« Baby Driver », le ballet cinématographique

Baby Driver Edgar Wright 2017

Voici un petit article un petit peu inhabituel car il traite d’un film. Et pas une comédie musicale qui plus est, mais un film de gangsters avec des braquages et des courses poursuites en voiture, « Baby Driver ». Mais je vous rassure, « Baby Driver » est bien plus que ça et son rapport à la musique va très loin, très très loin.

Délibérément je ne mets aucun trailer ou extrait du film dans cet article car certains ne reflètent pas les qualités du film et d’autres en montrent beaucoup trop. Donc je vous invite vraiment à aller vous faire votre propre avis en salle. Il s’agit donc d’un film narrant l’histoire de Baby tombé malgré lui dans les filets d’un gangster qui va l’employer comme chauffeur pour des braquages, jusqu’à ce que la dette soit « payée ».

Ici Edgar Wright nous propose un film se reposant sur une structure musicale, le soundtrack qui va conditionner la durée des scènes, les mouvements des acteurs, l’émotion dégagée, bref l’histoire en elle-même.
Il ne s’agit pas d’un de ces énièmes films qui proposent une bande-son indé et hype comme « Garden State ». Ou encore de ces films surfant sur la nostalgie des années 80 comme « Gardiens de la Galaxie ». Si on peut aimer la bande-son de ces films, la musique dans « Baby Driver » fait partie intégrante de l’histoire et de l’oeuvre cinématographique en créant une chorégraphie du jeu des acteurs.

Petit rappel Edgar Wright n’en est pas à son premier essai en terme de film de genre comme avec « Shaun of the dead », « Hot Fuzz » ou encore « Scott Pilgrim vs the world ». Après le film de zombie, la comédie policière et le jeu vidéo filmé, on passe ici au film de gangster qui détourne et joue avec les codes du genre. Autant vous dire que c’est un vrai régal pour les yeux et les oreilles et le tout avec une histoire originale, vraiment ? Oui originale car c’est Edgar Wright qui a écrit le scénario, après la vraie originalité du film ne repose pas sur l’intrigue. Encore une fois son originalité c’est son rapport à la musique et au son au sens plus général. Cela va de la relation du héros avec un proche malentendant, de l’enfance avec sa mère chanteuse à l’évènement qui laissera une marque psychique et physique sur Baby ou encore sa difficulté à s’exprimer avec ses propres mots. C’est tout un univers propre au personnage de Baby dans lequel le spectateur va être immergé pendant presque 2 heures.

Les titres choisis ne le sont jamais au hasard et certains seront même détournés par certains personnages pour donner un nouveau sens à la scène comme sur le titre de Barry White. Ainsi la profondeur des scènes n’en est que plus riche et vous transporte littéralement comme avec un des titres phares du film « Easy ». Vous l’aurez compris pas de fausse note donc pour « Baby Driver » et cela va même jusqu’au mixage des bruitages du film dans la bande-son. Vous ne saurez plus si un crissement de pneu appartient à la musique ou à la scène, mais Edgar Wright vous dira qu’il appartient aux deux ! Pour ceux qui souhaitent avoir une analyse plus approfondie, je vous invite à lire l’excellent article de Capture Mag, « Mélodie pour un braquage ». Et à ceux qui cherchent des anecdotes de geek, Edgar Wright a eu la réponse :


Après deux visionnages en salle, et de nombreux qualificatifs en tête, je pense que je n’en ai pas fini de revoir le film et d’apprécier la maîtrise du réalisateur et des acteurs. Donc si vous ne l’avez pas encore vu, allez-y tant qu’il est encore en salle, ça vaut vraiment le coup !