« I Don’t Run » Hinds

Hinds "I don't run" 2018

Ce mois-ci on revient sur la sortie du second album du quatuor féminin Hinds, intitulé « I don’t run ». Originaire de Madrid, les jeunes femmes nous proposent un rock lo-fi rafraîchissant composé de guitares virevoltantes et de chants irrévérencieux. Bref Hinds propose une belle oeuvre pour fêter l’arrivée des beaux jours et servir de bande-son à vos apéros en extérieur. Ceux qui suivent le blog ne seront pas étonnés du choix de ce mois-ci connaissant mon penchant pour le style garage, pas léché et insolant, on retrouve ce cocktail magique ici.

« The Club » est le titre d’ouverture de l’album et vous plonge tranquillement dans l’univers musical de Hinds avec un rythme accrocheur et une tonalité douce amère entêtante avec le riff de guitare et leur chant. En ce qui concerne « Soberland » l’introduction de la chanson est délicieuse avec ses quelques notes de guitare et cette voix à demi étouffée, la phrase mélodique reviendra pour désamorcer le chant et garder cette légèreté.
« Echoing My Name » est également assez forte avec un refrain qui change de rythme pour appuyer les paroles et la dualité du titre :

« You say what you want, I keep trying
To find you uptown
Even if love did crush us down
Sometimes I miss having you around »

Enfin « Linda » vous brisera le coeur mais permet une pause bienvenue dans l’opus pour redémarrer de plus belle sur la suite des titres.
Si j’aime particulièrement les mélodies parsemant l’album c’est parce qu’elles donnent une saveur particulière à chaque titre tout en formant un tout cohérent des fois peut-être un poil trop similaire. On pourra leur reprocher le chant parfois poussé à l’insupportable (exprès ?), qui leur donne un air de gang de vilaines filles (l’équivalent de l’air mauvais garçon quoi). En effet l’air désinvolte et brouillon permet de garder une vraie énergie et fraîcheur, cependant certains titres glissent vers l’irritant spécifiquement sur le chant.
Si vous souhaitez avoir une meilleure compréhension titre par titre de l’album par le groupe lui-même, n’hésitez pas à aller jeter un oeil sur l’article de Consequence of Sound.
Je vous retrouve dans 2 semaines pour le retour des wildweek après un petit break ;), en attendant je vous souhaite un excellent début de moi de Mai !

« Francis Trouble » Albert Hammond Jr.

"Francis Trouble" Albert Hammond Jr.

Si les Strokes ne sont plus, on a le plaisir de retrouver les membres poursuivre leur carrière autrement. Et ce mois-ci on va s’intéresser à l’un d’eux, Albert Hammond Jr et son très personnel 4ème album « Francis Trouble ».
Profondément personnel c’est le mot, « Francis Trouble » est un hommage au frère jumeau de l’artiste qui ne vit jamais la lumière du jour suite à une fausse couche et dont une partie de cet alter ego, un ongle, est restée avec Albert jusqu’à la naissance. Si l’artiste était au courant de se frère manqué, ce n’est que récemment qu’il a appris pour cette « partie » de frère. Et c’est suite à cette information qu’il a pu se retrouver lui-même ou sa « personnalité perdue » comme il le dit et avancer avec ce nouvel opus comme en témoigne la cover.

There is an emptiness that I cannot describe
What was another take, I took in double-time
I lack perfection, nothing can be made
What must be broken now is left to rearrange

Paroles extraites du titre « Rocky’s Late Night » de l’album « Francis Trouble » de Albert Hammond Jr.
Durant ces petites 35 minutes, on est définitivement en terrain connu avec ce 4ème opus solo, le fantôme des Strokes n’est vraiment pas loin. Cette impression est telle que certains titres pourraient être tous droits sortis de la carrière mythique du groupe. Cela donne un sentiment parfois de déjà vu ou de manque d’originalité et c’est peut-être un peu dommage pour une maturité comme celle d’Albert Hammond Jr mais l’ensemble est tellement cohérent et maîtrisé qu’on aura du mal à lui en vouloir. Vous retrouvez donc cette guitare si typique et qui a fait le succès du groupe, cette urgence dans le rythme et ces mélodies diablement efficaces. Les titres sont très loin d’une thématique sombre qui a été pourtant le déclencheur créatif. Au contraire il y a une certaine lumière et énergie qui se dégage de l’écoute et qui vous donnera envie de fredonner et de réécouter l’album une nouvelle fois. Un des titres qui reste particulièrement présent en tête en ce qui me concerne est « Stop and Go » avec cette phrase de guitare dans les aigus.
Si vous souhaitez encore plus de Strokes revival, il y a également Julian Casablancas avec son groupe The Voidz qui vient de sortir leur second album ce vendredi !

« Transangelic Exodus » Ezra Furman

"Transangelic Exodus" Ezra Furman 2018

Premier album de l’année proposé par un compositeur et musicien américain trop longtemps négligé de ma part, Ezra Furman qui revient avec « Transangelic Exodus ».
Tombée par hasard sur l’annonce du nouvel album c’est avec une complète innocence que j’ai découvert ce dernier opus, deuxième album dans la carrière solo d’Ezra Furman. « Transangelic Exodus » est une vraie bouffée d’énergie, une urgence, une révolte contre l’ordre établi qui vous sortira de la torpeur hivernale.

« Don’t tell my mom, don’t tell my brother
I’ve been driving down the freeway with my master
There’s one law and I’ve known no other
It’s the law of love I’m bound to, drive me faster »

Ces paroles extraites du titres ci-dessus « Driving Down to L.A. » et sa vidéo vous projettent directement dans le ton de l’album. Un artiste toujours sur le fil du rasoir, écorché vif exposant ses blessures à l’oreille des auditeurs du monde entier dans une sincérité bouleversante. Ici l’album vous raconte une histoire, celles d’anges et d’un gouvernement autoritaire à leur poursuite, les anges étant illégaux… Puisant son inspiration dans ses expériences personnelles et le contexte politique actuel, Ezra Furman touche juste et sans fausse note.
J’ai tout de suite accroché, dès le premier titre « Suck the Blood from My Wound », ce rock nerveux et audacieux vous emportera dans 42 minutes de tourbillon émotionnel. Ezra Furman n’a pas peur de ralentir le rythme et de laisser la part belle aux cordes classiques, notamment sur « God Lifts Up the Lowly ».
Ici l’indie prend ses aises, des percussions de « The Great Unknown » aux cordes, ou la modification de la voix sur « No place », on explore. Car si l’artiste compose et joue, il est également accompagné d’un groupe, The Boy-Friends, rebaptisé lors de cet album The Visions.
Bref vous l’aurez compris, Ezra Furman et son « Transangelic Exodus » explorant les thématiques d’amour, de genre et de religion entre autres, ne vous laissera pas indifférent. Maintenant je vais garder un oeil pour saisir ma chance de le voir en live…

« Singin’in the rain » sous la nef du Grand Palais

"Singin'in the Rain" au Grand Palais par le Théâtre du Châtelet 2017

La semaine dernière j’ai fais l’expérience du soirée magique sous la nef du Grand Palais pour découvrir le spectacle de « Singin’in the Rain » par le Théâtre du Châtelet.
Si je suis une grande amatrice de comédies musicales classiques (« An Americain in Paris », « Mary Poppins », « The Rocky Horror Picture Show »…) et notamment de Gene Kelly, il n’en était pas de même pour la personne qui m’accompagnait… Cependant je ne pouvais pas rater le spectacle monté en 2015 et qui revient en 2017/2018 dans l’enceinte majestueuse du Grand Palais.

L’histoire de Singin’in the Rain

Pour ceux qui ne sont pas familiers avec l’intrigue, celle-ci se situe à l’émergence du cinéma parlant où deux époques se percutent par une avancée technologique qui ouvre de nouvelles possibilités créatrices et artistiques. On y suit une star du cinéma muet formant un duo à l’écran avec sa co-star pour laquelle le passage au parlant ne se passera pas en douceur, du à une voix particulière… Forcés de transformer leur prochaine production en film parlant, ils se heurteront aux nouveaux challenges techniques et créatifs. Ici difficile de reprendre son souffle tant l’histoire défile à toute allure. La performance des acteurs est impressionnante et la magie opère car elle a l’apparence du naturel et de la simplicité…

La mise en scène

"Singin In the Rain" au Grand Palais, cours de claquettesVéritable défi technique, l’occupation du Grand Palais pour ces 45 représentations a du être optimisée pour de nombreux aspects. Acoustique, installation de la scène et de ses 2500 places assises, occupation de l’espace avec diverses activités proposées : cours de claquettes, photo dans les décors, maquillage, karaoké et j’en passe. Autant vous dire que pour profiter pleinement de l’expérience, je ne saurais trop vous recommander d’arriver sur place bien avant l’heure du spectacle.
En ce qui concerne le décor du spectacle, le contexte des studios de cinéma ou de la salle de cinéma permettent une mise en abîme remarquable et parfaitement exploitée pour transporter le spectateur. Les changements de décor font partie de l’histoire et appuient le propos et l’exercice artistique afin d’établir une vraie complicité avec le public, c’est un des points forts du spectacle. Pour pousser l’exercice plus loin, l’attention et le jeu porté sur le son est remarquable ainsi que l’éclairage qui est d’un respect incontestable pour l’oeuvre originale, les fans apprécieront.

En bref

Je n’en suis pas à mon premier essai pour des grands classiques du genre mis en scène par le Théâtre du Châtelet, car j’avais eu la chance de voir « West Side Story » dans les murs du théâtre actuellement en rénovation. Cependant l’histoire de « Singin’in the Rain » en elle-même se prête parfaitement à une mise en scène théâtrale qui permet d’élever encore l’oeuvre. Si vous devez commencer par une comédie musicale, je dirais que « Singin’in the Rain » est la mieux placée pour cela, avec un spectacle parfaitement orchestré et très accessible. Vous savez ce qui vous reste à faire !

« Masseduction » St. Vincent

St. Vincent "Masseduction" 2017

Sans surprise, ce mois-ci je vais vous parler d’un des albums que j’attendais le plus cette année, « Masseduction » de St. Vincent. Pour ceux pas familiers avec l’artiste, elle est donc une auteure, compositrice, interprète et guitariste américaine. Elle a officié au sein du groupe pop rock psychédélique Polyphonic Spree, puis dans l’univers de Sufjan Stevens. « Masseduction » est son 6ème album, pour ma part je l’ai découverte avec son album en collaboration avec David Byrne en 2012 « Love this giant » avant de littéralement craquer pour sa musique avec « St. Vincent » en 2014.

Découvrez ci-dessus 2 titres phares du nouvel album, avec « New York » et « Los Ageless » en acoustique et en prime une reprise de The Clash « London Calling ».
Avec le nouvel album, comme pour le précédent, l’artwork donne déjà le ton. À la différence qu’en 2017, St. Vincent ou Annie Clark de son vrai nom, n’a plus besoin de se montrer. Sa personnalité et sa patte artistique transparaissent dans son oeuvre en intégralité et c’est un sacré tour de force. On retrouve évidemment cette voix complètement maîtrisée qui va jusqu’à explorer de nouveaux horizons notamment sur le titre de clôture « Smoking Section ». Et j’admire tout autant sa performance à la guitare et il faut bien avouer que c’est assez classe d’avoir sa propre guitare la « Music Man St Vincent Signature » mise à jour avec les couleurs du dernier album.
Vous l’aurez compris l’univers de St. Vincent est riche et haut en couleur. Elle assure tout de même un parfait équilibre avec quelques morceaux plus doux comme le sublime « New York » ou encore le titre « Happy Birthday, Johnny » avec un extrait ci-dessous.

Only you know the secrets, the swamp, and the fear
What happened to blood, our family?
Annie, how could you do this to me?
Of course, I blame me
When you get free, Johnny
I hope you find peace

Impossible de rester insensible à ces paroles…
Pour revenir sur « New York » sans m’étendre sur la qualité de la chanson en elle-même qui a rejoint mon top de chansons préférées, le parti pris artistique est époustouflant, étonnant et dérangeant parfois. La recherche sur les couleurs, les tableaux qui se succèdent sont fascinants.

Mais la prouesse ne s’arrête pas là. Car « Los Ageless » par un jeu de mots malin propose une belle critique de son univers, en allant même plus loin dans l’aspect dérangeant ce qui est cohérent avec ce titre plus caustique. Tout l’album d’ailleurs est une critique envers l’univers du spectacle, de la représentation, de la presse bref de l’image qu’un artiste donne. C’est pourquoi St. Vincent dans sa communication ou dans sa performance scénique se transforme en control freak pour appuyez son propos. Et comme je le partage dans l’article sur le concert donné mi-novembre, à trop vouloir contrôlé/critiqué on en perd la spontanéité. Et c’est ce qui arrive parfois sur cet album avec quelques petits égarements comme le très fade « Pills ».
Mais encore une fois, c’est une phase qui est une vraie démonstration de force et qui prouve que St. Vincent a encore beaucoup à offrir à son public.
Au final cet album est parfaitement abouti dans son concept et promène l’auditeur dans l’univers que nous impose l’artiste St. Vincent.

« V » The Horrors

The Horrors "V" 2017

Ok c’est la rentrée et ça se ressent particulièrement avec les sorties d’album. Si de grands noms incontournables ont sorti des albums tout autant incontournables, ici je pense à LCD SoundSystem et son « American Dream » particulièrement réussi, ça me semblait un peut trop évident. C’est pourquoi je vais aborder le retour d’un autre groupe anglais The Horrors avec leur 5ème opus nommé « V ».
Pour être transparente, c’est un groupe que j’avais un peu délaissé ces dernières années entre « Skying » et « Luminous ». Mais 2017 marquera un tournant dans la discographie du groupe. On commence avec un titre d’ouverture, « Hologram », qui fait comme un pont communiquant entre le précédent et le nouvel album avec ces airs de grandeur et son ambition affichée. Mais le son et notamment l’électronique qui va mener l’album du début à la fin, donne une vraie profondeur et noirceur que recherche The Horrors. Rassurez-vous, les guitares restent présentes et auront la part belle sur « Machine » notamment.
En tout cas une chose que vous ne pourrez pas manquer de remarquer, c’est le chant de Faris Badwan, qui dans cet opus, se fait bien plus présent et fort, ce qui est relativement nouveau. On est pas encore dans la prestation parfaite car ce dernier a besoin de gagner en profondeur et prise de risque mais on est loin de l’interprétation parfois plate des précédents albums.

Le titre ci-dessus « Something To Remember Me By » est un des premiers en single et pourtant est peut-être celui qui reflète le moins l’album dans son ensemble bien qu’efficace. Si on ne peut pas dire que « V » de The Horrors contient des hits, les titres et leur mélodies ne vous laisseront pas indifférent avec de jolies subtilités. Pour information on retrouve à la production Paul Epworth, qui a travaillé avec Adèle et Coldplay mais sans oublier Bloc Party ou Babyshambles…
Donc « V » n’est pas un album dansant, ni un album qui vous permettra de vous défouler mais qui cherche plutôt à hypnotiser. C’est ainsi que je l’ai ressenti et la cohérence entre les différents titres vous transporte dans une bulle sonore bien agréable. Si il y a donc de vrais moments en apesanteur comme sur « Ghost », le groupe sait ramener l’auditeur au sol sans jamais le perdre en route.

It’s the right place, wrong time
Through this two-way mirror
No sign of life
The point of no reply

La force de cet album réside dans les ballades telles que « Point of no Reply » ou encore mon coup de coeur avec « Weighed Down » où la voix de Faris Badwan le transforme en crooner de son temps.
Avec « V » The Horrors prennent une nouvelle direction surprenante mais prometteuse et on ne peut qu’attendre ce que le groupe nous réserve pour la suite !

« Painted Ruins » Grizzly Bear

Grizzly Bear "Painted Ruins" 2017

Après 5 ans d’attente, le groupe originaire de Brooklyn, Grizzly Bear, revient avec un nouvel opus intitulé « Painted Ruins ». Alors ce nouvel album sera-t-il à la hauteur ?
Pour ceux qui ne connaisse pas Grizzly Bear, il est nécessaire d’introduire un peu le groupe. Alors oui vous les connaissez et très probablement pour ce titre et son intro « Two weeks » ci-dessous.

On classe généralement le groupe en tant que pop-rock indépendant, expérimental et on ira même des fois à les qualifier de psychédélique. Vous l’aurez compris, lorsque vous embarquez dans l’écoute d’un album de Grizzly Bear, c’est pour un voyage sonore qui ne vous laissera pas indemne.
L’approche de leur musique peu parfois être déconcertante mais il ne faut absolument pas baisser les bras à la première écoute. Ils font partie de ces groupes pour lesquels, la richesse de leur musique se dévoile au fur et à mesure des écoutes comme s’il fallait en quelque sorte l’apprivoiser.
Une des chansons les plus faciles d’accès est le dernier single paru, « Mourning Sound » dont le clip est habité par une poétique Clémence Poésy. Ce titre s’il n’est pas non plus taillé pour les hits de radio vous fera approcher leur musique de manière douce.

Mais l’important c’est de prendre son temps et d’écouter. Si Grizzly Bear ne révolutionne pas son style, on note une légère évolution avec une présence plus forte de synthés. Enveloppant certains titres d’une atmosphère de rêverie impalpable comme sur « Losing All Sense » qui démarre de manière plutôt conventionnelle pour s’évader.
« Aquarian » fait également partie des titres phares de « Painted Ruins » avec un rythme d’intro qui m’a rappelé la violence des vagues.

« Great disaster, shocking sight
Scream and run or test your might
Every moment brings a bitter choice
The knowledge you can’t win with what remains »

Sans essayer de saisir le sens des paroles, j’ai plutôt tendance à me laisser envahir par l’ambiance développée au fil des titres. Et si l’on peut leurs reprocher de ne pas être faciles d’accès, certains titres émergeront tout de même du lot. En tout cas je suis curieuse de voir ce que le groupe donne sur scène, et ils seront dans une des salles les plus prestigieuses de la capitale, l’Olympia le 16 octobre prochain.

« Soft Sounds from Another Planet » Japanese Breakfast

Japanese Breakfast "Soft Sounds from Another Planet" 2017

Deuxième album solo de Michelle Zauner, Japanese Breakfast revient avec « Soft Sounds from Another Planet » composé de 12 titres. Le projet fais la part belle à l’indie pop avec la voix sensible de Michelle Zauner qui habite chacun des titres. L’artiste passe avec légèreté de sons électroniques à de la pop légère ou aux guitares plus nerveuses. Elle ira même à décontenancer l’auditeur dans un même titre, clôturant « Machinist » sur un solo de saxophone qui ne sera pas du meilleur goût et qui ajoute la petite touche de kitsch sur ce titre à tendance électro. Un des titres remarquables est « Road Head » avec son rythme particulier qui porte sans effort la mélodie jusqu’à devenir entêtant et vaporeux aidé par le chant.

Mon titre favori de l’album est le titre éponyme « Soft Sounds from Another Planet » et ça ne tient pas à grand chose car il s’agit du refrain qui agit comme une berceuse triste. Ici un couplet :

Say it to the soft sounds from another planet
Say it to the quiet place to lay this to rest
Striving for goodness while the cruel men win
There’s no part of me left that can feel or hear

« Boyish » quant à lui semble tout droit sorti d’une BO de film indépendant comptant les déboires de jeunes adultes… Bref addictif, touchant ce qui permet à l’auditeur de facilement s’identifier.
Et puis encore un coup de coeur pour la ballade, elle-aussi triste comme son titre l’indique « Till Death », pour la fin de l’album mais malheureusement un peu alourdie par le saxophone pas très subtil. Cependant si les chansons tristes sont personnellement mes préférées de l’album, celui-ci n’est pas totalement noir. Il oscille plutôt entre les humeurs. Malgré les quelques défauts et maladresses cités ci-dessus, certaines chansons vous hanteront après l’écoute. En tout cas Japanese Breakfast et très certainement un projet à suivre !
Si « Soft Sounds from Another Planet » de Japanese Breakfast n’est pas l’album de l’année, il apporte une fraîcheur bienvenue durant l’été.

« Baby Driver », le ballet cinématographique

Baby Driver Edgar Wright 2017

Voici un petit article un petit peu inhabituel car il traite d’un film. Et pas une comédie musicale qui plus est, mais un film de gangsters avec des braquages et des courses poursuites en voiture, « Baby Driver ». Mais je vous rassure, « Baby Driver » est bien plus que ça et son rapport à la musique va très loin, très très loin.

Délibérément je ne mets aucun trailer ou extrait du film dans cet article car certains ne reflètent pas les qualités du film et d’autres en montrent beaucoup trop. Donc je vous invite vraiment à aller vous faire votre propre avis en salle. Il s’agit donc d’un film narrant l’histoire de Baby tombé malgré lui dans les filets d’un gangster qui va l’employer comme chauffeur pour des braquages, jusqu’à ce que la dette soit « payée ».

Ici Edgar Wright nous propose un film se reposant sur une structure musicale, le soundtrack qui va conditionner la durée des scènes, les mouvements des acteurs, l’émotion dégagée, bref l’histoire en elle-même.
Il ne s’agit pas d’un de ces énièmes films qui proposent une bande-son indé et hype comme « Garden State ». Ou encore de ces films surfant sur la nostalgie des années 80 comme « Gardiens de la Galaxie ». Si on peut aimer la bande-son de ces films, la musique dans « Baby Driver » fait partie intégrante de l’histoire et de l’oeuvre cinématographique en créant une chorégraphie du jeu des acteurs.

Petit rappel Edgar Wright n’en est pas à son premier essai en terme de film de genre comme avec « Shaun of the dead », « Hot Fuzz » ou encore « Scott Pilgrim vs the world ». Après le film de zombie, la comédie policière et le jeu vidéo filmé, on passe ici au film de gangster qui détourne et joue avec les codes du genre. Autant vous dire que c’est un vrai régal pour les yeux et les oreilles et le tout avec une histoire originale, vraiment ? Oui originale car c’est Edgar Wright qui a écrit le scénario, après la vraie originalité du film ne repose pas sur l’intrigue. Encore une fois son originalité c’est son rapport à la musique et au son au sens plus général. Cela va de la relation du héros avec un proche malentendant, de l’enfance avec sa mère chanteuse à l’évènement qui laissera une marque psychique et physique sur Baby ou encore sa difficulté à s’exprimer avec ses propres mots. C’est tout un univers propre au personnage de Baby dans lequel le spectateur va être immergé pendant presque 2 heures.

Les titres choisis ne le sont jamais au hasard et certains seront même détournés par certains personnages pour donner un nouveau sens à la scène comme sur le titre de Barry White. Ainsi la profondeur des scènes n’en est que plus riche et vous transporte littéralement comme avec un des titres phares du film « Easy ». Vous l’aurez compris pas de fausse note donc pour « Baby Driver » et cela va même jusqu’au mixage des bruitages du film dans la bande-son. Vous ne saurez plus si un crissement de pneu appartient à la musique ou à la scène, mais Edgar Wright vous dira qu’il appartient aux deux ! Pour ceux qui souhaitent avoir une analyse plus approfondie, je vous invite à lire l’excellent article de Capture Mag, « Mélodie pour un braquage ». Et à ceux qui cherchent des anecdotes de geek, Edgar Wright a eu la réponse :


Après deux visionnages en salle, et de nombreux qualificatifs en tête, je pense que je n’en ai pas fini de revoir le film et d’apprécier la maîtrise du réalisateur et des acteurs. Donc si vous ne l’avez pas encore vu, allez-y tant qu’il est encore en salle, ça vaut vraiment le coup !

« Ti Amo » Phoenix

Phoenix "Ti Amo" 2017

Les versaillais de Phoenix sont de retour pour nous servir un nouvel album « Ti Amo », qui va repousser les limites de la pop et colorer votre été.
Attention je tiens à prévenir, Phoenix faisant partie des groupes dont j’affectionne particulièrement la musique, je ne peux être objective.
Si le groupe se tournait déjà vers les claviers, et avec succès, sur son précédent opus « Bankrupt », avec « Ti Amo » ils poursuivent l’expérience mais avec un envergure plus modeste et intimiste. C’est un album tout en légèreté et ironie qui fait du bien dans ces temps moroses. Les membres sautent le pas pour proposer des titres en anglais, italien et français. Si l’Italie est au coeur de cet album, c’est parce que le pays a des liens étroits avec plusieurs membres du groupe, de Thomas Mars à la famille Coppola aux frères Mazzalai et leur père italien. Mais plus que les histoires personnelles, l’album est une vraie ode à la dolce vita italienne et tous les fantasmes qui l’entourent en allant même lorgner du coté disco pour « J-Boy ».

Phoenix et leur « Ti Amo » nous permettent de renouer avec une certaine insouciance. Les titres s’enchaînent dans leur éblouissante décadence pop et revêtira votre été de ses plus beaux habits entre romance, glamour et glossy.
Cependant il faut bien reconnaître que tout n’est pas rose dans cet album, et certains titres peinent à se faire remarquer, et ont tendance à rester anecdotiques, Phoenix se perdant quelques fois dans les explorations jusqu’aux frontières de la pop. L’exercice de style reste réussi et il sera intéressant de voir comment le groupe inclut ces nouveaux titres dans une prestation live. Enfin si vous deviez faire une sélection des titres à ne pas rater, je vous recommanderais « J-Boy », « Fior di latte » ou la charmante « Lovelife » et « Role Model ».
En ce qui me concerne je vous donne rendez-vous fin septembre pour leur concert à l’AccorHotel Arena pour vous raconter leur prestation !