« Clear Shot » TOY

TOY "Clear Shot" 2016

Aujourd’hui je vais vous parler du groupe d’indie rock anglais issu de Brighton et de leur dernier album « Clear Shot » TOY. Il faut mentionner qu’il y a eu pas mal de changements depuis leur dernier opus avec le départ notamment d’Alejandra Diez aux claviers et l’arrivée de Max Oscarnold du groupe The Proper Ornaments. On note donc un changement de style au fil des 10 titres de cet album, qui se fait plus accessible et moins aventurier ou surprenant que « Join the Dots ».

Le groupe se prend au jeu, dramatisant ce qui se dégage de leurs titres et allant flirter furtivement du côté d’Enio Morricone, de mélodies cinématographiques comme l’indique le dernier titre de l’album. De temps en temps on semblerait deviner dans la noirceur de certaines mélodies, l’univers de The Cure. TOY continue de cultiver une atmosphère vaporeuse commune à l’ensemble de l’album même pour les titres qui commencent de manière classique comme sur « Another Dimension » où le refrain rompt le rythme. Il joue le rôle de bulle où le temps ralentis et vous permet de prendre le recul pour replonger la tête la première dans le titre. C’est dans ce type de démonstration que le titre prend tout son sens en parfaite harmonie avec la mélodie.
D’autres titres sont à notés comme la ballade « Clouds That Cover The Sun » et « We will Disperse ». Mais sur d’autres le groupe a tendance vite tomber dans le banal en usant des mélodies dreamy et psyché à ne plus savoir qu’en faire. La voix ne sauve rien car peut ajouter parfois une impression de monotonie.
Si « Clear Shot » n’est certainement pas l’album marquant de l’année, il vaut quand même le coup d’oreille, ne serait-ce que pour sortir des reprises de noël auxquelles on a le droit chaque année ! En tout cas on attend TOY au tournant pour leur prochain album en espérant un peu plus d’audace.

« Dialogues » Motorama

Motorama "Dialogues" 2016

Ce mois-ci je souhaite vous parler du 4ème album studio du groupe originaire de Russie, Motorama et son « Dialogues » publié sur le label bordelais Talitres rejoint en 2012.
Une chose est sûre c’est que le groupe ne chôme pas, le précédent album de Motorama remontant seulement à janvier 2015 ! Les fans seront ravis et moi aussi d’ailleurs. Alternant tournées et enregistrement en studio, le groupe s’est construit une jolie notoriété loin des artifices du marketing utiles à certains.

C’est donc avec plaisir que l’on retrouve aujourd’hui les 5 membres actuels de Motorama à savoir le couple, Vladislav Parshin et Airin Marchenko, Alexander Norets, Oleg Chernov et Maksim Polivanoc. On retrouve de nouveau leur pop mélancolique avec un chant New Orderesque si je puis dire, plongeant dans une cold wave russe.

« Dialogues » se fait plus sobre et sombre que leur précédent opus « Poverty » qui désamorçait la mélancolie ambiante avec des mélodies plus légères. Ici l’album s’écoute comme une oeuvre complète et globale où chaque titre prend son sens dans l’album. Ce qui fera remarquer la faiblesse de certains titres comme « Hard Times » qui a tendance à se perdre dans un son un peu lisse.
Heureusement on se régalera avec le premier single extrait de l’album « Tell Me » et le titre « I See You » entre autres, qui feront oublier très vite la possible monotonie de certains.
Les textes sont épurés et subtils comme sur « Reflection » :

« I saw my face in the morning
Summer twenty thirteen
My reflection in the morning
It was terribly real
Tried to image that maybe someday
We’ll meet again »

Avec Motorama, profitez de vos 30 minutes de pop, en espérant qu’ils poursuivront leur rythme incessant.
Si les russes de Motorama et leur « Dialogues » vous ont convaincu, ne les ratez pas en concert dans la salle intimiste de La Maroquinerie les 9 et 10 novembre prochains !

« I Had a Dream That You Were Mine » Hamilton Leithauser + Rostam

Hamilton Leithauser + Rostam "A 1000 Times" 2016

Ce mois-ci, je me suis intéressée à la collaboration, plutôt inattendue mais résolument indie, d’Hamilton Leithauser (The Walkmen) et de Rostam Batmanglij (Vampire Weekend) qui donne naissance à l’album « I Had a Dream That You Were Mine ».
On retrouve la voix inimitable, écorchée et cathartique du chanteur de The Walkmen, adoucie par l’instrumentalisation légère et classique. Si le chant nous ancre dans le réel, les thématiques abordées, elles, nous emmènent plus loin, comme dans le premier titre de l’album évoquant un rêve obsédant.

« If my eyes were open, I’d be kicking the doors in
But all that I have is this old dream I’ve always had »

Les différents titres vont osciller entre plusieurs influences et l’association des deux personnalités musicales fonctionne à chaque fois. La ballade « In a black out » équilibre parfaitement la voix avec la légèreté du picking à la guitare. On évite ainsi une production lourde qui aurait plombé le tout.

La hype autour de la collaboration Hamilton Leithauser + Rostam est plutôt pas mal, avec un petit coup de pouce d’Apple en prime ! Mais au-delà de l’aspect « ça fait bien d’écouter ça », Hamilton Leithauser + Rostam nous propose une série de compositons humbles pour accompagner en douceur la rentrée.
À la fin de l’album on gardera le souvenir des mélodies douces amères et d’Hamilton Leithauser s’époumonant tout au long de l’album, ce qui pourrait en agacer certains je le reconnais. Mais pour cet album je n’ai pas eu le temps de m’en lasser, ce qui me permets d’apprécier pleinement cette collaboraton qui a su révéler le meilleur de ces deux artistes.
Ce genre d’album ne se prêtera pas à toutes les salles et je serais assez intriguée de les voir se produire dans une salle intimiste du genre La Maroquinerie ou autre. Restez à l’affût des annonces !

 » How to Be a Human Being » Glass Animals

Glass Animals "How to be an human being" 2016

À peine la tournée de leur 1er album acclamé « Zaba » terminée, Glass Animals est de retour avec un 2ème album qui confirme nos espoirs avec un « How to Be a Human Being » aux titres envoûtants. Le quatuor anglais composé de Dave Bayley, Drew MacFarlane, Edmund Irwin-Singer et Joe Seaward nous propose 11 titres cohérents bien que s’éloignant du son de leur album de 2014. Si aux premières écoutes les titres peuvent déconcerter, au fur et à mesure vous découvrirez toutes la richesse de la production et de l’instrumentalisation. J’ai bon espoir que le groupe touche un public plus large, car l’album se dote de quelques titres plus accessibles comme « Youth » ci-dessous.

Fort heureusement on retrouve les bizarreries sonores, explorations musicales qui repoussent encore les limites et qui font le propre de la personnalité du groupe et sa force. Glass Animals nous sert des titres sophistiqués sans être artificiels bien au contraire. L’album vous fera voyager repoussant les frontières de vos réflexions. On oscillera entre sons de la jungle et clins d’oeil aux amateurs de jeux vidéo comme avec « Season 2 Episode 3 » à voir ci-dessous.

La performance vocale de Dave Bayley arrive à un autre niveau avec ce second album et porte chaque titre de l’album. Certains vont même flirter avec les rythmes hip hop tout en gardant leurs racines pop. Il est clair que le groupe confirme que « Zaba » n’était pas un coup d’essai et avec « How to Be a Human Being », compte bien rester dans nos oreilles pour longtemps.
Je les ai vu il y a à peine un an à Rock en Seine et je n’attends qu’une seule chose, voir ce nouvel et flamboyant album en live ! Pour ceux qui comme moi sont conquis, Glass Animals vous donne rendez-vous le 2 novembre prochain à l’Elysée Montmartre et ça sera l’occasion de célébrer la réouverture de cette salle parisienne mythique.

« À la folie » Naive New Beaters

Naive New Beaters "À la folie" 2016

« À la folie », 3ème album du groupe français Naive New Beaters, est l’album du bouleversement pour les 3 trublions. Entre rupture amoureuse pour chacun des membres et un changement de label, Martin Luther B.B. King, Eurobelix et David Boring se sont épanchés en musique pour nous servir 11 titres cathartiques qui enflammeront vos soirées d’été.

Si leurs pseudonymes sont plus loufoques les uns que les autres c’est également leur force avec un décalage touchant, une bande de potes soudés qui se connaissent depuis le lycée et qui ont appris la musique ensemble avant tout sans jamais se prendre au sérieux et ça fait du bien. Leurs clips sont réussis et leur communication maline sans en faire trop. Sous leurs airs faussement innocents et leur humour pince-sans-rire, l’album va dépeindre tous les étapes d’une relation amoureuse puisant directement son inspiration dans leurs histoires personnelles.

Words hurt but feeling right,
Word hurt but simply change nothing

Aujourd’hui c’est dans les bras du label Capitol qu’ils ont atterris et sont également plutôt bien accompagnés en live par une batteuse et une bassiste. Ils sont également en bonne compagnie pour leur titre « Heal Tomorrow » avec la chanteuse Izia qui joue le jeu dans un clip en 360° mettant en valeur la collaboration et à ne surtout pas rater ci-dessus. Entre sons electro, pop, disco et hip hop, on voyage loin avec ces 3 lurons, et c’est tout ce qu’on demande en été pour danser les bras levés ! Les mélodies sont entêtantes avec des refrains percutants qui vous pousseront à titiller le dancefloor. C’est certainement un des groupes français à ne pas rater sur scène et à suivre dans les années à venir.
Pour découvrir la folie des 3 garçons de Naive New Beaters, rendez-vous à la rentrée pour leur tournée française et notamment le 20 octobre pour leur concert à la Cigale.

« Why are you OK? » Band of Horses

Band of Horses "Why are you OK?" 2016

Pour ce mois de Juin inaugurant timidement l’été, on retrouve avec plaisir la voix et l’écriture de Ben Bridwell pour le 5ème opus de Band of Horses « Why are you OK? ». Je ne m’étais jamais vraiment intéressée à ce groupe de rock indépendant originaire de Seattle. Et récemment par vraiment convaincue par un « Mirage Rock » assez inconséquent. Avec ce nouvel album, Band of Horses se fait humble et plus épanoui dès le titre d’ouverture qui donne le ton « Dull Times/The Moon » :

The home is where the heart is
How long we’ve apart, it’s been hard
Or home is where you are

L’inspiration de « Why are you OK? » se trouve dans le quotidien de Bridwell, père de 4 enfants le jour et lead singer et compositeur de Band of Horses la nuit. Il y dévoile ses pensées entre les lignes rendant les titres assez intimes.
De « Throw my mess » avec ses airs de folk américaine, à la ballade épurée « Barrel House », le groupe livre de vrais témoignages, petites pépites d’émotions. J’ai un coup de coeur tout particulier pour la collaboration avec J.Mascis sur « In a Drawer » portant une mélodie entêtante et subtile. Pour vous rafraîchir la mémoire, J.Mascis est le leader de Dinosaur Jr., autre groupe de rock indépendant américain. On imagine un peu la scène de l’enregistrement qui ressemble à une visite de voisin sympa. Le titre « Whatever, Wherever » quant à lui, aurait pu se poser en point final d’un bel album de Band of Horses.
Le groupe nous propose donc un bon album d’indie rock à écouter sous le porche lors d’un soir d’été. Band of Horses sera de passage au Main Square Festival à Arras ce dimanche, alors allez tendre une oreille ou même deux si vous passez par là.

« Teens of Denial » Car Seat Headrest

"Teens of Denial" Car Seat Headrest 2016

Ce mois-ci je vais vous parler enfin de l’album tout juste sorti « Teens of Denial » de Car Seat Headrest qui désigne tout simplement Will Toledo.
À tout juste 23 ans ce compositeur compulsif en est à une dizaine d’albums lâchés sur sa page bandcamp en 5 ans, oui oui. Il a réussi a se construire une vraie fanbase sur le site en publiant frénétiquement de nouveaux titres qui lui ont valu de se faire remarquer par le label Matador.

Son premier album chez Matador, « Teens of Style » était une compilation de titres choisis parmi sa collection et réenregistrés pour l’occasion. « Teens of Denial » se démarque en sortant de sa chambre « d’ado » ou de l’arrière de sa voiture (origine du nom Car Seat Headrest) pour lui mettre à disposition un studio et un groupe. Mais Will Toledo ne perd rien en sincérité et on retrouve avec plaisir ce traitement brut et à vif des titres qui fait une de ses forces. Les titres de l’album reflètent sa propre errance et son chant légèrement traînant ne fait que renforcer l’effet comme sur le titre « Drunk Drivers/Killer Whales ».

You share the same fate as the people you hate,
You build yourself up against others feelings,
And it left you feeling empty as a car coasting downhill

Ce sentiment se retrouve plus encore dans le titre « The Ballad of the Costa Concordia » qui fait un parallèle avec le paquebot qui sombra en 2012 et la confession de Will Toledo. C’est une belle aventure qui commence pour Car Seat Headrest à suivre sur les prochains albums et en performance live.
Pas besoin d’attendre car Car Seat Headrest sera justement en concert à l’Espace B le 30 mai !

« Amen & Goodbye » Yeasayer

"Amen & Goodbye" Yeasayer 2016

Ce mois-ci j’opte pour le groupe Yeasayer originaire de Brooklyn et formé en 2006 et je dois avouer que je n’en avais pas beaucoup entendu parlé jusqu’à leur album paru ce 1er avril « Amen & Goodbye ».
Mais il n’est jamais trop tard pour s’intéresser à un groupe et j’ai été agréablement surprise par leurs mélodies accrocheuses habillées de pop synthétique. Leur univers oscille entre psychédélique et l’étrange et offre un vrai voyage sonore où il faut se laisser aller pour apprécier la richesse des arrangements.

Le titre et la vidéo de « I am chemistry » est une belle fenêtre sur leur univers expérimental et déroutant dans le bon sens du terme. « Silly me » est quant à lui assez irrésistible et plus facile d’approche, idéal comme titre de l’été sur lequel danser. « Divine Simulacrum » se démarque par son intro solennelle et sa rythmique et donne une teinte plus théâtrale à l’album « Amen & Goodbye ».
Et si les sons synthétiques prédominent et l’attention portée aux détails parfois anecdotique, l’album reste chaleureux et étonnant. Ne connaissant que très peu le groupe il est vrai que ce 4ème album paraît nouveau à mes oreilles, reste à voir si ils ont su se réinventer au cours de leur carrière. N’hésitez pas à partager votre avis dans les commentaires de l’article !
Je m’en vais de ce pas découvrir le reste de la discographie de Yeasayer, et guetter un éventuel passage dans la capitale !

« Weezer (White Album) » Weezer

The White Album Weezer 2016

Et voici enfin l’album du mois qui s’est fait pas mal attendre pour cause de manque de coup de coeur durant le mois de Mars. On pourrait blâmer The Last Shadow Puppets avec leur omniprésence dans mes oreilles, mais je n’irais point jusque là !
Je remercie donc Weezer qui pour ce 1er avril est loin de nous faire une blague avec un retour au sources bienvenu pour ce 10ème album rien que ça.
Et pourtant il était attendu, les fans aiguisaient déjà leurs arguments quand « ô surprise », nous avons là une collection tout pile de 10 titres rafraîchissants. Et dans ce sens la pochette de l’album donne bien le ton général avec les 4 lads sur une plage pour faire écho à l’intro de « California Kids » avec ses sons de vagues et de mouettes…
Rivers Cuomo paraît-il a utilisé l’application de dating Tinder afin de rencontrer des personnes à Los Angeles et trouver des idées d’écriture. Ce qui rend l’album assez intéressant dans sa démarche même si ce n’est pas forcément le plus personnel. On retrouve à côté des titres efficaces comme Weezer sait les faire comme avec « King of the world » ou un « Wind in our sails » qui vaut le détour.

Sans être étonnant ou l’album de l’année, j’ai pris plaisir à l’écouter.
Un album idéal pour entamer le printemps avec énergie et bonne humeur !

« Life of Pause » Wild Nothing

Wild Nothing "Life of Pause" 2016 Captured Tracks

Ça fait un petit moment que je cherchais une excuse pour vous parler de Wild Nothing et la sortie de leur nouvel album « Life of Pause » est un merveilleux prétexte de parler de Jack Tatum qui se cache derrière.

Cela fait 4 ans que l’on attendait son retour et il revient avec un 3ème album empreint de nostalgie. Et même si il revendique d’avoir créer un nouvel univers et non un nouveau disque, on est loin d’être perturbé ou dérangé dans notre confort, avec cette pop efficace mais riche qui nécessitera plusieurs écoutes pour en apprécier toute la profondeur. De plus on peut remarquer que les différents titres s’écoutent dans un parfait enchaînement qui donne corps à une oeuvre mélodique globale comme avec « Japanese Alice » et le titre éponyme « Life of Pause ».
Les synthés y ont la part belle et appuient les titres complexes dans le bon sens du terme, mais on tombe malheureusement dans un surplus sucré sur « Whenever I » qui ose le saxophone. Si j’apprécie la voix de Jack Tatum, elle ne se fait pas trop remarquée et le mixage donne des effets particulièrement intéressants avec une impression de flottement et de rêverie qui se prête bien à son style notamment sur « Alien ».
Reste à voir ce que donne le groupe en live !
Si « Life of Pause » n’est pas un album inoubliable, il vaut certainement le détour et plus encore garder une oreille attentive à Wild Nothing !