« V » The Horrors

The Horrors "V" 2017

Ok c’est la rentrée et ça se ressent particulièrement avec les sorties d’album. Si de grands noms incontournables ont sorti des albums tout autant incontournables, ici je pense à LCD SoundSystem et son « American Dream » particulièrement réussi, ça me semblait un peut trop évident. C’est pourquoi je vais aborder le retour d’un autre groupe anglais The Horrors avec leur 5ème opus nommé « V ».
Pour être transparente, c’est un groupe que j’avais un peu délaissé ces dernières années entre « Skying » et « Luminous ». Mais 2017 marquera un tournant dans la discographie du groupe. On commence avec un titre d’ouverture, « Hologram », qui fait comme un pont communiquant entre le précédent et le nouvel album avec ces airs de grandeur et son ambition affichée. Mais le son et notamment l’électronique qui va mener l’album du début à la fin, donne une vraie profondeur et noirceur que recherche The Horrors. Rassurez-vous, les guitares restent présentes et auront la part belle sur « Machine » notamment.
En tout cas une chose que vous ne pourrez pas manquer de remarquer, c’est le chant de Faris Badwan, qui dans cet opus, se fait bien plus présent et fort, ce qui est relativement nouveau. On est pas encore dans la prestation parfaite car ce dernier a besoin de gagner en profondeur et prise de risque mais on est loin de l’interprétation parfois plate des précédents albums.

Le titre ci-dessus « Something To Remember Me By » est un des premiers en single et pourtant est peut-être celui qui reflète le moins l’album dans son ensemble bien qu’efficace. Si on ne peut pas dire que « V » de The Horrors contient des hits, les titres et leur mélodies ne vous laisseront pas indifférent avec de jolies subtilités. Pour information on retrouve à la production Paul Epworth, qui a travaillé avec Adèle et Coldplay mais sans oublier Bloc Party ou Babyshambles…
Donc « V » n’est pas un album dansant, ni un album qui vous permettra de vous défouler mais qui cherche plutôt à hypnotiser. C’est ainsi que je l’ai ressenti et la cohérence entre les différents titres vous transporte dans une bulle sonore bien agréable. Si il y a donc de vrais moments en apesanteur comme sur « Ghost », le groupe sait ramener l’auditeur au sol sans jamais le perdre en route.

It’s the right place, wrong time
Through this two-way mirror
No sign of life
The point of no reply

La force de cet album réside dans les ballades telles que « Point of no Reply » ou encore mon coup de coeur avec « Weighed Down » où la voix de Faris Badwan le transforme en crooner de son temps.
Avec « V » The Horrors prennent une nouvelle direction surprenante mais prometteuse et on ne peut qu’attendre ce que le groupe nous réserve pour la suite !

« Painted Ruins » Grizzly Bear

Grizzly Bear "Painted Ruins" 2017

Après 5 ans d’attente, le groupe originaire de Brooklyn, Grizzly Bear, revient avec un nouvel opus intitulé « Painted Ruins ». Alors ce nouvel album sera-t-il à la hauteur ?
Pour ceux qui ne connaisse pas Grizzly Bear, il est nécessaire d’introduire un peu le groupe. Alors oui vous les connaissez et très probablement pour ce titre et son intro « Two weeks » ci-dessous.

On classe généralement le groupe en tant que pop-rock indépendant, expérimental et on ira même des fois à les qualifier de psychédélique. Vous l’aurez compris, lorsque vous embarquez dans l’écoute d’un album de Grizzly Bear, c’est pour un voyage sonore qui ne vous laissera pas indemne.
L’approche de leur musique peu parfois être déconcertante mais il ne faut absolument pas baisser les bras à la première écoute. Ils font partie de ces groupes pour lesquels, la richesse de leur musique se dévoile au fur et à mesure des écoutes comme s’il fallait en quelque sorte l’apprivoiser.
Une des chansons les plus faciles d’accès est le dernier single paru, « Mourning Sound » dont le clip est habité par une poétique Clémence Poésy. Ce titre s’il n’est pas non plus taillé pour les hits de radio vous fera approcher leur musique de manière douce.

Mais l’important c’est de prendre son temps et d’écouter. Si Grizzly Bear ne révolutionne pas son style, on note une légère évolution avec une présence plus forte de synthés. Enveloppant certains titres d’une atmosphère de rêverie impalpable comme sur « Losing All Sense » qui démarre de manière plutôt conventionnelle pour s’évader.
« Aquarian » fait également partie des titres phares de « Painted Ruins » avec un rythme d’intro qui m’a rappelé la violence des vagues.

« Great disaster, shocking sight
Scream and run or test your might
Every moment brings a bitter choice
The knowledge you can’t win with what remains »

Sans essayer de saisir le sens des paroles, j’ai plutôt tendance à me laisser envahir par l’ambiance développée au fil des titres. Et si l’on peut leurs reprocher de ne pas être faciles d’accès, certains titres émergeront tout de même du lot. En tout cas je suis curieuse de voir ce que le groupe donne sur scène, et ils seront dans une des salles les plus prestigieuses de la capitale, l’Olympia le 16 octobre prochain.

« Soft Sounds from Another Planet » Japanese Breakfast

Japanese Breakfast "Soft Sounds from Another Planet" 2017

Deuxième album solo de Michelle Zauner, Japanese Breakfast revient avec « Soft Sounds from Another Planet » composé de 12 titres. Le projet fais la part belle à l’indie pop avec la voix sensible de Michelle Zauner qui habite chacun des titres. L’artiste passe avec légèreté de sons électroniques à de la pop légère ou aux guitares plus nerveuses. Elle ira même à décontenancer l’auditeur dans un même titre, clôturant « Machinist » sur un solo de saxophone qui ne sera pas du meilleur goût et qui ajoute la petite touche de kitsch sur ce titre à tendance électro. Un des titres remarquables est « Road Head » avec son rythme particulier qui porte sans effort la mélodie jusqu’à devenir entêtant et vaporeux aidé par le chant.

Mon titre favori de l’album est le titre éponyme « Soft Sounds from Another Planet » et ça ne tient pas à grand chose car il s’agit du refrain qui agit comme une berceuse triste. Ici un couplet :

Say it to the soft sounds from another planet
Say it to the quiet place to lay this to rest
Striving for goodness while the cruel men win
There’s no part of me left that can feel or hear

« Boyish » quant à lui semble tout droit sorti d’une BO de film indépendant comptant les déboires de jeunes adultes… Bref addictif, touchant ce qui permet à l’auditeur de facilement s’identifier.
Et puis encore un coup de coeur pour la ballade, elle-aussi triste comme son titre l’indique « Till Death », pour la fin de l’album mais malheureusement un peu alourdie par le saxophone pas très subtil. Cependant si les chansons tristes sont personnellement mes préférées de l’album, celui-ci n’est pas totalement noir. Il oscille plutôt entre les humeurs. Malgré les quelques défauts et maladresses cités ci-dessus, certaines chansons vous hanteront après l’écoute. En tout cas Japanese Breakfast et très certainement un projet à suivre !
Si « Soft Sounds from Another Planet » de Japanese Breakfast n’est pas l’album de l’année, il apporte une fraîcheur bienvenue durant l’été.

« Baby Driver », le ballet cinématographique

Baby Driver Edgar Wright 2017

Voici un petit article un petit peu inhabituel car il traite d’un film. Et pas une comédie musicale qui plus est, mais un film de gangsters avec des braquages et des courses poursuites en voiture, « Baby Driver ». Mais je vous rassure, « Baby Driver » est bien plus que ça et son rapport à la musique va très loin, très très loin.

Délibérément je ne mets aucun trailer ou extrait du film dans cet article car certains ne reflètent pas les qualités du film et d’autres en montrent beaucoup trop. Donc je vous invite vraiment à aller vous faire votre propre avis en salle. Il s’agit donc d’un film narrant l’histoire de Baby tombé malgré lui dans les filets d’un gangster qui va l’employer comme chauffeur pour des braquages, jusqu’à ce que la dette soit « payée ».

Ici Edgar Wright nous propose un film se reposant sur une structure musicale, le soundtrack qui va conditionner la durée des scènes, les mouvements des acteurs, l’émotion dégagée, bref l’histoire en elle-même.
Il ne s’agit pas d’un de ces énièmes films qui proposent une bande-son indé et hype comme « Garden State ». Ou encore de ces films surfant sur la nostalgie des années 80 comme « Gardiens de la Galaxie ». Si on peut aimer la bande-son de ces films, la musique dans « Baby Driver » fait partie intégrante de l’histoire et de l’oeuvre cinématographique en créant une chorégraphie du jeu des acteurs.

Petit rappel Edgar Wright n’en est pas à son premier essai en terme de film de genre comme avec « Shaun of the dead », « Hot Fuzz » ou encore « Scott Pilgrim vs the world ». Après le film de zombie, la comédie policière et le jeu vidéo filmé, on passe ici au film de gangster qui détourne et joue avec les codes du genre. Autant vous dire que c’est un vrai régal pour les yeux et les oreilles et le tout avec une histoire originale, vraiment ? Oui originale car c’est Edgar Wright qui a écrit le scénario, après la vraie originalité du film ne repose pas sur l’intrigue. Encore une fois son originalité c’est son rapport à la musique et au son au sens plus général. Cela va de la relation du héros avec un proche malentendant, de l’enfance avec sa mère chanteuse à l’évènement qui laissera une marque psychique et physique sur Baby ou encore sa difficulté à s’exprimer avec ses propres mots. C’est tout un univers propre au personnage de Baby dans lequel le spectateur va être immergé pendant presque 2 heures.

Les titres choisis ne le sont jamais au hasard et certains seront même détournés par certains personnages pour donner un nouveau sens à la scène comme sur le titre de Barry White. Ainsi la profondeur des scènes n’en est que plus riche et vous transporte littéralement comme avec un des titres phares du film « Easy ». Vous l’aurez compris pas de fausse note donc pour « Baby Driver » et cela va même jusqu’au mixage des bruitages du film dans la bande-son. Vous ne saurez plus si un crissement de pneu appartient à la musique ou à la scène, mais Edgar Wright vous dira qu’il appartient aux deux ! Pour ceux qui souhaitent avoir une analyse plus approfondie, je vous invite à lire l’excellent article de Capture Mag, « Mélodie pour un braquage ». Et à ceux qui cherchent des anecdotes de geek, Edgar Wright a eu la réponse :


Après deux visionnages en salle, et de nombreux qualificatifs en tête, je pense que je n’en ai pas fini de revoir le film et d’apprécier la maîtrise du réalisateur et des acteurs. Donc si vous ne l’avez pas encore vu, allez-y tant qu’il est encore en salle, ça vaut vraiment le coup !

« Ti Amo » Phoenix

Phoenix "Ti Amo" 2017

Les versaillais de Phoenix sont de retour pour nous servir un nouvel album « Ti Amo », qui va repousser les limites de la pop et colorer votre été.
Attention je tiens à prévenir, Phoenix faisant partie des groupes dont j’affectionne particulièrement la musique, je ne peux être objective.
Si le groupe se tournait déjà vers les claviers, et avec succès, sur son précédent opus « Bankrupt », avec « Ti Amo » ils poursuivent l’expérience mais avec un envergure plus modeste et intimiste. C’est un album tout en légèreté et ironie qui fait du bien dans ces temps moroses. Les membres sautent le pas pour proposer des titres en anglais, italien et français. Si l’Italie est au coeur de cet album, c’est parce que le pays a des liens étroits avec plusieurs membres du groupe, de Thomas Mars à la famille Coppola aux frères Mazzalai et leur père italien. Mais plus que les histoires personnelles, l’album est une vraie ode à la dolce vita italienne et tous les fantasmes qui l’entourent en allant même lorgner du coté disco pour « J-Boy ».

Phoenix et leur « Ti Amo » nous permettent de renouer avec une certaine insouciance. Les titres s’enchaînent dans leur éblouissante décadence pop et revêtira votre été de ses plus beaux habits entre romance, glamour et glossy.
Cependant il faut bien reconnaître que tout n’est pas rose dans cet album, et certains titres peinent à se faire remarquer, et ont tendance à rester anecdotiques, Phoenix se perdant quelques fois dans les explorations jusqu’aux frontières de la pop. L’exercice de style reste réussi et il sera intéressant de voir comment le groupe inclut ces nouveaux titres dans une prestation live. Enfin si vous deviez faire une sélection des titres à ne pas rater, je vous recommanderais « J-Boy », « Fior di latte » ou la charmante « Lovelife » et « Role Model ».
En ce qui me concerne je vous donne rendez-vous fin septembre pour leur concert à l’AccorHotel Arena pour vous raconter leur prestation !

« 13 reasons why » votre mixtape par Netflix

13 reasons why soundtrack 2017 netflix

On a beau critiquer Netflix et sa ligne éditoriale, de temps en temps nous avons droit à de vraies petites perles. Celle dont je vais parler dans cet article est non seulement une série forte et touchante, mais elle est importante « 13 reasons why ».
Car wildsession est avant tout un blog de musique, je vais plus m’attarder sur la BO soigneusement sélectionnée pour venir renforcer le message véhiculé par la série. Attention, parce que la BO officielle occulte pas mal de très bons titres, j’ai donc fais une playlist sur Spotify qui recense, je l’espère, tous les titres de la série (voir le lien Écoute tout en haut de l’article). Mais tout d’abord il est nécessaire de vous donner un peu de contexte, voir le trailer ci-dessous.

La série traite donc du thème du suicide chez les adolescents, il faut reconnaître le savoir-faire des créateurs de la série qui ont su aborder le sujet avec un ton adapté et actuel. Mais qu’en est-il de la BO ?
Comme tout série qui traite du désespoir et des affres de l’adolescence, de la solitude et de la douleur, on y trouvera Joy Division et The Cure entre autres. Impossible de se tromper avec ces valeurs sûres et on pourra les apprécier avec les interprètes originaux ou en reprise plus tard. Ces premiers titres sont universels et tout le monde peut s’identifier, effet précisément recherché pour un premier épisode de série comme « 13 reasons why ». Plus tard, Codeine se frottera à « Atmosphere » des premiers cités tandis que Romain Remains fera un joli hommage de « Killing Moon » de Echo and the Bunnymen.

Heureusement « 13 reasons why » ne se contente pas du passé et va nous proposer un concentré de musique indé, tantôt pop, rock ou electro pour le plus grand plaisir de nos oreilles. Certains noms seront très connus comme The Kills, M83, Woodkid, Angel Olsen… d’autres proposeront de jolies découvertes. On appréciera Car Seat Headrest (dont je vous ai déjà parlé sur ce blog et programmé à Rock en Seine cette année), Hamilton Leithauser (plus connu avec son groupe The Walkmen), Cullen Omori (encore une fois plus connu avec le groupe Smith Westerns).
Vous ferez le plein de petits titres pop irrésistibles comme le « Cool Blue » de The Japanese House, le « Mess… » de Vance Joy, « The only boy awake » de Meadows, et un des titres phares de la série pour les plus romantiques avec Lord Huron « The Night We Met ».
Si la série est loin d’être parfaite, elle a le mérite d’aborder un thème difficile et de le faire bien. Dès le premier épisode, on comprend que la musique y jouera un rôle essentiel pour alimenter l’empathie envers les différents protagonistes et servir d’exutoire émotionnel. Le choix des titres à des moments spécifiques révèlent même des indices comme la collaboration de Hamilton Leithauser + Rostam pour « A 1000 Times ».

Mais je ne vous en dirais pas plus pour ne pas gâcher l’expérience de visionnage de « 13 reasons why », qui ne pourra pas vous laisser indifférent. Et si vous n’êtes pas encore convaincu, vous pouvez vous familiariser avec la Bande Originale. De mon côté « 13 reasons why » sera ma mixtape de l’année !

PS : Je n’ai pas mentionné que Selena Gomez est productrice de la série, elle en profite également pour interpréter 2 titres. Mais ne vous arrêtez pas à ça !

 

« Moh Lhean » Why?

"Moh Lhean" WHY? 2017

Ce mois-ci, je souhaite vous parler d’un groupe sur lequel je suis tombée relativement récemment, WHY?, en profitant de la sortie de leur nouvel album « Moh Lhean ».
Le groupe repose fortement sur Jonathan « Yoni » Wolf avec une voix sensible et omniprésente tout au long des titres. Mon coup de coeur pour WHY? est arrivé avec leur titre « Strawberries » datant de 2012, petite pépite pop et entêtante, elle vous plaquera un sourire automatiquement.

Difficile de décrire le style de ce groupe américain mais Wikipédia est venu à mon secours avec une proposition plutôt juste si on veut se faire une idée, le style se définit donc comme alternative hip hop et indie rock.
Pour leur dernier album présenté dans cet article on peut même dire que l’indie se fait de plus en plus présent allant lorgner du côté de Sufjan Stevens en termes d’inspiration.

« With much of the whole intact in this great anarchic expanse
It mostly comes down to a gang of ants
Swarming on the shadow of the stain of a drop of blood
I know I’ve got to submit to whatever it is in control »

Les titres bouillonnent d’expérimentations sonores tout en réussissant à garder une belle harmonie qui fait la force de l’album. L’importance des voix et des percussions sont le fil rouge de la plupart des titres et renforçent l’univers à tendance psychédélique.
« Moh Lhean » fait référence au nom du studio de Jonathan « Yoni » Wolf qui a enregistré ce sixième opus en collaboration avec son frère Josiah Wolf et aux tonalités plus optimistes. Si de prime abord, l’album vous semble un peu cryptique, n’hésitez pas à lui laisser quelques écoutes pour qu’il vous dévoile toute sa richesse. La pop se fait ici lumineuse et dévoile ses multiples facettes, on ne pourra rester insensible.
Ne ratez pas les titres phares de l’album « Moh Lhean » : « This Ole King » « One Mississippi », « The Water ».

« Little Fictions » Elbow

"Little Fictions" Elbow 2017

Ce mois-ci on revient sur un grand groupe, Elbow, qui sort son 7ème album mêlant renouveau et respect de leur fans avec « Little Fictions ».
Figure emblématique de la scène de Grande Bretagne, Elbow revient avec son premier album depuis 2014 et l’attente était forcément au rendez-vous. Autant vous dire que si ils ne bousculent pas leur habitudes, on sent tout de même comme un vent de renouveau dans ces titres, appréciable avec plus de 20 ans de carrière.
Alors qu’on ne fait que comparer leurs albums, à celui de référence « The Seldom Seen Kid », « Little Fictions » prouve qu’ils ont encore de quoi nous éblouir. On retrouve de la grandeur dans « Magnificient » merveilleusement accompagnée d’un orchestre et un Guy Garvey serein et épanoui dans « Gentle Storm » entre autres.

I will fly swift and true straight to you, like an arrow just to be where you lie
Meet my quest, do my shambling best to be near you where you lie
I’ve found peace in your arms

D’ailleurs on notera des percussions étonnamment présentes malgré le départ du batteur historique Richard Jupp. La rupture est clairement consommée avec le rythme dynamique de « Gentle Storm » par exemple ou un « Kindling » qui vous baladera gentiment pour la fermeture.
On retrouve par ci par là des légères tendances électro qui leur vont bien. Et la voix de Guy Garvey est d’une constante beauté, posée, rassurante et toujours parfaitement maîtrisée tout au long de l’album pour aborder des thèmes universels récurrents chez Elbow. Attention cependant les mélodies d’Elbow, pour être pleinement appréciées, nécessitent plusieurs écoutes, de l’attention et de la patience. Mais vous découvrirez à chaque fois des subtilités et en apprécierez d’autant plus la richesse musicale.
Elbow poursuit sa belle carrière en contant le temps qui passe et j’espère que le groupe nous accompagnera longtemps.

« Hang » Foxygen

"Hang" Foxygen 2017

Ce mois de janvier bien froid nous aura apporté des nouvelles pas si joyeuses, commençant cette nouvelle année en demi teinte. C’est pourquoi je me suis tournée vers le groupe américain, les extravagants Foxygen et leur 3ème opus « Hang » sorti le 20 janvier.

Alors que le duo, formé de Jonathan Rado et Sam France, inquiétait ses fans avec des rumeurs de ruptures, il revient sur le devant de la scène avec un orchestre symphonique de 40 musiciens guidés par ni plus ni moins que Matthew E. White. L’album fait les yeux doux aux années 70 et nous surprendra de titre en titre tout en y rendant un joli hommage. Le tout accompagné d’une orchestration ambitieuse et flamboyante et par la contribution du multi-instrumentaliste des Flaming Lips, Steven Drozd.

L’album commence avec une ouverture entraînante « Follow the leader », sans être éblouissant, ce morceau pop invite l’auditeur à se laisser aller. On poursuit l’écoute avec un titre bien plus plaisant « Avalon » qui joue avec les codes, et un clin d’œil assumé au « Waterloo » de ABBA. Le titre pourrait même faire partie d’un spectacle par son aspect grandiloquent. Lors de l’écoute de « Hang » de Foxygen, on peut parfois regretter la demande d’attention constante des titres sophistiqués, c’est alors que le titre « On Lankershim » vient à point nommé avec sa simplicité efficace.

Très vitre on renoue avec la fantaisie du duo Foxygen avec « Upon a hill ».

« I sit upon a hill
And through the windowsill, she slowly sings a song for me
And in her eyes, hands me my disguise
And served upon a plate, my heart will slowly rot and die and just be buried in the streams »

Pour ce dernier album, le Foxygen étale son ambition et on espère vraiment qu’ils resteront pour apporter leur exhubérance et folie, qui fait quelque fois défaut au paysage musical d’aujourd’hui. En tout cas vu la réputation sulfureuse du duo, ça sera un groupe à ne pas manquer sur scène en 2017, et justement, ils seront en concert au Trabendo le 25 février prochain.

Dustin O’Halloran compositeur pour la série « Transparent »

Dustin O'Halloran compose pour la série Transparent

Pour cette nouvelle année, je voulais vous faire partager ma découverte de ces dernières semaines, la série « Transparent » produite par Amazon, ou pour être plus précise sa bande originale et le compositeur du thème de la série Dustin O’Halloran.
« Transparent » de quoi s’agit-il ? C’est donc une série TV qui a démarré en septembre 2014, oui j’ai du retard mais Amazon prime video est arrivé en France ce mois de décembre donc en fait je suis dans les temps « français ». Durant 10 épisodes composant chaque saison, cette comédie dramatique familiale vous fera rencontrer une famille dysfonctionnelle qui tourne autour du personnage du père de famille annonçant qu’il est une femme et donc transgenre.

Sarah: “Are you saying you’re going to start dressing up like a lady all of the time?”
Maura: “No, honey. All my life, my whole life, I’ve been dressing up like a man. This is me.”

À la tête de la série, Jill Soloway qui a déjà officié sur les séries « The United States of Tara » et « Six Feet Under », deux excellentes comédies dramatiques familiales traitant de sujets pas évidents. On retrouve donc une vraie sensibilité et justesse au cours de cette première saison de Transparent (je suis en train de regarder les saison suivantes…) et la série se devait de trouver le ton juste en musique pour dévoiler tout le potentiel émotionnel de la série.

Du côté musique donc, Jill Soloway a fait appel au compositeur américain Dustin O’Halloran que vous connaissez sûrement par le film Marie-Antoinette de Sofia Coppola qui reprend l’Opus 23 notamment.
On retrouve donc au long des épisodes un accompagnement principalement au piano démontrant la fragilité, la vulnérabilité des personnages de la série qui fait écho à la vulnérabilité de la créatrice puisqu’il s’agit d’une série semi-autobiographique.

Pour revenir au thème principal de la série, il fait partie de ces thèmes dont vous ne vous lassez jamais même lorsque vous avez décidé de « binge watcher » (regarder plusieurs épisodes à la suite) la série. C’est un enchaînement de vieux extraits VHS, empreint de nostalgie, comme des souvenirs accolés les uns aux autres, avec un accompagnement au piano d’une simplicité déconcertante qui a fait toute la force de la série. La devise « Less is more » fonctionne à merveille ici et je ne peux que me réjouir que le thème ait remporté un Emmy.
En plus des compositions au piano, vous aurez droit à une sélection de titres variés entre clins d’oeil des années 70-80 aux titres résolument d’aujourd’hui, on y croisera Bob Dylan, Leonard Cohen, The Kills…
Si le pitch de la série ne vous tente pas, en tout cas ne passez pas à côté de Dustin O’Halloran et ses albums disponibles sur Spotify.