« À la folie » Naive New Beaters

Naive New Beaters "À la folie" 2016

« À la folie », 3ème album du groupe français Naive New Beaters, est l’album du bouleversement pour les 3 trublions. Entre rupture amoureuse pour chacun des membres et un changement de label, Martin Luther B.B. King, Eurobelix et David Boring se sont épanchés en musique pour nous servir 11 titres cathartiques qui enflammeront vos soirées d’été.

Si leurs pseudonymes sont plus loufoques les uns que les autres c’est également leur force avec un décalage touchant, une bande de potes soudés qui se connaissent depuis le lycée et qui ont appris la musique ensemble avant tout sans jamais se prendre au sérieux et ça fait du bien. Leurs clips sont réussis et leur communication maline sans en faire trop. Sous leurs airs faussement innocents et leur humour pince-sans-rire, l’album va dépeindre tous les étapes d’une relation amoureuse puisant directement son inspiration dans leurs histoires personnelles.

Words hurt but feeling right,
Word hurt but simply change nothing

Aujourd’hui c’est dans les bras du label Capitol qu’ils ont atterris et sont également plutôt bien accompagnés en live par une batteuse et une bassiste. Ils sont également en bonne compagnie pour leur titre « Heal Tomorrow » avec la chanteuse Izia qui joue le jeu dans un clip en 360° mettant en valeur la collaboration et à ne surtout pas rater ci-dessus. Entre sons electro, pop, disco et hip hop, on voyage loin avec ces 3 lurons, et c’est tout ce qu’on demande en été pour danser les bras levés ! Les mélodies sont entêtantes avec des refrains percutants qui vous pousseront à titiller le dancefloor. C’est certainement un des groupes français à ne pas rater sur scène et à suivre dans les années à venir.
Pour découvrir la folie des 3 garçons de Naive New Beaters, rendez-vous à la rentrée pour leur tournée française et notamment le 20 octobre pour leur concert à la Cigale.

« Why are you OK? » Band of Horses

Band of Horses "Why are you OK?" 2016

Pour ce mois de Juin inaugurant timidement l’été, on retrouve avec plaisir la voix et l’écriture de Ben Bridwell pour le 5ème opus de Band of Horses « Why are you OK? ». Je ne m’étais jamais vraiment intéressée à ce groupe de rock indépendant originaire de Seattle. Et récemment par vraiment convaincue par un « Mirage Rock » assez inconséquent. Avec ce nouvel album, Band of Horses se fait humble et plus épanoui dès le titre d’ouverture qui donne le ton « Dull Times/The Moon » :

The home is where the heart is
How long we’ve apart, it’s been hard
Or home is where you are

L’inspiration de « Why are you OK? » se trouve dans le quotidien de Bridwell, père de 4 enfants le jour et lead singer et compositeur de Band of Horses la nuit. Il y dévoile ses pensées entre les lignes rendant les titres assez intimes.
De « Throw my mess » avec ses airs de folk américaine, à la ballade épurée « Barrel House », le groupe livre de vrais témoignages, petites pépites d’émotions. J’ai un coup de coeur tout particulier pour la collaboration avec J.Mascis sur « In a Drawer » portant une mélodie entêtante et subtile. Pour vous rafraîchir la mémoire, J.Mascis est le leader de Dinosaur Jr., autre groupe de rock indépendant américain. On imagine un peu la scène de l’enregistrement qui ressemble à une visite de voisin sympa. Le titre « Whatever, Wherever » quant à lui, aurait pu se poser en point final d’un bel album de Band of Horses.
Le groupe nous propose donc un bon album d’indie rock à écouter sous le porche lors d’un soir d’été. Band of Horses sera de passage au Main Square Festival à Arras ce dimanche, alors allez tendre une oreille ou même deux si vous passez par là.

« Teens of Denial » Car Seat Headrest

"Teens of Denial" Car Seat Headrest 2016

Ce mois-ci je vais vous parler enfin de l’album tout juste sorti « Teens of Denial » de Car Seat Headrest qui désigne tout simplement Will Toledo.
À tout juste 23 ans ce compositeur compulsif en est à une dizaine d’albums lâchés sur sa page bandcamp en 5 ans, oui oui. Il a réussi a se construire une vraie fanbase sur le site en publiant frénétiquement de nouveaux titres qui lui ont valu de se faire remarquer par le label Matador.

Son premier album chez Matador, « Teens of Style » était une compilation de titres choisis parmi sa collection et réenregistrés pour l’occasion. « Teens of Denial » se démarque en sortant de sa chambre « d’ado » ou de l’arrière de sa voiture (origine du nom Car Seat Headrest) pour lui mettre à disposition un studio et un groupe. Mais Will Toledo ne perd rien en sincérité et on retrouve avec plaisir ce traitement brut et à vif des titres qui fait une de ses forces. Les titres de l’album reflètent sa propre errance et son chant légèrement traînant ne fait que renforcer l’effet comme sur le titre « Drunk Drivers/Killer Whales ».

You share the same fate as the people you hate,
You build yourself up against others feelings,
And it left you feeling empty as a car coasting downhill

Ce sentiment se retrouve plus encore dans le titre « The Ballad of the Costa Concordia » qui fait un parallèle avec le paquebot qui sombra en 2012 et la confession de Will Toledo. C’est une belle aventure qui commence pour Car Seat Headrest à suivre sur les prochains albums et en performance live.
Pas besoin d’attendre car Car Seat Headrest sera justement en concert à l’Espace B le 30 mai !

« Amen & Goodbye » Yeasayer

"Amen & Goodbye" Yeasayer 2016

Ce mois-ci j’opte pour le groupe Yeasayer originaire de Brooklyn et formé en 2006 et je dois avouer que je n’en avais pas beaucoup entendu parlé jusqu’à leur album paru ce 1er avril « Amen & Goodbye ».
Mais il n’est jamais trop tard pour s’intéresser à un groupe et j’ai été agréablement surprise par leurs mélodies accrocheuses habillées de pop synthétique. Leur univers oscille entre psychédélique et l’étrange et offre un vrai voyage sonore où il faut se laisser aller pour apprécier la richesse des arrangements.

Le titre et la vidéo de « I am chemistry » est une belle fenêtre sur leur univers expérimental et déroutant dans le bon sens du terme. « Silly me » est quant à lui assez irrésistible et plus facile d’approche, idéal comme titre de l’été sur lequel danser. « Divine Simulacrum » se démarque par son intro solennelle et sa rythmique et donne une teinte plus théâtrale à l’album « Amen & Goodbye ».
Et si les sons synthétiques prédominent et l’attention portée aux détails parfois anecdotique, l’album reste chaleureux et étonnant. Ne connaissant que très peu le groupe il est vrai que ce 4ème album paraît nouveau à mes oreilles, reste à voir si ils ont su se réinventer au cours de leur carrière. N’hésitez pas à partager votre avis dans les commentaires de l’article !
Je m’en vais de ce pas découvrir le reste de la discographie de Yeasayer, et guetter un éventuel passage dans la capitale !

« Weezer (White Album) » Weezer

The White Album Weezer 2016

Et voici enfin l’album du mois qui s’est fait pas mal attendre pour cause de manque de coup de coeur durant le mois de Mars. On pourrait blâmer The Last Shadow Puppets avec leur omniprésence dans mes oreilles, mais je n’irais point jusque là !
Je remercie donc Weezer qui pour ce 1er avril est loin de nous faire une blague avec un retour au sources bienvenu pour ce 10ème album rien que ça.
Et pourtant il était attendu, les fans aiguisaient déjà leurs arguments quand « ô surprise », nous avons là une collection tout pile de 10 titres rafraîchissants. Et dans ce sens la pochette de l’album donne bien le ton général avec les 4 lads sur une plage pour faire écho à l’intro de « California Kids » avec ses sons de vagues et de mouettes…
Rivers Cuomo paraît-il a utilisé l’application de dating Tinder afin de rencontrer des personnes à Los Angeles et trouver des idées d’écriture. Ce qui rend l’album assez intéressant dans sa démarche même si ce n’est pas forcément le plus personnel. On retrouve à côté des titres efficaces comme Weezer sait les faire comme avec « King of the world » ou un « Wind in our sails » qui vaut le détour.

Sans être étonnant ou l’album de l’année, j’ai pris plaisir à l’écouter.
Un album idéal pour entamer le printemps avec énergie et bonne humeur !

« Life of Pause » Wild Nothing

Wild Nothing "Life of Pause" 2016 Captured Tracks

Ça fait un petit moment que je cherchais une excuse pour vous parler de Wild Nothing et la sortie de leur nouvel album « Life of Pause » est un merveilleux prétexte de parler de Jack Tatum qui se cache derrière.

Cela fait 4 ans que l’on attendait son retour et il revient avec un 3ème album empreint de nostalgie. Et même si il revendique d’avoir créer un nouvel univers et non un nouveau disque, on est loin d’être perturbé ou dérangé dans notre confort, avec cette pop efficace mais riche qui nécessitera plusieurs écoutes pour en apprécier toute la profondeur. De plus on peut remarquer que les différents titres s’écoutent dans un parfait enchaînement qui donne corps à une oeuvre mélodique globale comme avec « Japanese Alice » et le titre éponyme « Life of Pause ».
Les synthés y ont la part belle et appuient les titres complexes dans le bon sens du terme, mais on tombe malheureusement dans un surplus sucré sur « Whenever I » qui ose le saxophone. Si j’apprécie la voix de Jack Tatum, elle ne se fait pas trop remarquée et le mixage donne des effets particulièrement intéressants avec une impression de flottement et de rêverie qui se prête bien à son style notamment sur « Alien ».
Reste à voir ce que donne le groupe en live !
Si « Life of Pause » n’est pas un album inoubliable, il vaut certainement le détour et plus encore garder une oreille attentive à Wild Nothing !

« Monument Valley » Stafford Bawler, Obfusc, et Grigori

Monument Valley ustwo vinyl

Le jeu de rélfexion mobile du studio ustwo, désormais immanquable, Monument Valley sort sa bande originale et une édition limitée en vinyle. En tant que fan inconditionnelle du jeu, c’est un devoir et un grand plaisir de vous reparler pour une énième fois de l’univers Monument Valley.

Pour ce qui ne connaisse pas, il s’agit d’un jeu disponible sur les plateformes mobiles iOS et Android pour smartphones et tablettes. Vous êtes plongé dans l’univers de la princesse Ida, que vous allez aider à sortir de ces labyrinthes tous droits sortis du milieu des rêves et inspirés par les architectures impossible de M. C. Escher. L’univers graphique est riche et subtile et l’expérience unique.

Mais assez parlé de jeu, et la musique dans tout ça ? Ce qui fait une des grandes forces de Monument Valley c’est cet univers pensé dans sa globalité, cohérent où chaque détail a son importance. La musique et les sons de manière plus générale participent activement à l’immersion dans cette aventure de souterrains oubliés. Et quoi de plus normal que de s’inspirer des compositions ambient de Brian Eno ? Si vous êtes amateur du jeu vous redécouvrirez certains morceaux, tandis que d’autres vous feront inévitablement replonger dans l’univers de la princesse. Pour ceux qui ne sont pas familiés, la BO à elle seule vous fera voyager et vous donnera sûrement envie d’aller résoudre les énigmes !

Pour ceux qui n’attendent pas l’édition vinyle, l’album est déjà en écoute sur Spotify, alors courez-y !

« Tell me I’m pretty » Cage the elephant

Cage the elephant "Tell me I'm pretty" 2015

On termine l’année avec Cage the elephant qui reviennent avec un 4ème album produit par non moins que Dan Auerbach de The Black Keys !
En ce qui me concerne, je les ai découverts à Rock en Seine et j’avais été happée par leur énergie et leur irrévérence rafraîchissantes ! C’est avec surprise que le groupe connu pour son extravagance et ses débordements d’énergie, nous propose en cette fin d’année un album avec une bonne dose de pop. Je n’avais pas trop tendu l’oreille sur le précédent opus « Melophobia », c’est pourquoi cet album marque pour moi un nouveau tournant pour le groupe. Si il ajoute de la maturité et de la modernité tombe aussi dans la tendance actuelle.
Ainsi leur son est moins identifiable et plus passe partout. Cela, nous le devons notamment à la production lisse de Dan Auerbach qui a tendance à écraser la patte de Cage the elephant sur « Tell me I’m pretty ».

Cependant les titres fonctionnent et l’album est très cohérent en lui même et s’écoute avec plaisir. Si certains titres s’enchaînent sans se faire remarquer comme « Mess Around », la tentative pop 60’s de « Cold Cold Cold » est vraiment réussie ainsi que la suivante « Trouble » plus lancinante.
Si « Tell me I’m pretty » n’est pas l’album inoubliable de l’année, cela reste néanmoins un essai sympathique de la part des rockeurs américains.
Très bonnes fêtes de fin d’année et je vous souhaite une année 2016 pleine de musique !

« West Kirby County Primary » Bill Ryder-Jones

« West Kirby County Primary » Bill Ryder-Jones 2015

L’hiver est là, avec son froid mordant nos visages rougis et emmitouflés dans les casques et écouteurs. On a donc naturellement envie d’un album intimiste où l’on nous murmure à l’oreille et Bill Ryder-Jones l’a bien compris avec son troisième opus solo « West Kirby Country Primary ».

Bill Ryder-Jones, vous le connaissez peut-être de part son groupe The Coral originaire de Liverpool, dont il était le guitariste jusqu’à son départ en 2008 pris au piège de ses crises d’anxiété.
Il a à peine 30 ans et trimballe ses angoisses et ses démons dans son dos, comme si la maturité lui avait tendu un piège. Mais malgré son parcours, Bill Ryder-Jones apparaît tout de même plus apaisé et serein. Il y va de collaborations réussies avec Alex Turner au sein de The Last Shadow Puppets jusque sur scène avec les Arctic Monkeys ou encore en rôle de producteur avec les prometteurs Hooton Tennis Club.

Si l’album balance des mélodies épurées rehaussées par un chant écorché, il ne faut pas le confondre avec timidité comme nous le prouve sa guitare électrique qui occupe une grande place dans l’album. La mélancolie imprègne chaque morceau, car c’est dans sa chambre d’enfant chez sa mère que l’écriture et l’enregistrement prirent place au milieu des souvenirs qui teintent chacune de ses respirations.
« West Kirby Country Primary » est un album réussi et introspectif, dans lequel vous plongerez la tête afin de vous laisser submerger par ses 10 pistes.
Sans révolutionner ou sans prétention, Bill Ryder-Jones continue son bout de chemin avec honnêteté, discrétion et émotion.

« Fading Frontier » Deerhunter

Deerhunter "Fading Frontier" 2015

Ce mois-ci je vais vous parler un petit peu de ce groupe de rock expérimental Deerhunter à l’occasion de la sortie de leur nouvel album « Fading Frontier ».
Ce nouvel opus fait table rase du son garage de « Monomania » pour repartir vers une nouvel horizon musical. La voix de Bradford Cox se fait claire et apaisée, et donne un ton plus mûr et introspectif à « Fading Frontier ». Le fait que le leader fut renversé par une voiture et entreprit l’écriture de l’album durant sa convalescence, entre autres, n’est certainement pas étranger à cette teinte particulière qui empreint chaque titre comme ici avec les paroles de « Breaker » :

And when I die
There will be nothing to say
Except I tried
Not to waste another day
Trying to stem the tide

Pour ceux qui essayent de saisir les influences ou même l’esprit de Bradford Cox, une carte interactive est à votre disposition pour explorer les éléments qui hantent la tête du bonhomme. De la céramique japonaise brisée à Elvis Presley, chaque inspiration vous rend plus complice encore avec l’artiste.
L’album a bénéficié de la contribution de Broadcast et Stereolab qui apportent leur savoir-faire en restant fidèles à Deerhunter. Je vous conseille sans hésiter donc le dernier album de Deerhunter « Fading Frontier » porté par la personnalité à fleur de peau de Bradford Cox.