« Another One » Mac Demarco

Mac DeMarco "The Way You'd love her"

Après une très belle reconnaissance grâce à la sortie de son album « Salad Days » en 2014 et une tournée chargée en dates, Mac DeMarco profite de sa tranquilité pour nous offrir un mini LP idéal pour cette fin d’été « Another One ».
Difficile de résister au songwriting sensible et délicat, caché sous son air désinvolte. À 25 ans il fait preuve d’une simplicité étonnante et désarmante à la fois, et ce mini LP illustre une nouvelle fois sa maturité musicale.

« Another One » c’est une petite collection de chansons d’amour, un thème usé jusqu’au coeur qu’il revisite à sa manière avec une pop personnelle et reconnaissable entre toutes. Pour la petite histoire, ce canadien installé à New York vit dans le quartier de Far Rockaway pas très loin de la mer où il a composé cette série de titres, bien loin de l’agitation de la « grosse pomme ». D’ailleurs si vous souhaitez avoir le ressenti titre par titre de Mac DeMarco, voici un excellent article de NPR Music.
Pour cerner le personnage de Mac DeMarco, je vous propose de regarder la vidéo de NPR Music :

« Another One » est un mini album parfait pour un couché de soleil d’été, comme lorsqu’on quitte un ami pour mieux le retrouver l’an prochain, on espère.
Je me mords encore les doigts de l’avoir raté à Rock en Seine 2014, personnalité irrésistible et facétieuse comme on aimerait en voir plus. Pour ceux qui passent près de New York, Mac DeMarco vous invite, à la fin de sa dernière chanson, à lui rendre une petite visite et prendre un café en sa compagnie !

« Magnifique » Ratatat

Ratatat "Magnifique" 2015

Ce mois-ci je renoue avec un groupe qui symbolise mes années étudiantes avec Ratatat et leur dernier album en date « Magnifique ». Ratatat c’est deux new-yorkais Mike Stroud et Evan Mast qui explorent les rives de la musique électronique avec une patte reconnaissable entre toutes. Une de leur particularité est l’absence de paroles ou de chant du moins, car vous pourrez saisir des paroles de films en début ou fin de morceau.

Pas de dépaysement donc avec ce « Magnifique » mais des titres redoutablement efficaces et qui pourront accompagner vos escapades ensoleillées des vacances. L’album de 44 minutes vous proposera des tubes comme « Abrasive » , « Cream on Chrome », « Cold Fingers » ou des pauses nonchalantes comme avec les « Magnifique » et « Drift » sirotant un cocktail à l’ombre d’un palmier… L’album se terminera sur une reprise de Springwater avec le triomphant « I Will Return », que Ratatat allège à l’extrême.

En ce qui me concerne, je suis ravie de retrouver le duo Ratatat avec ce cinquième album, et c’est presque comme si je les avais quitté la veille. Et pourtant 5 ans ont passé depuis leur dernier album, les deux artistes ont évolué depuis et il serait peut-être temps de faire la même chose avec leur musique sous risque de lasser à la longue.
En attendant la sortie de « Magnifique » de Ratatat reste un bon timing pour la période estivale.
Ils seront à la Route du Rock le 14 août 2015, au Cabaret Vert le 21 août 2015 et termineront leur tournée française par le Pitchfork Festival à Paris le 31 octobre.

Love & Mercy, la véritable histoire de Brian Wilson

"Love & Mercy" Film Brian Wilson Beach Boys 2015

Quand on est fan des Beatles, il est difficile d’ignorer la sortie d’un film sur les Beach Boys et plus particulièrement sur la vie, l’amour et le génie de Brian Wilson. Pour ceux qui, comme moi il n’y a pas si longtemps, pensent que les Beach Boys c’est de la musique de surfeurs des années 60 superficielle et niaise, faites-confiance à Sir Paul McCartney :

« …it was Pet Sounds that blew me out of the water. First of all, it was Brian’s writing. I love the album so much. I’ve just bought my kids each a copy of it for their education in life… »

En effet ils avaient beau incarner l’idéal californien, les membres des Beach Boys n’ont jamais pris une vague de leur vie, alors que se cache-t-il derrière « Surfin’ U.S.A. » ?
Durant tout le fim, le réalisateur Bill Pohlad, nous fait osciller entre deux périodes de la vie de Brian Wilson, l’une durant les années 60 à l’apogée de sa créativité et du succès des Beach Boys et la seconde durant les années 80 sous l’influence de son psychiatre Eugene Landy.
"Love & Mercy" Film Brian Wilson Beach Boys 2015Brian Wilson est campé par deux acteurs de talent, Paul Dano (Little miss sunshine) et John Cusack que l’on ne présente plus et méconnaissable dans ce rôle. Ces deux acteurs sont très différents et pourtant leurs jeux se rejoignent parfaitement pour symboliser le basculement du génie.
« Love & Mercy » traite plus de la rédemption d’un homme, ici Brian Wilson, que de sa relation à la musique ou de son processus créatif, en effet l’histoire d’amour prend un peu trop de place à mon goût. C’est peut-être ces points qui m’ont un peu laissé sur ma faim, la musique n’est au final qu’un prétexte pour traiter de la manipulation d’autrui et du sauvetage d’un être vulnérable illustré par l’époque de John Cusack. Pour cela je garde une place spéciale pour le film « Walk the line » sur Johnny Cash qui reste dans mes souvenirs plus nuancé et sobre dans sa mise en scène. « Love & Mercy » est un premier film et tombe dans quelques écueils un peu lourds.

Le film aborde évidemment la dynamique au sein du groupe composé, il faut le rappeler, des trois frères Wilson, du cousin Mike Love et enfin d’un ami Al Jardine. Plus que l’équilibre du groupe, on aperçoit le climat familial dans lequel ces jeunes hommes tentent d’évoluer.
Toujours dans cette même époque menée par Paul Dano, vous aurez de belles percées dans l’obsession créatrice du leader des Beach Boys et c’est une très belle occasion de se replonger dans la carrière de Brian Wilson à travers notamment l’album « Pet Sounds », qui contient les ultras tubes « God Only Knows », « Wouldn’t it be nice » et j’en passe… mais également le mythique album « Smile ».
Le film vient de sortir alors profitez-en pour aller voir Love & Mercy au cinéma, car je doute qu’il reste à l’affiche très longtemps malheureusement.

« Before the world was big » Girlpool

Girlpool "Before the world was big" 2015

Gros coup de coeur pour ce duo d’écorchées vives Girlpool qui sortent leur premier LP « Before the world was big ».
D’une sobriété instrumentale étonnante, ces héroïnes sont armées d’une guitare et d’une basse uniquement. Elles éblouissent les titres par leur sensibilité à fleur de peau et nous proposent des chansons terriblement puissantes et honnêtes. Girlpool c’est donc Cleo Tucker et Harmony Tividad même pas la vingtaine, originaires de Los Angeles. Ces deux personnalités s’époumonent au long des titres…

« Now I’m only certain that no one is free
Tranquilize me with your ideal world »

Si on sent une certaine innocence tout au long de l’album, c’est par le rendu brut et viscéral des chansons et non pas par mélancolie du passé, bien au contraire. On imagine bien l’amitié qui les lie lorsqu’elles chantent à l’unisson afin d’affronter le monde à deux.
Elles seront le 16 septembre au Point Éphémère, à ne pas rater donc !
Ne ratez pas ces 24 minutes (trop courtes à mon goût), cocktail de force et vulnérabilité brutes !

« Born under Saturn » Django django

Django Django "Born Under Saturn" 2015

Avec ce second album « Born Under Saturn », les anglais de Django Django confirment l’essai.
Vous aurez près d’1h de pop songs aux mélodies hybrides et expérimentations sonores qui posent la marque du groupe. Vous l’aurez compris ces 4 garçons aiment innover et leur recherches et bidouillages ne sont pas de la poudre aux yeux(ou oreilles) mais apportent une vraie richesse à leur compositions et vous transportent dans un univers parallèle et d’ailleurs leur identité graphique y fait écho.
On peut d’ores et déjà affirmer que « First Light » est le titre phare de l’album qui pourrait bien propulser le groupe sur le devant de la scène, tant il est taillé pour les grandes audiences. Avec une instrumentalisation adaptée au live, ce titre pourrait élever les foules dans une transe commune.

Pour ne rien gâcher, les voix de Vincent Neff et de Jimmy Dixon se marient à merveille. Attention cependant à la voix du premier qui joue sur des tonalités neutres et qui pourraient en devenir hermétique.
On y trouvera également des titres un peu plus faibles mais rien qui gâchera votre plaisir comme avec « Shot Down » ou « Vibrations » qui ne vibre justement pas beaucoup… Et c’est un peu le risque de cet album, à faire des arrangements aussi sophistiqués et une recherche de son pareille, le naturel et l’émotion en sont les grands absents et donnent des longueurs à cet album.

Il leur reste à mûrir également leur performance scénique, si je n’ai pas assisté au Festival We Love Green où ils jouaient cette année, j’avais fais leur découverte sur le plateau de l’Album de la Semaine. J’ai été agréablement surprise par la fraîcheur du son, et par un public rapidement conquis, mais la performance était restée très sage pour ne pas dire scolaire, trop concentrée sur l’exécution que le partage avec son public.

« What for? » Toro Y Moi

"What for?" Toro Y Moi 2015

Ce mois-ci je vous présente Toro Y moi, alias Chaz Bundick, un artiste américain associé au mouvement chillwave qui dévoile son 4ème album avec « What For? ».

Si l’album ne brille pas par son originalité, les titres se succèdent dans une harmonie un brin nostalgique. 36 minutes de balades pop évanescentes, c’est assez pour profiter de l’ambiance dream pop comme avec le bijou planant « Lilly », mais pas assez pour s’en lasser, bien joué !

Si cet album est agréable et la voix au timbre juvénile de Chaz Bundick toujours bien posée, il manque cette étincelle qui vous réveille les oreilles. Et pourtant avec « Empty Nesters » on se dit qu’il ne manque pas grand chose pour faire de cet album une référence musicale, la mélodie est irrésistible et vous entraîne tout au long du titre. Alors si tous les titres ne sont pas convaincants, tout n’est pas à jeter loin de là. Et pour ceux qui ne connaissaient pas auparavant Toro Y Moi, cela peut-être une bonne opportunité pour aller prêter l’oreille aux précédent albums.

Mais si Toro Y Moi a participé à la montée de la chillwave, l’excès est de tomber dans des compositions mollassonnes et c’est tout le problème que reflète le dernier bébé du groupe comme sur « Ratcliff ». Pour les fans d’électro, vous pourrez peut-être vous pencher sur l’autre projet de Chaz Bundick qui a pour nom Les Sins.

J’espère que Toro Y Moi osera renouer avec l’expérimentation, en attendant j’imagine bien cet album joué en fin d’après-midi lors d’un festival, les pieds dans le sable…

« Jerk at the end of the line » Only Real

Only Real "Jerk at the end of the line" 2015

Gros coup de coeur ce mois-ci pour la découverte de Only Real et du 1er album album « Jerk at the end of the line ».
Et pourtant le choix était cornélien en mars car Sufjan Stevens sortait sa dernière pépite, mais le génie de ce dernier n’a peut-être pas besoin d’être autant mis en valeur, qu’un talent montant.
Only Real, c’est tout simplement le minois du pseudo bad boy/branleur rouquin Niall Galvin, casquette à l’envers et grimaçant. On retrouvera d’ailleurs une ressemblance avec la nonchalance de Mac DeMarco et c’est déjà un beau compliment !
Il se faisait remarqué en 2012, avec le titre « Cadillac Girl » tout simplement irrésistible mêlant une pop décomplexée à des accents hip-hop et même lo-fi c’est pour dire ! Et pourtant on sent déjà le tube, l’impossibilité savoureuse de se sortir de la tête ce petit riff qui vous fait tourner la tête.
3 ans plus tard il réitèrera ce miracle avec un « Can’t get happy » qui prouvera que ce n’était absolument pas un coup de chance, et ce pour notre plus grand plaisir. Même l’intro de 1min46 vous met directement dans le bain avec des mélodies accrocheuses et cet art du bidouillage musical.

J’espère que ce « Jerk » a encore pleins de titres dans sa caboche.
Gâce à cet album, l’hiver tire définitivement sa révérence pour 2015 et on risque de danser pas mal au rythme de ce « Jerk at the end of the line » cet été.
Pour les convaincus, il fera une mini tournée en France avec un passage au Badaboum (Paris) le 21 avril, et sera le 22 avril à Amiens et le 30 mai à Nîmes.

« A Flourish and a Spoil » The Districts

"A Flourish and a Spoil" The Districts 2015

The districts, groupe originaire de la périphérie de Philadelphie dont les membres sont de la génération 90, apporte un peu de sang neuf au rock d’aujourd’hui avec « A Flourish and a spoil ».

L’hiver n’étant pas fini, on avait bien besoin d’un album comme celui-ci pour retrouver un peu d’énergie ! Et si je garde un souvenir ému de l’époque The Libertines, je retrouve dans cet album la fougue naïve dans ce déballage de guitares électriques.
Le titre d’ouverture vous plonge parfaitement dans le bain, alternant refrains saturés de guitares et des couplets plus fragiles accompagnés par un phrasé jeté et nonchalant qu’on aime tant chez le chanteur Rob.

Mais il y a une vraie sensibilité qui rend ce groupe si attachant, et je vous mets au défi d’écouter « Suburban Smell » sans éprouver quoique ce soit ! Cependant il ne faut faire l’amalgame avec un jeune groupe foufou, car The Districts sont plus que ça, les mélodies sont efficaces et pas si évidentes que n’importe quelle pop song ou tube radio. « Hounds » marqué par un rythme en rupture illustre cette notion comme l’a fait « Long Distance » sur leur premier EP.

The Districts sont sans concession, généreux dans leur passion et véhiculent un sentiment d’urgence qui doit être transcendé sur scène par l’ambiance concert.
Ils seront à la Flèche d’or le 25 avril alors si vous souhaitez recharger vos batteries, ne les ratez pas !

« Man it feels like space again » Pond

"Man it feels like space again" Pond 2015

Pour ce premier album du mois de l’année 2015, c’est Pond qui remporte la mise avec leur dernier album « Man it feels like space again ».
Pour ceux pas encore familié de Pond, c’est une groupe australien qui prend ses racines chez Tame Impala avec Kevin Parker, Jay Watson et Nick Allbrook.
Si le groupe a été vu jusqu’à présent comme un side project expérimental de Tame Impala, on peut dire qu’en 2015 avec ce nouvel album, Pond prend son envol avec une belle maturité musicale. Si autrefois les belles trouvailles flirtaient avec des expérimentations parfois indigestes, ici les mélodies sont plus sages et plus abouties dans le bon sens du terme. On espère que cela leur permettra de toucher un public plus large afin d’avoir une reconnaissance méritée afin de se détacher de l’ombre parfois pesante de Tame Impala.

Toutefois les titres ne renient pas leur influence mais en jouent pour le plus grand plaisir des oreilles, leur style oscillant entre psych-rock et psych-pop. Vous l’aurez remarqué il y a toujours un dénominateur commun !

Je vous conseille d’aborder l’album avec les titres « Waiting around for grace », « Holding out for you », « Zond » et « Sitting up on our crane » qui sont les plus accessibles et les plus tubesques.
Les aficionados du groupe pourront regretter ces mélodies plus sages, qui si elles font planer, ne vous feront peut-être pas flotter dans l’espace ;)

« Classics » She & Him

"Classics" She & Him 2014

She & Him déjà habitués des reprises retro, nous font le plaisir de sortir un album réinterprétant des grands classiques !

On retrouve donc avec plaisir nos deux compères, Zooey Deschanel à la voix plus charmante que jamais et le grain chaleureux de M. Ward. Sans surprise, le duo s’approprient les titres avec une facilité déconcertante et se glissent parfaitement dans le costume des plus grands interprètes de l’époque tout en apportant une touche personnelle bienvenue. En effet il y a un vrai travail d’arrangement sur chaque morceau qui peut rendre le morceau méconnaissable ou déconcerter à la première écoute, mais qui donne une nouvelle couleur au titre comme le très entendu « Unchained melody ».
Cette capacité de se mettre dans la peau du personnage est sûrement à rapprocher de la seconde carrière de Zooey Deschanel, actrice principale de New Girl qui joue la encore sur des codes rétro.

J’ai eu un vrai coup de coeur pour la reprise de « She » qui est une des ballades les plus romantiques qui existent. Le seul petit regret de cet album et le trop peu de chansons interprétées par M. Ward ou le manque de vrai duo. En effet chacun chante à son tour mais il est rare de les entendre ensemble.

Bref c’est l’album idéal pour se blottir au coin du feu avec une boisson chaude réconfortante dans les mains !
Une jolie nostalgie jamais déprimante qui sera propice aux réunions de familles et se remémorer des souvenirs réjouissants.