inventives qui surprennent, déstabilisent et intriguent mais plus que tout, touchent.

La chanson d’ouverture « Neptune », se fait fragile et humble pour entamer le set. Le chant n’est pas facile mais maîtrisé par un Sufjan Stevens éblouissant de sensibilité.

So if you won’t hold me, I have no objections
So if you won’t please me, I make no commands
So if you don’t trust me, it’s best if I drown

Les sons électroniques viennent habilement flirter avec l’ensemble des instruments et voix, bien que l’on peut regretter l’usage parfois systématique de vocodeur. La soirée se complète par la projection sur écran de visuels abstraits de la galaxie, collages, films ambiants. Si certains apportent un vrai complément au son comme sur « Venus », d’autres tombent dans les travers du « clip video » où Sufjan Stevens chantant est redondant avec le spectacle live.

Planetarium alternera des nappes douces et des passages turbulents comme sur le titre « Mars ». Puis terminera sur le morceau le plus émouvant de la série « Mercury ». Il prend la forme d’une course effrénée et vaine comme une excuse sur l’incapacité à saisir l’insaisissable.
On aura droit en grand final à une reprise qui a toute à fait sa place au sein de la soirée, je parle évidemment de « Space Oddity » de David Bowie qui venait juste de fêter ses 48 ans. Passé l’agréable surprise de la chanson culte, la cover aura malheureusement bien du mal à tenir la comparaison notamment au niveau de la voix.
Pour conclure si le premier contact avec « Planetarium » peut être ardu, c’est une expérience pour laquelle il faut se laisser porter dans ce voyage musical et exploratoire pour en revenir changé.
« Planetarium » se veut un questionnement sur le monde et l’univers qui nous entoure pour au final toucher à des thématiques universelles et intimes.

Setlist

Neptune
Jupiter
Venus
Uranus
Mars
Pluto
Moon
Saturn
Earth
Mercury

Over the rainbow (Harold Arlen cover)
Space Oddity (David Bowie cover)

Rufus Wainwright enchante la Philharmonie de Paris

Rufus Wainwright © M. Clamer

Ce week-end, la Philharmonie de Paris nous proposait une programmation étonnante avec notamment une soirée dédiée à Rufus Wainwright pour la thématique week-end Divas. Celle-ci était découpée en deux parties, la première mettait en lumière son opéra « Prima Donna » par quelques extraits et la seconde nous faisait retourner à la pop du monsieur, le tout accompagné de l’Orchestre National d’Île de France.
Autant vous dire que rien que le déplacement à la Philharmonie de Paris pour découvrir la salle Pierre Boulez vaut le coup. Vous pénétrez dans une salle magistrale à la fois impressionnante par sa taille et son audace architecturale et à la fois intimiste grâce à son organisation. Je dois avouer que j’ai eu un vrai coup de coeur pour le lieu et je n’ai certainement pas été déçue par la qualité du son.
L’Opéra « Prima Donna » fut une vraie découverte en ce qui me concerne. Oeuvre originale de Rufus Wainwright, il en proposait ici quelques extraits interprétés en français par Lyne Fortin, Pauline Texier et Antonio Figueroa. Le tout est accompagné d’une projection de l’oeuvre vidéo réalisée pour cet opéra par Francesco Vezzoli qui immortalise la performance de l’artiste Cindy Sherman. Si je n’ai pas été emballée par cette première partie c’est pour plusieurs raisons. Il est difficile de rentrer dans l’histoire avec uniquement des extraits de l’opéra, l’opéra c’est aussi l’interprétation théâtrale ici « remplacée » par l’oeuvre vidéo un peu trop contemplative. Enfin la pauvreté des paroles n’aident pas à se projeter malgré des mélodies entêtantes et malheureusement les voix étaient un peu étouffées par l’orchestration.
Rufus Wainwright "Prima Donna" Opera
La deuxième partie était la principale raison pour laquelle je souhaitais venir, découvrir en live les titres phares de Rufus Wainwright pour une interprétation magistrale et des arrangements repensés pour l’Orchestre National d’Île de France. Rufus Wainwright a su satisfaire toutes les attentes ce soir-là, avec une sélection de tous ses titres majeurs et nous fera le plaisir de quelques perles. La première est la réinterprétation du dernier extrait de « Prima Donna » par lui-même qui donne une nouvelle dimension au titre. Puis un invité surprise en la personne de Woodkid pour venir rendre un hommage émouvant à Barbara avec « Dis, quand reviendras-tu ? », les deux voix très différentes se complètent merveilleusement bien. Lyne Fortin a eu la gentillesse de revenir sur scène pour un duo sur une chanson traditionnelle irlandaise, là le chant d’opéra et le chant pop se sont plutôt confrontées qu’unies. Enfin Rufus Wainwright nous offrira deux reprises incroyables avec son habituel « Hallelujah » dans une réappropriation exceptionnelle puis son hommage à Paris avec « La complainte de la butte ». Pour cette dernière il fera chanter la salle et l’espace d’un instant la Butte de Montmartre a pris possession de la Philharmonie de Paris. C’est également ce titre qui m’a fait connaître Rufus Wainwright dans le film magistral de Baz Luhrmann « Moulin Rouge » et sa BO tout aussi marquante. Cependant le moment d’émotion le plus fort en ce qui me concerne, fut « Going to a town » dans des arrangements sublimes qui ont transcendé le titre.

Ce fut une grande soirée par la qualité de celle-ci, et son association originale entre l’opéra classique et le parcours pop de Rufus Wainwright.

Setlist

April Fools
Vibrate
The Art Teacher
Les feux d'artifice t'appellent
Dis, quand reviendras-tu ? (Barbara cover) (with Woodkid)
Traditional Irish song (with Lyne Fortin)
Tiergarten
Little Sister
I Don't Know What It Is
Cigarettes and Chocolate Milk
Oh What a World

Going to a Town
Hallelujah (Leonard Cohen cover)
Poses

La Complainte de la Butte (Jean Renoir cover)

Foxygen en concert, le show à New York !

Foxygen Terminal 5 New York 2017

En déplacement à New York pour quelques semaines, je ne pouvais pas manquer l’expérience d’assiter à Foxygen en concert dans The Big Apple ! Par chance 2 groupes que je voulais voir ont joué durant mon séjour. Le premier était complètement Sold Out pour le nouvel album de Tennis, j’ai donc opté pour les californiens de Foxygen qui présentaient eux aussi leur dernier album « Hang » chroniqué plus tôt sur le blog.
La soirée commence avec 2 premieres parties, dont Purr, jeune groupe qui en était à son deuxième live seulement. Agréable surprise avec un charmant duo vocal féminin et masculin qui s’harmonise bien. La seconde partie et plus connue, c’est Sunflower Bean, mais ne sera pas aussi plaisant. La chanteuse et bassiste Julia Cumming a une belle voix quand elle ne force pas, mais malheureusement elle a tendance à se la jouer « voix rauque », ce qui devient très vite désagréable à l’oreille, dommage.
Je patiente donc durant le set pour attendre la tête d’affiche de la soirée, Foxygen formé par Jonathan Rado and Sam France. Si il n’y a pas d’orchestre symphonique pour accompagner sur scène leur 5ème album « Hang », on va pouvoir tout de même apprécier le show avec une formation de cuivres. Pas besoin d’attendre très longtemps pour rentrer dans l’ambiance d’ailleurs, car Sam France est visiblement en forme et applique des chorégraphies reprises par la vocaliste. Ils changeront même de tenues, accordées, durant la soirée. Toute cette représentation rappelle le single phare du dernier album « Follow the leader » sans jamais voler la vedette à la musique. La grandiloquence du show et contrebalancée par une dérision bienvenue. Cela se ressent à la fois dans les titres et leur attitude.
Bien que la soirée fut courte, avec à peine 1 heure de concert pour la présentation de leur album, elle a tenu ses promesses avec un groupe qui fait prendre vie aux titres sur scène.

Setlist

We Are the 21st Century Ambassadors of Peace & Magic
San Francisco
Shuggie
Follow the Leader
Avalon
Mrs. Adams
America
On Lankershim
Upon a Hill
Trauma
Rise Up

On Blue Mountain
How Can You Really
No Destruction

Pete Doherty au Bataclan

Pete Doherty en concert au Bataclan le 16 novembre 2016

Difficile d’évoquer le concert de Pete Doherty au Bataclan sans évoquer les commémorations du 13 novembre et l’émotion forcément présente ce soir là. Mais cet article, je ne vais pas le traiter sous cet angle car je ne saurais trouver les bons mots, mais plutôt sous l’angle de la musique. Musique encore et toujours.
C’est donc pour le nouvel album du trublion anglais, son second album en solo pour être plus précise, prévu pour décembre que j’ai rejoins la foule. L’ayant déjà vu plusieurs fois sur scène, en acoustique seul sur scène, ou en électrique avec les libertines, je n’ai pu m’empêcher d’imaginer comment le concert serait.
Par exemple je ne m’attendais pas du tout à le voir accompagné d’un groupe sur la scène du Bataclan. J’imaginais, comme pour son premier album, la simplicité et la sincérité d’un set acoustique magnifiant la fragilité de l’artiste et la poésie de ses textes.
Mais parlons de ce concert, il commence par une minute de silence bien raccourcie pour laisser place à une Marseillaise au violon, rappelant la relation spéciale de Pete Doherty à la France.

Pete Doherty commence par le premier single du nouvel album « I Don’t Love Anyone (but You’re Not Just Anyone) ». Avec plaisir on retrouve un titre de son premier album solo et les fameuses danseuses avec des costumes étranges qui rendent la prestation encore plus décalée que d’habitude, à la limite du grotesque… Puis assez rapidement on passe sur une reprise de The Libertines avec une apparition remarquée et très bien accueillie de Carl Barât. Malgré sa présence, Pete Doherty ne se reconcentre pas sur le concert et semble se reposer complètement sur le groupe l’accompagnant. Il ne touchera pratiquement pas une guitare de la soirée et les rares fois où il le fera on aurait préféré qu’il s’en abstienne… Il passe son temps à jeter micro et guitare dans la foule, que le staff tente de récupérer à chaque fois. Il marmonne en titubant sur la scène des paroles inintelligibles même pour les plus entraînés au phrasé du chanteur. Et pourtant je n’ai pu m’empêcher d’espérer un moment de grâce de l’anglais, ce que j’ai pu avoir l’espace de quelques secondes de temps à autres.
Un concert donc étrange, avec une instrumentalisation trop grandiloquente qui ne correspond ni à la fougue et aux guitares virevoltantes des Libertines ni à la fragilité des compositions de Pete Doherty. On terminera cependant le set sur l’irrévérencieux et cathartique Fuck Forever, choix parfait jouant le rôle d’une délivrance du public.
Pete Doherty au Bataclan en 2016Même si ce concert n’a pas pu faire apprécier les nouveaux titres dans le décousu de la soirée, il aura eu tout de même le mérite de ramener un peu d’insouciance et de joyeux bordel au Bataclan.
En ce qui me concerne, j’attendrais donc la sortie de l’album pour tenter d’apprécier ou non le travail de l’artiste.

Setlist

La Marseillaise
I Don't Love Anyone (But You're Not Just Anyone)
Last of the English Roses
Kolly Kibber
You're My Waterloo (The Libertines)
Up the Bracket (The Libertines)
The Steam
The Whole World Is Our Playground
Oily Boker
Hell to Pay at the Gates Of Heaven
Killamangiro (Babyshambles)
Ride Into the Sun (The Velvet Underground cover)
Flags of the Old Regime

Albion (Babyshambles)
Time for Heroes (The Libertines)
Fuck Forever (Babyshambles)

Glass Animals réssuscitent l’Elysée Montmartre !

Glass Animals en concert à l'Élysée Montmartre 2016

Alors qu’à la rentrée je vous parlais d’un de mes coups de coeur musical de l’année avec le nouvel album de Glass Animals, il ne m’a pas fallu attendre longtemps pour avoir la chance de les voir en concert.
C’est donc pour l’album « How to be a Human Being » que le groupe se produit à Paris, et pas n’importe où puisque c’est à l’Élysée Montmartre, salle réouverte depuis quelques semaines seulement !
Tout d’abord un petit mot sur la première partie Sébastien Forrester qui abandonne peu à peu son alias Holy Strays pour mieux s’affirmer. L’artiste a proposé un dj set intéressant où les percussions sont reines et inspirées, selon sa biographie, par un séjour en Afrique Centrale. Le choix de première partie était judicieux, préparant le public au groupe de la soirée Glass Animals.
Glass Animals en concert à Paris 2016Sur une scène revêtant la couleur orangée de l’album et un ananas triomphant en fond, les 4 membres du groupe britannique sont accueillis avec un engouement étonnant pour un second album ! Et pourtant il ne faut pas oublier le succès fulgurant du 1er album de Glass Animals « Zaba » avec des titres comme « Gooey » qui se sont propulsés directement au statut de classiques et en font des temps forts du concert. Mais leurs nouveaux titres n’ont rien à envier et prennent vie en live avec notamment « Youth » et « Life Itself » qui plonge le public directement dans l’ambiance !

La voix de Dave Bayley si reconnaissable, est indéniablement une des grande force du groupe et porte chacun des titres et anime la soirée. Si on album j’apprécie l’exotisme des mélodies et de l’instrumentalisation, en concert le groupe met l’accent sur la rythmique et cela offre une nouvelle approche de leur musique. Le groupe s’amuse sur scène et profite de ces instants pour être au plus près de son public, même littéralement lors de leur reprise d’un titre de Kanye West.
En tout cas le groupe nous a offert une magnifique soirée et je ne peux qu’être impatiente à l’idée d’un prochain album !

Rock en Seine 2016, Jour 3

Rock en Seine 2016

3ème et dernier jour du fameux festival parisien Rock en Seine, mais pas des moindres avec 5 concerts au programme à ne pas rater ! On commence en bonne compagnie sur la scène de la Cascade avec l’américain Kevin Morby qui aura fait le tour des festivals cet été. Il y a ceux qui l’attendent de pied ferme sous le soleil d’août et les autres qui se réfugient sous l’ombre bienveillante des arbres qui encadrent la fosse. Impatiente de le découvrir en live, je n’ai pas été déçue. On a eu droit à de vraies petites pépites folk qui ont adoucit le soleil assommant de ce début d’après-midi.
Editors à Rock en Seine 2016Puis c’est par défaut que je me dirige vers la grande scène pour les anglais de Editors. Je n’ai jamais été séduite par le rock pratiqué par le groupe, un peu trop lisse et fade à mon sens, mais j’aurais pu avoir une bonne surprise en live. Malheureusement ce n’est pas le cas, et ce n’est pas faute d’avoir essayé avec un Tom Smith qui se déchaîne sur scène et qui a l’air de vivre intensément ses titres à défaut du public.
Miike Snow à Rock en Seine 2016Je me dirige alors vers la scène de l’Industrie, une de mes préférées pour découvrir le groupe suédois d’indie pop Miike Snow. Les membres Andrew Wyatt, Christian Karlsson et Pontus Winnberg sont derrière plusieurs succès pop de ces dernières années. À les voir sur scène, on comprend rapidement leur réputation de machine à tubes, tant les titres sont accrocheurs et font bouger sans effort la foule. Et un public qui aurait tourné le dos à une Shakira, Britney Spears ou Justin Timberlake se retrouve à applaudir et acclamer les créateurs de certains de leurs tubes. Ce fut un moment particulièrement dansant que nous offre Rock en Seine même si on ne peut pas dire que ce sont des bêtes de scène.
Ghinzu à Rock en Seine 2016Me voilà de retour sur la scène de la Cascade pour voir Ghinzu. J’avais eu la chance de les voir une première fois à l’Aéronef de Lille en 2009 et c’était une belle surprise de les voir à l’affiche pour la première fois à Rock en Seine, il était temps ! Le groupe semble visiblement ravi d’être là et le fait partager généreusement à son public. Le leader s’est même laissé allé à gratifier d’un baiser fougueux une fan à l’avant de la scène. Et même si je n’ai pas suivi, comme j’aurais du, la carrière du groupe, j’ai pris un réel plaisir à découvrir et redécouvrir leurs titres avec l’apothéose d’un « Do you read me » qui n’a pas pris une ride ! C’était sans hésiter mon 2ème meilleur concert de ce festival avec un John Stargasm rayonnant de charisme, épaulé par les autres membres du groupe au top.
Chvrches à Rock en Seine 2016Je termine cette 14 ème édition de Rock en Seine avec le groupe écossais d’électropop Chvrches. J’avais déjà eu la chance de voir Iggy Pop déambuler sur scène donc je voulais donner sa chance à ce groupe qui fait pas mal parler de lui. Passé les quelques premières minutes à regretter le rock endiablé de Ghinzu, je me suis prise au jeu du trio sympathique. Au final Lauren Mayberry assure parfaitement le show pour la dernière date européenne de leur tournée. L’ensemble de leurs titres est cohérent jusqu’à sembler un peu répétitif à l’image des allers retours incessants de la chanteuse, mais cette dernière réussi à électriser la foule par sa voix bien maîtrisée.
Au final cette édition 2016 laisse une impression de programmation un peu faiblarde malgré les éblouissantes prestations de The Last Shadow Puppets et de Ghinzu et a fait sentir l’absence de groupes montants à l’affiche.